‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 281 sur 343 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

nouveau jusqu'à une égale distance, car la présence d'un cimetière est fort probable en ce cas, bien qu'en trouvant d'abord (lout-à-coup) un mort isolé, on puisse le déplacer avec sa couche.

On appelle un mort « couché comme d'ordinaire », celui dont les pieds sont étendus et les mains repliées sur le corps ; mais si le mort se trouve recroquevillé (les membres déplacés), on suppose qu'un monceau de pierres ou de terre aura surpris l'homme et l'aura tué (la couche de terre sur laquelle repose le mort ne sera pas à déplacer). Mais une Braïtha ne dit-elle pas que si l'on trouve deux morts dont la tête est placée du côté des pieds, on pourra les déplacer avec leur couche? N'est-ce pas à dire que, par un cadavre recroquevillé, on entend celui dont la tête se trouve déplacée près des pieds? Non, dit R. Isaac b. R. Eléazar, dans cet enseignement on parle de deux morts qui, au lieu d'être couchés côte-à-côle, le sont à la façon des poissons rôtis, dont la tête de l'un est à côté de la queue de l'autre, et la queue du second est près de la tête du premier (cela n'empêche pas la régularité de position de chaque mort à part). R. Isaac b. Goufta demanda devant R. Mena : il est dit ailleurs ^ que lorsqu'on enlève un cadavre d'un champ, il suffit d'avoir glané chaque ossement isolé pour que le sol soit désormais pur (sans prendre de la terre), tandis qu'ici il est prescrit d'enlever aussi la couche de terre? R. Mena lui répondit de tenir compte de la fin de cette Mischnâ, disant: si dès le principe ce champ a été destiné à servir de tombe, il faudra aussi enlever la couche déterre sur laquelle le mort a reposé. De quelle étendue sera cette couche de terre? D'une épaisseur de trois doigts dans le sol, jusqu'à la profondeur atteinte par la sérosité du mort 2.

R. Hisda dit : résulte-t-il de l'expression de la Mischna « le Nazir pourra le déplacer )), qu'il est permis de débarrasser le sol d'un mort isolé à enterrer par piété? (N'est-il pas dit au contraire qu'un tel mort acquiert pour tombe la place où il est?) On peut répondre, dit R. Zeira, que notre Mischnâ suppose le cas où un tel mort a été enterré sur le sol sans l'autorisation du propriétaire, ou seulement d'une façon temporaire (de là vient le défaut d'acquisition). Pourquoi, au lieu de cette hypothèse, ne pas admettre qu'il s'agit d'un mort à enterrer par pitié (qu'il est défendu de déplacer)? C'est quo, pense R. Zeira, de tels cas ne sont pas fréquents (il est donc inutile de s'en préoccuper). Il résulte de ce qui vient d'être dit qu'il existe trois sortes de règles pour les tombes ^ : 1° Si un propriétaire trouve à l'improviste une tombe dans son champ (sans l'avoir autorisée), il pourra l'enlever delà; le sol sera pur (n'étant pas reconnu comme champ funéraire), mais il sera défendu d'en tirer profit ; 2° Si le propriétaire sait d'avance quel mort on enterre dans son bien,- il ne devra pas le déplacer; si cependant l'enlèvement a eu lieu, le sol ainsi débarrassé devient pur et il est permis d'en tirer profit; S'' Enfin, un tombeau qui gène le passage public (placé sur la voie publique et rendant impurs les passants)

1. Mischnâ, tr. Oholoth, XVI, 5. 2. V. J., tr. Bava bathra, V, 1 (f. 15»).. 3. Tosseita sur le même traité, ch. 17. V. B., tr. Sf/nhédrin, f. 47.

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devra être enlevé de là, et après cet enlèvement, le sol reste pourtant impur {par crainte qu'il y ait d'autres tombes auprès), et, par suite, il est défendu d'en tirer nulle jouissance. R. Aba b. Cohen a enseigné au village d'Akabis (oii se trouvait une tombe placée sur la voie publique) qu'il est permis de tirer profit de l'emplacement (une fois débarrassé). Est-ce à dire que cet avis de R. Aba est opposé à l'enseignement précédent? Non, ce dernier parle du cas où la tombe existait avant Térection de la ville (laquelle a motivé l'enlèvement de la tonabe préalable, et la place acquise comme telle reste d'une jouissance interdite), tandis que R. Aba parle du cas où la ville existait avant la tombe (cette dernière, placée là indûment, ne rend pas le sol impropre pour toujours).

On a enseigné* : Lorsque des tombes entourent la ville de trois côtés, il faudra enlever deux des côtés qui obstruent (pour cause d'utilité publique). Selon les uns, il faudra débarrasser la voie ; selon d'autres, c'est inutile. R. Hisda explique que le premier avis, qui exige l'enlèvement, parle du cas où la tombe se trouve dans la banlieue de la ville, à un rayon de 70 mètres et une fraction (elle est alors considérée comme sise à l'intérieur), tandis que le second avis, qui dispense d'enlever la tombe, suppose qu'elle est placée à un<; distance supérieure. Ou bien encore, le premier avis suppose la présence des tombes disposées en forme de F, ce qui englobe dos habitations; la seconde opir.ion se réfère à une di.s|)Osilion des lombes en furme de H (de sorte qu'il n'y a pas d'enclos). — Toute tombe pourra èlre enlevée 2, sauf celle des roi > d'Israël ou des pro[)heLes. Mais, ful-il objcclé, r.u coiitraire les tombes ôeà fil.> de David peuvent être enlevées, tandis que celles des fils de la prophélesse- Houlda ^ restèrent inlacles à Jérusalem, sans que jamais personne y touchât? Ceci même prouve, répondit R. Akiba, que sous ces tombes il y avait des cavités, par où l'impureté se frayait une voie pour passer au canal de Kedron. Il a été enseigné ailleurs* : « Si quelqu'un vend un terrain à son prochain pour l'employer à une tombe, ou si quelqu'un accepte d'autrui un terrain dans le même but funéraire, il devra fournir des cavernes, dont l'intérieur ait (1 coudées de long sur 4 de large; la caverne aura donc 2 parois ayant chacune une étendue de 6 coudées, et une paroi de i c. Dans chacune, on fera trois excavations... Il y aura une cour à l'entrée de la caverne d'un espace de (> coudées carrées, tel qu'il le faut pour pouvoir porter la bière du défunt et laisser de la place aux porteurs ». Gomment donc se fait-il que notre Mischnà parle de « fouiller de quatre coudées jusqu'à huit »? Là (au point de vue de la vente), il suffit que la bière puisse y tenir largement (il suffit d'un espace de 4 coudées au carré), tandis qu'ici il s'agit d'un espace supérieur que les porteurs du mort puissent se retourner (on fouillera sur un plus grand espace). Jusqu'à quelle mesure ira-t-on ? Il faut compter la place nécessaire aux por-

1. Tr. Semahot/t, ch. 14. 2. Pour cause d'impureté. Cf. Sifïri, section Sc/iof- .l'uïu W J«8. 3. Voir vérité israciite, 18G2, t. VllI, pp. 407-8. 4. Tr. Baui bathra, VI, 8.

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