CHAPITRE V
gagne par son travail' du gain (qui dépasse). La somme qu'elle doit gagner par semaine est celle que les femmes gagnent si elles filent le poids de 5 sides de la chaîne en Judée, qui font 10 en Galilée, ou le poids de 10 sides de la trame en Judée, qui en font 20 en Galilée 2. Si elle allaite un enfant, on diminue son travail et on augmente sa nourriture. Tout cela a été fixé pour les pauvres et les hommes ordinaires. Quant aux hommes notables^ tout dépendra de leur position sociale.
Par les mois « près de Flduniée » (§ 9), on entend la partie méridionale.
Le Maneh dont parle la Mischna (§ 10) représente un poids de i Hvres (lilra), dit R. Mena. De plus (outre les énoncés de la Mischna), le mari donnera à la femme un coussin, le luminaire, des mèches, une coupe, un tonneau, une marmite. Scion R. Yossé, le coussin n'est pas indispensable, car les femmes des gens pauvres ne reposent pas toujours ainsi. R. Hiya dit au nom de R. Yohanan^ : ce qu'elle laisse (le reliquat) de sa nourriture appartient au mari ; mais ce qui lui reste d'effets usés (en chiffons) est à elle. Toutefois, cette distinction n'est applicable qu'à une femme mariée ; à la veuve appartiennent tousles restes, soit de nourriture, soit de vêtements.
En disant que « la femme mangera avec lui », la Mischna (§ 11) veut s'exprimer, selon Rab, d'une façon décente * (pour désigner les relations conjugales) ; selon R. Simon b. Aba au nom de R. Yohanan, il s'agit réellement de manger. Tout en étant d'accord qu'en cette nuit le droit conjugal est dû, selon Rab, il s'agit là de cohabitation, parce que toute l'année la femme mange à la table du mari ; mais selon R. Yohanan, elle mange d'ordinaire à part, sauf le vendredi soir. Elle n'a pas droit à avoir du vin, parce que les pauvres en Israël n'en boivent pas. Est-ce à dire que les femmes riches en boivent? De même on a enseigné le fait, que Maratha, fille de Boëtus, reçut, par attribution des sages, le droit de consommer 2 saas de vin par jour, et comment peut-on dire qu'un tribunal ait décidé une attribution de vin à une femme, puisque R. Hiya b. Ada l'interdit, en raison de ce verset (Osée, IV, 11) ; La j)rosiUu' tion, Je vin et le moût font perdre le sens? C'est vrai ; mais comme la Mischna dit : « Si la femme allaite un enfant, on diminue son travail, et l'on augmente sa nourriture ^ », cette augmentation, dit R. Josué b. Levi, consiste en vin, lequel augmente la valeur du lait. Selon R. Hiskia ou R. Abahou au nom de R. Yohanan, levin lui a été attribue pour les besoins de la cuisine. Pourtant, cette même femme maudit les sages qui lo lui avaient accordé, en leur disant qu'ils l'accorderont aussi à leurs filles. Sur quoi, dit R. Aha, nous lui avons répondu : Amen (la confirmant). Je jure ^, dit R; Éléazarb. Zadoq,
1. Il s'agit, dit Raschi, du gain qui dépasse la somme ordinaire dece que les femmes gagnent; car cette somme est due au rnari, en échange de la nourriture qu'il lui donne. 2. Le texte emploie les termes schetJû (chaîne) et 'éreb (trame), empruntés à la Bible (Lévit. XIII, S8). 3. Cf. ci-après, XI, 1. 4. Cf. cidessus, § 7, fm. 5. Cf. ci-dessus, IV, 8, commencement, 6. Littéral. : comniQ j'ai l'espoir de voir la consolation future.
T. vm G
S2 TRAITÉ KETHOUBOTII
l'avoir vu glaner Forge dans les pas des chevaux, à Acco (par Texcès de misère), et l'on peut lui appliquer ce verset (Deutéron. XXVIII, 56) : la femme délicate parmi les tiennes et habituée à la mollesse, etc., et cet autre (Cantique, I, 8) : Si tu ne le sais pas, 6 la plus belle des femmes, sors sur les traces des brebis^. De même aussi, il est arrivé à Myriam, fille de Simon b. Gorion, d'avoir droit chaque jour, par attribution des sages, à une boîte d'épices valant 500 dinars (pour s'orner), pendant qu'àl'état de veuve le léviratlui incombait (le tribunal ayant pourvu à ses besoins provisoires). Pourtant, elle maudit les sages qui lui ont accordé tant que cela, en leur disant qu'ils l'accorderont aussi à leurs filles. Sur quoi, dit R. Aha, nous lui avons répondu: Amen (pour la confirmer). Je jure, dit R. Éléazar b. Zadoq, l'avoir vue attachée par les cheveux à la queue d'un cheval en course à Acco, et l'on peut lui appliquer le verset (précité) : « La femme délicate et habituée à la mollesse, etc.,» car elle est réduite là par ses excès.