‹ Le tambour de la 32e demi-brigadeChapitre 52 sur 220 · LV. TAMDUUii DE LA o2c D EM 1- bUIli AU E · texte numérisé non relu

LV. TAMDUUii DE LA o2c D EM 1- bUIli AU E

qui était demeurée sur le fauteuil comme privée de sentiment. Emmanuel s'élança rapidement au dehors, (a m pari ni se leva et courut vers la fenêtre ; écartant doucement le rideau de velours, il colla son œil sur la vitre. Une ombre se détachait au dehors dans la nuit, sur le balcon ; cette ombre était celle de l'Arménien.

Camparini examina ensuite la boiserie intérieure de la chambre et il fit un signe de contentement.

— 11 a dû tout entendre, murmura-t-il. Dans quelques instants Chivasso saura ce qui vient d'avoir lieu et il agira. Allons! tout marche I

Un soupir qui expira sur les lèvres d'Uranie, semblable à un râle douloureux, rappela Camparini près de la jeune fille.

— Venez 1 dit-il en la soutenant pour qu'elle parvint à se lever et à marcher, venez, mon enfant, et ne craiguez rien ; cette fois, vous êtes convaincue que celui "qui vous parle est votre meilleur ami. Venez, ayez confiance, et peut-être que bientôt Léopold vous sera rendu !

— Léopold ! murmura Uranie.

— Sans doute vous l'aimiez, et peut-être dépend-il de vous de le faire libre?

— Libre, lui! s'écria Uranie en s'arrètant subitement et en retrouvant toutes ses forces. Libre! dites-vous et cela dépendrait de moi?

— Lucile n'est pas voire sœur, vous l'avez dit, votre père l'a déclaré formellement par acte écrit de sa main. Cet acte est en votre possession, je le sais. Donnez-lemoi.

— Cet acte? répéta Uranie en hésitant.

— Oui! dites-moi où M. de Neoules l'a caché? Uranie regarda fixement son interlocuteur.

— Pourquoi me demander ce secret? dit-elle. Comment sa connaissance peut-elle faire rendre la liberté du vicomte?

— Vous le saurez plus tard! Voulez- vous qu'il soit libre?

-Oui!

- Eh lien1, dites où sont ces papiers!

— Mais... fît Uranie avec crainte.

— Oh! interrompit Camparini avec une froideur marquée, du moment que vous n'avez pas confiance entière en moi, mademoiselle, il me faut attendre... Soit! attendons!

Emmanuel rentrait alors annonçant que sa gondole était à la disposition de Camparini et de la jeune fille. Tous trois quittèrent la bibliothèque.

Au même instant, sur le balcon, l'Arménien, après avoir de nouveau appuyé la main sur la scupture de la muraille, s'élançait par-dessus la balustrade, saisissait la corde et se laissait glisser rapidement. Deux bras vigoureux le reçurent et il se trouva dans le salon d'une gondole.

Arrachant rapidement ses autres vêlements et son masque, le mystérieux personnage apparut revêtu d'un costume fort simple de gondolier : prenant dans une boite placée sous la banquette une énorme barbe postiche, il se l'attacha au menton avec un aisance dételant une grande habitude de travestissement.

Sortant alors du salon, il passa à l'arrière, prit la rame, et du geste il envoya l'autre gondolier à l'axant. En quelques secondes, la gondole gagna le canal Foscari et stationna devant le palais. Eu cet instant, une autre gondole arrivait au pied de l'embarcadère : c'était celle du baron dans laquelle Camparini faifcait monter alors la jeune fille. Emmanuel prit place (gaiement et l'embarcation s'éloigua dans la direction du grand canal.

L'autre gondole, celle dans laquelle était l'Arménien, s'élança dans le sillage de la première. Arrivée à la hauteur du grand canal, elle se jeta de côté et narul s'engager dans une voie étroite s'enfonçant sur

la gauche; mais presque aussitôt, manœuvrant avec une habileté extrême, elle ressortit et, demeurant dans l'ombre épaisse que projetaient les hautes maisons, elle recommença sa course, suivant toujours, mais de loin cette fois, la gondole qui emportait Camparini, Uranie et le baron de Berval.

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