XI. Y LA Rt'K CHANTEREINH
Si i lisant la proclama-
is! extraordinaire du conseil des Anciens est aux articles 102 et 103 de l stitu
i ii nnel.
Il m'a remis le commandement de la \ ille et de l'art
le l'ai accep • ' n - qu'il n i
dre et qui sont toutes en fui eur du peuple.
in Ri publique esOnal goui ernée depuis denj
\,,u péré que mon retour mettraitun terme à
l< maux; trous l'aveï célébré avec une union qui
m'impose les obligations que je remplis; vousremplirezles
• et vous seconderez votre général avec l'énergie,
Ki l'ei meté et la confiance que j'ai toujours vues en vous.
La liberté, la victoire et la paix replaceront la République française au rang qu'elle occupait en Europe et que l'ineptie ou la trahison a pu seule lui faire perdre.
Signé : le général commandant la 17' division militaire :
Bonaparte.
Contre-signe par le chef d'état-major général :
Berthier.
— Enlevez, un roulement ! cria Rossi gnolet en s'interrompant.
Et. pour remplacer la batterie du tambour qu'il regrettait si fort, le major exécuta avec sa langue et ses doigts un. série de ra et de fia à rendre enragé, ainsi qu'il le disait lui-même.
Vive te tien oral !
— Les beaux jours vont donc revenir! reprit Rossi -gnolet.
— En attendant que les beaux jours reviennent, tu te souviendras de notre rendez-vous, pousse-cailloux, dit le vieux brigadier.
— On tâchera, répondit Rossignolet en se redressant. Gorain et Gervais, qui s'étaient approchés, avaient
entendu ces deux dernières phrases.
— Un rendez- vous, dit Gervais en souriant d'un airaimable. Encore quelque partie fine, citoyen Rossignolet.
— Juste ! dit le major en se retournant. Tiens ! c'est les amis, le grand sec et le petit gros !
— Ah ! dit Gorain, nous vous surprenons au moment où vous tirez votre plan pour aller vous amuser.
— Comme tu dis, l'ancien, partie fine premier choix; agrément en grand !
— Ah! que vous autres guerriers vous savez vous amuser; ce n'est pas nous autres, pauvres bourgeois, qui saniinu^...
— Avoir ce g Mii-e d'agrément .'interrompit Rossignolet.
probable... Mais au l'ait, une idée, voulez-vous en être .'
— De quoi? demanda Gervais.
— De la partie, avec le camarade et d'autres amis; ce sera amusant !
— Tope là! convenu. C'est pour après-demain matin J'irai vous prendre chez vous et nous filerons ensemble !
— Convenu! dit Gervais.
— Ce sera drôle! dit le vieux brigadier en mordant sa
moustache.
La colonne se remettait en marche. Les deux bourgeois, eflïayes de se trouver au milieu des chevaux qui piaffaient, se hâtèrent de se réfugier sur le bas côté du boulevard.
En avançant vers la rue de la Chaussée-d'Antin, l'affluence augmentait dans des proportions considérables. A chaque instant, on voyait passer, au milieu des curieux qui se près iaient, des généraux à cheval, en grand uniforme, entourés de leur état-major. Officiers de tous grade- et de toutes armes se saluaient et marchaient, Suivant tous une même direction : celle de la rue Chaule. peine.
De tous cotés, sur tous les murs, on voyait coller des tes, les unes imprimées, les autres écrites à la main, jui toutes exprimaient un même vœu, témoignaient un même désir, celui de voir le peuple entier se rattachera
. là fortune du héros dont le nom, la gloire, le génie,
t Buvaient seuls a --urer l'existence de la République.
■I I Puis, à ces placards -'ajoutaient deux autres proclamations, l'une de l'administration centrale du département
. le la Seine :
• fcCe jour n'est point un jour d'alarmes, disaient les magistrats du petipl" ; ■•' est eelui qui proclame, au contraire, |ne restauration gé lérale.
S L'autre proclamation étail signée de Fouché, le ministre
li le la police généra
Que les faibles se rassurent, disait-elle, il sont avec les forts.
— Mais, disait Gorain, qu'est-ce que cela veut dire? qu'estee qui ce passe?
— Dame, je ne sais pas, répondit Gervais ; allons toujours, nous verrons.
Et les deux amis continuèrent leur marche, pressés parla foule qui les entourait, dans la direction de la rue Chantereine. Plus ils avançaient et plus ils voyaient défiler des groupes brillants d'officiers, tous le visage animé, l'air joyeux et le regard assuré.
Comme ils atteignaient l'endroit où la rue de la Chaussée d'Antin se croise avec la rue de Provence, Gervais poussa un cri :
— Ah! voilà le petit Niorres, dit-il en désignant un jeune cavalier qui demeurait stationnaire au milieu de la rue; je vais lui demander si...
Un choc violent, reçu par le bourgeois, arrêta la pai oie sur ses lèvres.
— Eh bien ! eh bien! fit-il en se rattrapant à Gorain pour ne pas tomber.
C'était un soldat, courant à toutes jambes, qui venait de se heurter contre les deux amis. En ce moment Louis s'était retourné ; en apercevant Le soldat, il poussa son cheval vers lui.
— Gringoire ! cria le jeune maréchal des logis, tu as quitté le colonel?
— Ah ! maréchal, dit le soldaten s'arrêtant, quelle chance de te retrouver. Je courais chez le général pour...
— Mais qu'y a-t-il ?
— Il y a que le colonel veut se tuer !
— Se tuer ! s'écria Louis.
— Oui; il a préparé ses pistolets et il est en train de faire son testament.
— Mon Dieu ! s'écria Louis en frémissant.
— Tout ce que j'aipu dire ou faire n'a servi à rien, poursuivit Gringoire. Le colonel ne m'a pas caché sa résolution, qu'il dit être inébranlable. Alors, ne sachant que faire, je me suis mis à courir après toi et après Rossignolet.
— Le colonel, dit Louis ; où l'as-tu laissé?
— Dans sa chambre, en train d'écrire, avec ses pistolets à côté de lui !
— Je vais!... s'écria Louis en lançant son cheval.
Mais il arrêta l'animal avec une saccade tellement brusque que le cheval faillit manquer des quatre pieds. Le contraignant à faire une tête à la queue, il partit au galop dans la direction de la rue Chantereine, laissant Gringoire seul, au milieu de la rue.
Louis passait au milieu des groupes, les tournanl traversant, les dépassant avec une adresse merveilh La rue Chantereine était tellement encombrée que Louis fut forcé de modérer l'allure de son cheval.
Bientôt, même il s'élança à terre, confia l'animal aux mains d'un soldat qui passait et se précipita vers l'hôtel du général Bonaparte.
Les abords étaient obstrués, mais le jeune soldat parvint néanmoins à se glisser jusque dans la cour qui regorgeait de généraux et d'officiers.
Louis gravit les marches du perron et voulut entrer dans l'hôtel; mais l'encombrement des salon» était tel qu'il ne put passer.
— Je veux voirie général, dit-il, d'une voix forte ; il faut que je lui parle!
— Attends, il va venir, répondit une voix. Effectivement, un frémissement parcourut la foule des
généraux, des officiers de tous rangs et de toutes armes qui se trouvaient là réunis. Moreau, Macdonald, Berthier, Lannes, Murât, Leclerc, toute l'élite enfin de ce brillant état-major qui entourait l'illustre général était là rassemblée. C'était un véritable cortège d'étoiles venant saluer le soleil levant.
Au moment où Louis s'arrêtait, ne pouvant passer, un homme, vêtu en habit bourgeois et dont la tenue contrastait autant avec les uniformes qui l'entouraient, qu'avec
ses allures essentiellement militaires, se fit jour jusqu'au premier salon.
— Séruricr ! s'écria Lannes en voyant le nouveau venu. Comment se fait-il que tu ne sois pas en uniforme ?
— Je ne savais pas, répondit le général; mais, attends, ce ne sera pas long.
Et redescendant dans la cour :
— Donne-moi ton habit, mon brave, dit-il à un soldat qu'il jugea être de sa taille.
Le soldat obéit avec empressement. En ce moment, un mouvement se manifesta dans les rangs serrés de la foule.