‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 324 sur 343 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vous maintenant, demanda David ? Qu'on nous livre 7 hommes de ses fils, et nous les mettrons en croix devant l'Eternel, au coteau de Saûl, l'élu de V Éternel (ib. 6). Quelle jouissance aurez-vous, leur dit David, à ce que ces hommes soient tués? Acceptez plutôt de l'or et de l'argent. Ils répondirent (ib. 4) : Nous n'avons que faire ni de l'or, ni de l'argent de Saûl et de sa maison. Peut-être, se dit le roi, ont-ils honte l'un de l'autre d'accepter ; il prit chacun d'eux isolément, cherchant à l'apaiser à part (ib. 3), et lui dit : Quel plaisir auras-tu à la mort de ces hommes ? Accepte plutôt pour toi de For et de l'argent. Non, répondait chacun, « Nous n'avons que faire ni de l'or ni de l'argent de Saûl et de sa maison » ; or, il est écrit : <.<je n'ai que faire.. » (preuve de l'isolement de chacun). A ce moment David s'écria : L'Eternel a gratifié les Israélites de 3 qualités essentielles ; il les a rendus compatissants, modestes et charitables i. Compatissants, comme il est dit (Deutéron. XIII, il) : Il te fera miséricorde. Modestes, comme il est dit (Exode, XX, 20) : afin que sa crainte soit devant vous ; ces mots sont un indice que l'homme modeste ne pèche pas, et celui qui n'est pas modeste n'a certes pas eu ses ancêtres au mont Sinaï lors de la promulgation de la Loi. Charitables, selon ces mois (Deutér. YII, 12) : L'Eternel ton Dieu te gardera l'alliance et la miséricorde etc. Or, parmi ces Guibéonites, nul n'avait ces qualités ; et David les écarta de suite, en disant : « Les Guibéonites ne sont pas des enfants d'Israël ». De même, Ezra les éloigna, comme il est dit (Néhémie, XI, 21) : les serviteurs habitent les ténèbres, et dans le monde futur Dieu les écartera de lui, "selon ces mots (Ezéchiel, XLVIII, 19) : Le serviteur de la ville le servira'^.

Il est dit (II Sam. XXI, 6 et 8) : Le roi dit : Je les livrerai. Le roi prit les 2 fils de Ritspa, fille d'Aïa, qu'elle avait enfantés à Saûl, savoir Armoni et Mefiboscheth, et les 5 fils de Mical^. Mais, puisqu'il est dit (ibid. VI, 23) : Mical, fille de Saûl, n'eut pas d'enfant jusqu'au jour de sa mort, comment le roi a-t-il pu les livrer ? On peut en conclure que c'était des fils révoltés de David, qui ayant été élevés par Mical portèrent le nom de celle-ci. Ils les h-^ vra aux mains des Guibéonites, qui les mirent en croix sur la montagne devant l'Éternel, et ils périrent tous sept ensemble (ib. XXI, 9). Dans le mot sept il manque une lettre, pour viser ainsi la grâce faite à Mefiboscheth, fils de Jonathan, fils de Saûl, un grand savant dans la connaissance de la loi ; David l'épargna et le fit échapper de leurs mains (ib. 7). David dit : Je les ferai passer devant l'autel, et celui que l'autel attirera sera réservé pour moi. Ce qui fut fait; au moment du passage devant l'autel, David pria, et en effet l'autel attira Mefiboscheth, selon ces mots (Ps. LVII, 3) : J'invoquerai Dieu, l'Éternel d'en haut, le fort qui accomplira son œuvre en moi; d'où l'on infère que Dieu s'accorda avec David à épargner cette vie.

1. V. Schuhl, ibid., p. 453, et les passages qu'il cite. 2. Le sens ordinaire est : ceux qui ont un office en ville cultiveront ce pays-là. 3. Midrasch Rabba à Nombres, ch. 3.

280 TRAITÉ QIDDOUSCHIN

Il est dit (II Sam. XXI, 9, 10) : On les fit mourir au commencement de la moisson des orges. Alors Ritspa^ fille d'Aïa^ prit un sac^ et retendit sur un roc etc. Pourquoi ce choix? C'est que, répond R. Oschia, elle s'écria (Deutéron. XXXII, 4) : 0 roc, son œuvre est parfaite (par invocation au Seigneur). R. Aba b. Zimna dit au nom de R. Oschia : la sanctification de Dieu (un fait honorable) est au-dessus de sa profanation (aux 2 cas réunis) ; au sujet de celle-ci (ou crime capital), il est dit (ibid. XXI, 23) : Son corps mort ne restera pas la nuit sur le bois (du supplice) ; tandis que pour la sanctification il est dit (II Sam. XXI, 10) : du commencement de la moisson jusqu'à ce qu'il tombât de l'eau du ciel sur eux. Ceci prouve que les condamnés restèrent pendus du 16 Nissan au 17 Heschwan, et comme les passants se demandaient quel crime ont pu commettre ces gens, pour que la loi du séjour nocturne d'un cadavre ait été modifiée à leur égard (de les laisser si longtemps exposés), on leur répondit : c'est pour avoir étendu la main comme des prosélytes traînards (pour s'être attachés de force à suivre les Israélites). On disait alors : Si pour les Guibéonites, non convertis par conviction (mais par peur), on voit comment Dieu vengea leur sang, à plus forte raison il doit en être ainsi à l'égard des convertis par conviction. Nul Dieu ne ressemble au vôtre ; nulle nation n'égale la vôtre, et nous ne voulons nous attacher qu'à vous. Beaucoup de prosélytes se convertirent alors, comme il est dit (II Chron. II, 16) : Salomon fit le dériombrement de tous les prosélytes; il chargea 7000 d'entre eux de porter les fardeaux^ et 8000 de couper le bois sur la montagne. R. Houna dit : au temps de R. Eléazar b. Azaria, on voulut les rapprocher (leur permettre d'épouser des filles libres). R. Abahou renversait les termes de cette proposition : on voulut d'abord les rapprocher, puis au temps de R. Eléazar, on les écarta, en disant : Qui va purifier la part « de l'autel »? (Ils étaient figurés par cette expression). Cela prouve que Josué les éloigna. Mais en admettant même cet éloignement, Josué écarta seulement ceux dont la descendance (ou alliance impropre) était entachée d'un défaut ? (Pourquoi donc parler de la « part d'autel », qui semble impliquer un service?) Or, il ne saurait s'agir du défaut par mélange avec une esclave, car la relation avec une telle descendante ne devrait pas entraîner d'amende, et pourtant il est dit* : qu'en ce cas il y a une amende à payer? En effet, dit R. Eléazar, Josué les maudit à l'instar du serpent, comme il est dit (Josué, IX, 23) : Maintenant, soyez maudits ; et il est dit (ibid. 7) ; Alors les principaux d'Israël dirent à ces Reviens, Ce n'étaient pas des Hiwites (mais des Amorrhéens) ; seulement, ils avaient agi comme le Hiwa (serpent). Je sais, se dit Josué, ce que l'Éternel a dit de lui (Genèse, II, 7) : Au jour où tu en mangeras, tu mourras ; je vais donc agir de ruse avec ces gens, qui en mangeant de l'interdit seront punis, tandis que je conquerrai le pays pour les miens. De même, ils agirent aussi, se disant : Nous savons l'ordre de l'Éternel à Israël (Deutér. XX, 17) : Tu extermineras les Hétiles, les Emorrhéens, le Pharizi, connrne 1. J.,. tr. Kethoubot/t, ÏII, 1 (t. VIII, p. 3G).

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