CHAPITRE X
4. Un individu a épousé trois femmes^ dont l'une avait un douaire de 100 zouz, la 2° de 200 et la 3'' de 300, puis il est mort et n'a laissé que 100 zouz; les 3 femmes se partagent alors les 4 00 zouz à parts égales ' .
Si le défunt a laissé 200 zouz, celle qui avait un douaire de 100 zouz recevra 50 z., et les 2 autres chacune 3 dinar d'or (=75 z.); s'il y a 300 z., celle qui a un douaire de 100 z. reçoit 50 z., celle qui a 200 reçoit 100 z., et la dernière 6 dinar d'or (=150 z.).
Il en est de môme de 3 associés à un commerce ; chacun prendra sa part (proportionnelle) du profit ou de la perte '.
Samuel dit de la préférence qu'accordent les juges entre 2 contrats émis pour un champ 3 ; le tribunal a la faculté de l'attribuer à qui il voudra. Notre Mischnâ est-elle opposée à cet avis de Samuel, en disant : « s'il n'a laissé que 100 zouz, les 3 femmes partagent également » (au lieu d'une estimation par privilège)? Non, Samuel parle seulement du cas où il y a une préférence possible d'attribution (en raison du doute). Mais n'est-il pas enseigné * : si des héritiers louchent un contrat de dette, et l'un d'eux est fils aîné, il a droit à une double part; de même, si un contrat de dette leur est présenté, l'aîné doit restituer par contre une double part (sans que le tribunal use de son autorité à lui donner un avantage) ? Là aussi il n'y a pas lieu de prononcer une sentence avantageuse pour l'un d'eux. Abin dit au nom de Samuel ^ : peu importe qu'il s'agisse de deux contrats différents de vente d'un seul champ, émis en faveur de 2 personnes, ou qu'un homme ait émis un contrat en faveur de 2 champs (sans savoir lequel est réellement acquis); aux 2 cas, le tribunal peut accorder la préférence de quel côté il voudra. Lorsqu'en cas de reste de 200 zouz, selon la Mischnâ, la 1" veuve recevra 50 zouz (au lieu de 2/3 de maneh, z=:66 z.), on suppose l'autorisation de l'une à l'autre, que la 3*^ veuve a autorisé la 2« à s'entendre avec la 1", et à lui dire que, ne pouvant toucher le maneh entier de son douaire, elle accepte 50 z., en abandonnant sa participation aux 150 z. de reste (puis les 2 autres reçoivent chacune 75 z.).
« Il en est de même de 3 associés d'un commerce ; chacun prendra sa part (proportionnel'e) du profit ou de la perte. » C'est vrai, dit R. Eléazar, si le profit ou la perte se rapporte à l'argent même (qui était moindre ou supérieur avant l'échange); mais s'il y a eu profit ou perte par voie de commerce, la répartition se fera à parts égales entre tous (et non d'après les mises). Mais, fut-il objecté, ce partage serait-il juste si l'un a mis cent dinars et l'autre dix dans ce commerce? Il est possible de le justifier, dirent les compagnons, en
1. Raschi ajoute qu'on suppose les 3 contrats du ïù^me jour; autrement, le 1" en date passerait avant les autres. 2. Selon la'.quantité d'argent qu'il a mise dans ce commerce. 3. Pour un immeuble vendu le même jour à 2 hommes, le tribunal estime quel est le vrai acquéreur. 4. Tosselta au tr. Bava hathra, ch. 7. 5. Cf. ci-après, § 5.
Î32 TRAITÉ KETHOUBOTH
disant que le faible appoint (de dix z.) a facilité l'achat en gros des marchandises (7:paY[JLaT£ia), d'où le bénéfice est venu. Ceci est juste pour une petite affaire ; mais est-ce valable pour une grande affaire (où une petite somme n'importe guère)? Celui qui apporte peu, dit R. Abin b. lliya, peut faire valoir son aptitude commerciale, et prétendre par contre être à même de vendre dix fois, pendant que son associé vendra une fois. Ce motif est valable si le commerce se fait dans le voisinage ; mais que dire si les clients sont au loin ? L'associé au faible apport, dit R. lia, peut encore faire valoir qu'il fait dix fois plus de trajet que n'en accomplit son associé plus riche. On a enseigné ailleurs ^ : « Si un bœuf valant 200 zouz, frappe un bœuf valant aussi 200 z. et pour la 2' fois un bœuf de même valeur, il revient cent zouz au maître de ce dernier, et au maître du 1", 50 z. 2 ; si le bœuf a frappé (pour la 3* fois) un autre bœuf de 200 z., le maître du dernier aura cent z., et le précédent 50 z. ; enfm, à chacun des 2 premiers (des 2 côtés), il revient un dinar d'or ( = 25 z.). » R. Samuel ajoute au nom de R. Zeira : il en est de même du profit provenant de l'animal meurtrier (le dernier aura la moitié, le précédent la 1/2 du reste, puis 1/4 à chacun des premiers). Sur quoi, R. Yossé observa que cet avis de R. Zeira est opposé à celui qu'a émis auparavant R. Eléazar (de répartir le profit à parts égales). Non, répliqua R. Mena devant R. Judan^, car R. Eléazar admet d'adopter la condition préalable de répartir profits et pertes selon la mise de chacun ; or, les bœufs doivent être dans le cas de ces conditions, et il en résultera un partage proportionnel. En effet, R. Mena renonça à son avis et l'exposa à nouveau devant R. Yossé, qui lui dit : il y a discussion explicite à ce sujet, savoir qu'en cas d'association simple (sans spécifier rien au sujet du partage futur), le partage final se fera à parts égales, selon R. Eléazar; mais, selon R. Zeira, les associés simples règlent à la fin leur compte d'après leur mise proportionnelle.
5. Si un homme qui avait 4 femmes meurt, et elles réclament toutes le douaire, la i'*' en date passe avant la 2% celle-ci avant la 3®, et celle-ci avant la 4''. Quand la 1^^ veut se faire payer, la 2' peut lui imposer le serment qu'elle n'a rien reçu du défunt *. La 3^ peut, par le même motif, imposer le serment à la 2% et la ¥ à la 3" ; tandis que la ¥ se ferait payer sans serment. Ben-Nanos dit : la 4° ne doit pas avoir de privilège pour être la dernière, et prêtera serment comme les autres. Si les 4 contrats sont tous datés du même jour, mais varient par l'heure de la journée, Facte qui est seulement d'une heure antérieur à l'autre vient avant Tautre. Or, tel était l'usage à Jérusalem d'inscrire même l'heure dans
1. Tr. Bm)a qamma, IV;,^. 2. Considérant les 2 propriétaires opposés comme associés et répartissant p^;rtes et profils, soit pour l'animal meurtrier qu'il faut abattre, soit pour le bœuf frappé. 3. J., ibid. (f. 4b). 4. Selon Raschi, elle peut être intéressée au paiement de la 1", qui peut-être ne laisserait plus assez d'immeubles pour la 2*.