‹ Le tambour de la 32e demi-brigadeChapitre 20 sur 220 · LE CASINO · texte numérisé non relu

LE CASINO

— Qui de vous est le vicomte de Siguelay ? demanda le terrible Messer-Grande

— Moi, signor! répondit l'un des jeunes gens en mrant et eu retenant de la main son compagnon

à s'élancer.

— Au nom du conseil des Dix, je vous arrête I

— Moi? s'écria le vicomte; pourquoi?

— Vous le savez!

— Mais je ne suis pas sujet vénitien I

— Je ne puis vous répondre.

— Je suis émigré français, ri je proteste contre cette lise violation du droit des gens.

— Vous protesterez devant qui de droit.

— Mai- qu'ai -je fait ?

— Je l'ignore; veuillez passer dans ma gondola ! Le vicomte regarda son ami; tous deux étaient pâles

de colère et d'émotion.

— M I ieria le liaron.

— meur, interrompit le Gr; ode, I lissez-moi iplir ma mi sion, sinon j'emploierai ta force,

II, 1 le, il 'I i' n i I' î: pi' i .1 .'avancer.

— fouillez lu Bal on ! coalin er-Grande en b'adressant à ses hommes.

Le vicomte et le baron firent un même mouvemen pour s'opposer à l'exécution de cet ordre; mais, sur un geste du magistrat, les autres sbires s'étaient élancés, et, tandis que quatre d'entre eux contenaient les deux jeunes gens, les quatre autres pénétrèrent dans le salon. L'un d'eux ressortit presque aussitôt en tenant à la main un paquet de papiers.

Le vicomte poussa un rugissement de rage. Messer- Grande mit les papiers dans la poche de sa robe noire. Puis il fit passer Léopold dans sa gondole, et, laissant Emmanuel stupéfait, anéanti, il donna l'ordre de s'îloigner.

La gondole contenant le prisonnier, Messer-Granda et ses sbires, reprit sa route en sens contraire daus le grand canal. Elle se dirigeait vers le palais des doges derrière lequel s'élevaient les Plombs.

La vie privée des patriciens, et surtout celle de la, classe patricienne, était autrefois et est encore même fort peu expansive et très retirée. Il n'y a pas et il n'y a jamais eu à Venise de société comme on l'entend en France et dans le reste de l'Italie.

Autrefois, comme aujourd'hui, les rapports de société n'avaient lieu, à Venise, qu'au théâtre, au café et au casino. Les casini étaient privés ou publics. Les casini privés étaient de petites habitations où les nobles passaient les heures qui n'étaient pas employées à leurs fonctions. Comme beaucoup d'entre eux demeuraient assez loin de Saint-Marc, et qu'il leur fallait venir presque tous les jours au palais, ils trouvaient commode d'avoir auprès de la place un pied-à-terre qui devenait ensuite une seconde maison. Peu à peu l'usage de ces demeures supplémentaires s'étendit, et, dans les derniers temps de la république, tous les nobles sans exception, même les procurateurs de Saint-Marc, avaient chacun leur casino. Ces casini, remplaçant les petites maisons de France, étaient toujours fort élégamment et for-t luxueusement meublés et entretenus; tandis que dans les palais habités par la famille on trouvait plus d'ostentation que de goût et de confortable. Les dames vénitiennes, reléguées par le genre de vie de leurs maris dans la solitude de leurs palais, n'avaient pas tardé à les imiter, et elles aussi avaient leurs casini.

Quant aux casini publics, c'étaient des espèces de clubs qui favorisaient beaucoup la vie de société à Venise. On y trouvait habituellement un cercle de cinquante ou soixante personnes des deux sexes qui y passaient toute la nuit à divers amusements et à la conversation. On y jouait à des jeux de hasard sans qu'on eût à craindre d'être dénoncé, et l'on y jouissait de tous les agréments d'un commerce libre, poli et (amilier.

Parmi ces casini renommés, le plus célèbre d'entre tous était celui du marquis Campariui. Ce casino se composait de cinq pièces meublées avec une recherche digne d'éloges, où tout semblait avoir été calculé pour les plaisirs, )e bien-être et la bonne chère. On servait chaque repas par une fenêtre aveugle enclavée dans la paroi, munie d'un porte-manger tournant qui remplissait parfaitement la baie, de sorte que maîtres et valets pouvaient, en cas de besoin, ne point se voir. Le salon était orné de superbes glaces, de lustres .le cristal de roche, de girandoles eu bronze doré et d'un magnifique trumeau placé sur une cheminée de marbre blanc, tapissée de petits carreaux de superbe porcelaine de Chine. A eôlé du salon, se trouvait une pièce octogone dont les parois et le plafond étaient entièrement recouverts de glaces de Venise, disposées de manière à se renvoyer mutuellement dans toutes les poses les peisi unes qui \ entraient. Celait d'un i ilet comique qui amusait fort les habitue- et avait contribué a élever à Venise la réputation du casino.

Ce SOir-là des régales, il y avait réunion nombreuse au casino Camparini. 'foules les personne- que nous

— Écoutez, les anciens, je vais analyser la chose. (Page 62.)

avons vues dans la bissoiia s'y trouvaienl réunies. C'étaient lord et lady Ellen, la marquise de Camparini, le comte de Roquefeuille, le baron de Grafeld, le seigneur Foscari, l'autre seigueur vénilien, puis Camparini et ses deux amis, Pick et Roquefort, qu'il avait présentés à la société vénitienne en qualifiant l'un de chevalier et l'autre de comte.

Si la réunion était nombreuse, la conversation semblait assez languissante. Une sorte de gêne, de tristesse, était répandue sur chaque physionomie.

— Et cette fois la nouvelle est vraie! dit le comte de P.oquefeuille eu secouant la tète.

— Hélas! fit le baron.

— Parfaitement vraie! ajouta Camparini.

— Beaulieu a cru devoir céder un peu de terrain?

— Beaucoup même! dit le chevalier Pick.

— Messieurs, dit Cimparini avec assurance, appelons les choses par leur nom. Que diable! il est des esprits étroits de s'illusionner sur une calamité. Les gens comme nous regardent le malheur^en face et ne

cherchent pas à l'atténuer. Beaulieu a été battu, complètement battu à Moutenotte par ce petit général Bonaparte, dont nous avons fait fi hier et aujourd'hui.

— Battu! répéta le comte en levant les bras au ciel.

— Permettez, fit le baron, je...

— Ah! interrompit Camparini, soyons francs entre nous. Beaulieu a été battu; la nouvelle est précise; c'est celle de ce tantôt qui était erronée, celle de ce soir est malheureusement assez explicite. L'infauterie autrichienne a résisté avec bravoure; mais, enveloppée de tous côtés, elle a été mise en déroute et a laissé entre les mains de Bonaparte deux mille prisonniers, et sur le champ de bataille quelques centaines de morts. Ainsi, tandis que Beaulieu supposait à Bonaparte l'idée de filer le long de la mer sur Gènes, celui-ci débouchait victorieusement au delà des monts. Monsieur le baron, il y a quelque chose de meilleur que la guerre, c'est l'iutrigue!

— Je ne dis pas le contraire! répondit le diplomate autiichien.

— Et de ce cité au moins, poursuivit Camparini à voix basse, et eu se penchant à l'oreille du baron, nous tenons tous deux le bon bout.

— Cela est vrai, marquis, mais il faudrait agir sans larder alors; il faudrait avoir auprès de ce général B> naparle des hommes sûrs, dévoués, intelligents.

— Il y en aura!

— Quand?

— Avant huit jours. Seulement cela coûtera cher!

— Vous croyez?

— Parbleul une pareille mission est assez dangereuse pour qu'elle nécessite une digne récompense.

— En attendant, il faut plus que jamais exciter l'esprit du peuple italien.

— Pick a mes ordres; il a déjà recommandé partout et à tous de redoubler de zèle.

— Parfaitement; il faut que cet échec de Beaulieu soit réparé au plus tôt.

— Sans doute; mais pour cela il faut beaucoup d'argent, et l'Autriche est pauvre.

— L'Angleterre nous aidera. La présence de lord Ellen à Venise ne nous en dit-elle pas assez? lady Ellen est petite-cousine de Pitt.

— Bravo! alors; espérons encore!

— Et surtout augmentez sans relâche les dissensions intestines en France.

— Je vous comprends : pour affaiblir les bras et les ambes, rien de tel que de s'attaquer à l'estomac.

— Naturellement.

— D'accord! Bonaparte, Moreau, Jourdan sont des cras trop solides, qui manient trop bien l'épée : attaquons les organes digestifs de la République, et nous épuiserons les membres. Les jacobins rassurés à peu près, les chauffeurs, étendant leurs réseaux dans les départements du centre, seront des excitants suffisants pour donner une bonne péritonite à la France- Rapportez-vous-en à moi! En fait de poisons, je n'aime que les poisons actifs. Seulement de l'argent I de l'argent!

— Je vais causer avec lord Ellen, car son navire contient quatre millions qu'il doit débarquer à Trieste.

— Décidément, Pitt est un grand homme!

Le baron sourit, et, se glissant comme une couleuvre au milieu des groupes, il atteignit l'endroit où se tenait l'officier anglais, et il l'emmena doucement dans une embrasure de fenêtre. Pendant ce temps, la conversation s'était ranimée entre les causeurs, et les événements de la journée donnaient matière aux discussions.

— Ces deux hommes sont deux héros! disait lady Ellen.

— Quels hommes, milady? demanda Camparini eu s'avançant.

— Je parle de ces deux marins qui ont gagné la dernière course.

— Ceux surgis on ne sait d'où et devenus on ne sait quoi?

— Oui.

— Us ont effectivement les avant-bras solides, et ce sont deux rameurs remarquables. Ce qu'ils ont fait est une véritable prouesse.

— Si on peut les découvrir, je leur donne cent livres par mi -, ,i chacun, pour être attachés à mon canot.

— Mais il faut les découvrir d'abord.

— Ils avaient abandonné leur embarcation; poursuivit lady Ellen. Je l'ai fait acheter immédiatement. Je la mettrai dans mon cabinet. Mais je préférerais de beaucoup les hommes.

— Là est la difficulté, milady.

r- En effet, répondit Roquefort on so mêlant à la cou 'ersation. Au moment où ils sejetaienl à l'eau le navire étranger faisait lirer ses bordé I bi lit le pavillon républicain, de sorte que la foule entière, surprise par ce spectacle inattendu, a eu Bon allenl

détournée, et les drôles ont su habilement profiter de cet incident. Au reste, leur capture ne pouvait p-is être de grande importance.

— Je vous demande pardon, cher comte, dit le chevalier Pick. Il est évident que par eux on aurait pu avoir des renseignements précis et précieux sur ce navire extraordinaire dont la disparition subite a été tout aussi étrange que sa venue presque instantanée.

— Cela est vrai; mais je croyais qu'on avait eu de& renseignements exacts sur ce bâtiment. Du moment qu'il a pu mouiller si près du Lido, le gouvernement vénitien devait être éclairé sur son compte.

— Voilà précisément ce qu'il y a de singulier dans cette afiaire, comte, dit le siguor Foscari. Ce navire était, ou du moins paraissait être parfaitement en règle. Le commandant du Lido m'a raconté la chose en détail, et il devait la connaître à fond, car il se trouverait compromis si on prouvait que cet événement peut être préjudiciable à notre gouvernement. La corvette est arrivée dans les eaux du Lido la nuit dernière. Elle a accompli toutes les formalités nécessaires. Ses .patentes étaient en règle et établissaient qu'elle n'était autre qu'un bâtiment danois, chargé de cuivre et de sapins du nord, et apportant à Venise des marchandises commandées par le ministre de la marine. Les lettres des négociants danois expéditeurs étaient claires et précises. Le commandant du Lido transmit le tout aux inquisiteurs d'État, et ce ne fut que ce matin, sur leur permission, que la corvette put se mettre à l'ancre. Demain le débarquement devait alors lieu.

— Mais le commandant? dit Camparini.

— Personne ne l'a vu. 11 n'était pas descendu à terre.

— Et l'équipage?

— Était retenu à bord par ordre de la commission sanitaire.

— Mais si ce navire était sur ses ancres, comment a-t-il pu s'éloigner aussi vite?

— Demandez cela à lord Ellen, messieurs. Milord a essayé de lui donner la chasse : il est plus instruit que moi à cet égard.

— Veuillez donc nous expliquer cela, milord, dit Camparini en s'adressant à l'officier anglais.

— Il m'est difficile de vous expliquer ce que je ne m'explique pas moi-même, messieurs, dit lord Ellen en s'avançant à son tour. Pour ne rien admettre que de possible, il fallait que ce navire eût d'avance combiné ses plans, car, à peine avail-il fait son insolente manifestation, qu'il orientait toutes ses voiles, et que des canots, disposés en conséquence, le balaient lestement en pleine mer. Le temps de procéder à l'appareillage de mon vaisseau, la corvette était déjà hors d'atteinte; car la brise s'élevait, et, comme si les éléments eussent voulu se montrer en faveur de ces aventuriers, elle poussait le navire avec une vitesse effrayante.

— Mais ce navire est-il danois? demanda Camparini?

— Cela est peu probable, car s'il eût été ce qu'il paraissait être, il n'eût pas quitté Venise sans débarquer ses marchandises.

— C'est vrai.

— Alors, quel peut être ce navire? demanda le comte.

— Quelque corsaire républicain dent l'audace recevra bientôt sa punition! répondit lord Ellen.

— l «rs.'iire! B'écris ladj Ellen. Si c'était celui de

la Trinidad.

Lord Ellen devint rouge comme un homard cuit.

— Vous n'y songez pas, milady! dit-il.

— Pourquoi pas? Cette corvette avait tout .i fait les illures du " fantôme de Puerto ! \ôhi si c'était vrai : le commandant serait bii a i

LE TAMBOUit DE LA 32e DEMI-BRIGADE

meut un héros! Je donnerais cent guiuées d'un bouton de sou habit I

— Peut-être l'aurez-vous pour moins, chère Mary ! dit lord Ellen. J'ai expédié à Chioggia un courrier pour transmettre l'ordre au brick le Régent et à la frégate King-William de croiser immédiatement. Il n'existe pas de bâtiments meilleurs marcheurs et...

En ce moment la porte s'ouvrit et un valet s'avança respectueusement.

— Excellence! dit-il en s'inclinant devant lord Ellen.

— Qu'est-ce? demanda le commandant.

— Sir George demande à être introduit.

— Qu'il entre.

Et, se tournant vers l'assemblée :

— C'est précisément l'officier que j'ai expédié Chioggia, dit lord Ellen. Il ne revient aussi vite que pour m'apporter une bonne nouvelle.

Sir George, officier de marine attaché à l'état-major de lord Ellen, entra en saluant.

— Eh bien, demanda lord Ellen, avez-vous été à Chioggia?

— Oui, milord, répondit l'officier.

— Vous avez transmis mes ordres?

— Oui, milord, mais il était trop tard.

— Comment?

— Le navire que j'ai signalé était déjà passé eu vue de Chioggia.

— Déjà!... impossible!

— Si fait, milord; mais ce n'est pas tout.

— Quoi encore?

— Deux navires de commerce anglais étaient à l'ancre de la Chioggia.

— Je le sais... Après?

— L'un a été coulé et l'autre pris.

— Mille diables! s'écria lord Ellen, que dites- vous donc?

— La vérité, milord.

— Vous vous trompez!

Sir George s'inclina, mais avec un geste attestant qu'il soutenait son assertion.

— Un navire pris, un autre coulé!... et par qui?

— Par cette damnée corvette que nous avions prise pour un vaisseau marchand, mais qui avait sans doute ses sabords masqués par des toiles, car elle avait, en mer, deux belles rangées de caronades!

Lord Ellen était violet de colère.

— Un navire pris! un autre coulé!... rêpéta-t-il. Et le Régent? el le King-Willi(bn?

— Le King-Wiliiam était à l'ancre, et la frégate n'a pas eu le temps d'appareiller : le coup était avant. Quant au Régent, qui a voulu porter secours aux navires marchands, il a reçu une bordée d'enfilade qui l'a démâté et lui a causé des avaries telles qu'il a failli couler.

Tout le monde se regardait avec une sorte de stupeur. Le double fait raconté par l'officier anglais décelait une audace telle de la part de son auteur, que cette audace inspirait un sentiment de crainte.

— Quel peut être ce navire? dit le barou de Grafeld. Camparini lui toucha légèrement l'épaule.

— On pourrait le savoir, dit-il à voix basse.

— Comment?

— Écoutez!

Les deux hommes s'isolèrent.

— Il est évident, commença Camparini, que les deux rameurs qui ont pris une part si active à la dernière course des régates sont deux matelots appartenant à l'équipage de ce navire prétendu danois.

— Sans doute aucun, dit le baron.

— Or, ces hommes se sont jetés à l'eau au moment même où leur navire abordait le pavillon tricolore.

— Oui.

— C'est moins de cinq minutes après ce bel exploit

que le navire filait vivement, échappant aux pourhuiles des Auglais.

— C'est vrai.

— Or, du grand canal au Lido il y a loin, et il est impossible de supposer que les deux matelots, échappés à toutes recherches à cause des événements, aient eu le temps de rejoindre leur bord.

— Vous avez raison.

— Le navire est parti sans eux. Peut-être doit-il les aire prendre plus lard par des moyens que nous ignorons, mais il y a tout à parier qu'en ce moment ils sont encore cachés à Venue.

— Oui! oui! dit le baron, dont les yeux scintillaient.

— Or, en s'emparant de ces hommes, on peut les faire parler, et par eux obtenir les renseignements nécessaires.

— Il ne s'agit que de s'emparer d'eux?

— Voilà tout !

— Vous raisonnez merveilleusement!

Un silence suivit cet échange de paroles.

— Marquis, reprit le baron en se rapprochant de son interlocuteur, j'ai souvent parlé de vous à l'un des inquisiteurs d'État, son Excellence serait heureuse de vous recevoir, j'en réponds. Vous plairait-il de lui faire une visite?

— Quand?

— Ce soir même.

— Très volontiers.

— Alors, venez, ma gondole est en bas.

Les deux hommes firent un même mouvement pour se diriger vers la porte du salon, mais cette porte s'ouvrit brusquement, et le baron de Berval surgit sur le seuil.

Emmanuel était extrêmement pâle ; il avait les yeux brillants, les traits bouleversés; ses vêtements étaient en désordre; il était dans cet état enfin d'un homme en proie à l'agitation la plus vive, à l'émotion la plus pénible.

En entrant dans le salon, il regarda anxieusement autour de lui; puis, apercevant Je comte de Roquefeuille qui causait avec lord Ellen et la marquise Camparini, il courut droit à lai et le saisit par le bras :

— Monsieur le comte, dit-il, en votre qualité de Français et de gentilhomme, il faut que vous me rendiez sur l'heure un important service... Il s'agit de la vie! il s'agit de l'honneur!...

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