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— Oui! oui! je sais. Fouché ne m'avait pas vu alors, m i, voire ami !
— Eh bien ? demanda Gervais avec anxiété.
— Eh bien, maintenant il m'a vu !...
— Et... alors?... dirent à la fois les deux amis en se suspendant, pour ainsi dire, aux paroles qui allaient sortir des lèvres de Roger.
— Alors... Vous étiez prisonniers tout à l'heure, n'est-ce pas? Il y avait des gendarmes dans ce vestibule... ,
— Oui!...
— Vous ne pouviez sortir d'ici?
— Non!...
— Alors maintenant, prenez mon bras tous les deux < t venez avec moi !
Gorain et Gervais regardèrent Roger avec un étonnement croissant, puis passant en même' temps l'un ton bras droit, l'autre sou bras gauche sous les deux liras de leur interlocuteur, ils se laissèrent entraîner. ious trois gagnèrent ainsi la pièce servant de vestibule ou de salle d'attente.
— Où sont les gendarmes? dit Roger.
Goraiu et Gervais ouvraient de grands yeux : la salle était absolument déserte.
— Voyous, cheichons-lesl reprit Roger. Nous les trouverons peut-être!
Et il ail i ouvrir une porte :
— Ah ! dit-il, c'est l'appartement particulier de Fouché ! Bah ! cuirons 1
El il poussa devant lui les deux amis qui marchaient -ans paraître avoir conscience de ce qu'ils faisuisu'.. iu passa d'abord dans une lort belle pièce disposée eu iluu. Celle pièce était absolument déserte. Roger la raversa el ouvrit une porte dissimulée sous uue porière de velours, eu homme counaissanl adinirab.euienl les cires du logis.
Il s'airètd sur le seuil d'une jolie petite salle à man- , au milieu de laquelle se trouvait une table merveilleusement eclanee et supportant le menu délicat «l'uu souper savouieux.
— Ah' til Roger, quelle aimable surprise I
— Quoi'.' demanda Gorain.
— Un souper! nous alions souper!
— Souper! souper! répétaient les deux amis qui, es la frayeur terrible dont ils veuaieut d'èire victimes, ne pouvaient comprendre ce qui se passait
uis quelques instants.
— Eh ! oui, souper I répétaRoger. Jesuis sur que c'esl pour nous que le ciloyen ministre a fait préparer ce pelil ambigu! N'est-ce pas, Gjrmain?
Un valet \eua.l d'entrer :
— Le eiloyeu ministre prie les citoyens de l'excuser, ciil Glu nia in, et de vouloir bien commencer a souper . -ans lui : il viendra touL a l'heure.
— Vous voyez bien, s'écria Roger.
— Mais... mais... je ne comprends pas, moi! dit (ioialu.
ec iiauisa les épaules : prenant les deux amis par le bras, il les entrai. m à l'éc
— Vous savez bien, dit-il à voix basse, que moi aussi je lais paille de a grande association...
— Les cli i li uis! dil Goiaiu en faisant un effort 1 oui- se reçu,'
i un immense «.ciai de rire.
— Mais non ! dii-ii. Qui vous parie des chauffeurs? je di ... celle des nuiuil lonuaires.
— C'est donc vrai, alors ? demanda I ' i vais.
1 r"i'' est vrai? tu me demandes cela, toi
partie de l'association depuis qu'elle esl ton- Mais c'esl que le Cltoj en luiin il c.
H iger de la main impo a silence.
I i 'i lez ! dit-il à voix basse el avec u Udenliel, vous allez savoir la vérité. La
association des munitionnaires est tellement importante qu'elle est sous la surveillance du ministre... Or, depuis quelque temps, on avait fait courir certains bruils sur certains membres de l'associalion... Si bien même qu'on avait des doutes. On prétendait effectivement que des chauffeurs avaient eu l'audace de se glisser parmi nous...
— Ah ! fit Gervais en levant les yeux au ciel.
— Tu comprends? Le citoyen ministre a cru de son devoir d'interroger successivement chacuu des membres et... il a voulu sonder les esprits, intimider...
— Oh! fit Gorain en joignant des mains.
— C est-il Dieu possible? dil Carrais.
— Mais oui! le ministre vous a interrogés, il vous a reconnus innocents, il m'a envoyé vers vous pour vous le dire et il désire, pour effacer jusqu'à l'ombre du souci que vous a causé celte affaire, que vous soupiez avec lui. Vous comprenez tout à fait, hein! Eh bien, à table et à la santé du ciloyen ministre!
Et poussant les deux amis, Ruger les força à prendre place autour du souper servi.