‹ Le tambour de la 32e demi-brigadeChapitre 59 sur 220 · LA REDDITION · texte numérisé non relu

LA REDDITION

La bataille de Rivoli venait d'avoir lieu : la troisième année levée par l'Autriche était détruite, anéantie, perdue comme l'avaient élé les deux premières ; encore celte lois les Français avaient combattu durant trois jours, el les treule mille hommes de Bonaparte ava'ent fa il vi i»g t- trois nulle prisonniers et avaient tué plus de sept mille Autrichiens. L'année d'Italie venait de se faire un nouveau lil de lauiiers et elle se prélassait heureuse, confiante et Eère, se reposant eu lin de ses latigues : rien à l'horizon ne la menaçait plus. Deux jours après celle mémorable victoire, la 32e, qui avait été dirigée à la hàle sur Mautoue, où élait toujours enfermé Wurinser, venait d'établir sou campement. Au milieu du bivac des soldats se dressait la leule du général Sérurier, commaudaul le siège. Il élait sept heures du soirel les feux des caulines brûlaient avec un éclal attestant que les marmites, ceite fois, n'étaient plus veuves.

Soldats et sous-officiere causaient en se chauffant et en attendaut l'heure du repas. Parmi ces groupes qui entouraient la teute du général, il eu était un composé d'une douzaine de soldats , qui paraissaient causer avec une animation extraordinaire. Un homme de haute taille dominait ce groupe et était évidemment l'orateur écoulé : c'était notre ancienne connaissance, Rigoberl Rossignolet ; mais qui eût vu Rigobert au commencement de la rampa frite eût eu grand'peine à le reconnaître alors.

L'uniforme usé, détérioré, qui jadis couvrait à peine son lorse herculaen, avait été remplacé par un magnifique babil, dont les broderies eussent pu lutter avantageusement avec celles d'un sénateur vénitien. Un chapeau colossal recouvrait son crâne, el, sur ce chapeau, se dressait un plumet qui eût pu délier avantageusement uue des houpes du dais du saintpère. Rigoberl semblait transformé ; seule, la canne était toujours le vénérahlejouc orné de sa ponjme gigantesque, qui comptait autant de campagnes que le tambour-major en comptait lui-même. Autour de Rossignol, t étaient les soldats de la 32», et, parmi eux, Gringoire, Romulus. T irniquel, dont les uniformes bien brossés, bien astiqués, lultaieulde brillant avec celui de l'illustre major. D'une marmite voisine s'échappait un fumet qui chatouillait l'odorat de la façon Ja plus engageante. A peu de distance, les remparts de Maiiloue s'étendaient el formaient un foud au tableau.

Naturellement la conversation des eoldats avait trait à la bataille accomplie l'avant-veille, et chacun avait sou anecdote à rapporter.

— Pour être vrai, disait Rossignolet en se balançant gracieusement, Rivoli est une manière d'ét renne a scr proprement Offerte au citoyen général eu chef. Excusez, s'il n'est pas conteut, il viendra le dire.

— Il i si m'h et reilaiu, dit Torniquel, qu'eu laitd'étrennes le petit caporal n'a pas volé les siounes ; on a un peu travaillé en l'an IV de la République une et indivisible.

— Reaulieu, Wurmseret Alvinzyen savent quelque chose.

— Eh ! les autres, cria Romulus, si le géuéi al ne s'est pas croisé h s bras, il faut dire aussi que uou» avons un peu remue les jambes ; quel ruban de queue sur la graud'ioute de la victoire 1

— Et de la gloire, ajouta Rossignolet.

— Voyons, reprit Torniquel, remémorons un peu la situation. Nous étions ireute mille à Mouienolle?

— Kl maintenant nous sommes?

— Trente mille encore !

— Du même au même, alors.

— Oui; mais nous avons bien laissé vingt mille camarades durant la promenade.

— C'<st-a-dire que le Directoire n'a fiit que boucher les trous que le canon autrichien faisait dans nos ran lis.

— v^a, c'est vrai!

— Oi -doue, cel i fait comme qui dirait une cinquantaine de mille de Français; mainteuanl complonsles Autiichb-us !

— C'est facile, dit Rossignolet : Beaulieu en avait soixante mille...

— Et Wurmser quatre-vingt mille !

— Eu tout cent quarante mille ; en y ajoutant les soixante mille récemment brossés d'Alviuzy, nous disons deux cent mille.

— El le pouce 1 ajouta Romulus.

— Là-dessus, d'après les bulletins, nous en avons pris au moins quatre-vingt mille et tué vingt mille.

— Sans surfaire, dit Russiguolel. Pour élre juste, faut ajouter que. nous avons Uou/.e grandes batailles, où le chiendent y était eu grand, el une soixanlaiue de petits combats, histoire de rire et de passer son temps agréablemeut.

— El dire que le général en chef était partout!

— En voilà un capable de faire la guerre aux autres ! Enfoncés les Beaulieu, lesAlvmzy el les Wurmser!

— Oh 1 le vieux n'en a pas pour longtemps, dit Gringoire en désignant les murailles de Manloue qui apparais-aieut vaguement à l'horizon.

Eu ce moment un roulement de tambour retentit au loin.

— A vos caisses, mes amours ! cria brusquement Rossignolet.

On apercevait, eu dépit des ténèbres naissantes, un petit cortège qui se dnigeail vers la leule de Sérurier. Ce cortège se composait d'ofdciers d'iat-major escortant un homme revêtu d'un costume de géuéra] autrichien. Ce général se nommait Klenau el était envoyé comme parlementaire par Wurmser. Le cor! passa; Klenau mil pied à terre devant la tente de S rurier et pénétra dans l'intérieur. Les soldats, qui avaient couru aux armes pour rendre les honneurs militaires, reprenaient alors leurs ébats autour îles cantines. Rossignolet, sa canne passée sous son 'briu, se promenait gravement à quelque distuice des causeurs : le digne major paraissait rechercher la solitude pour se livrer a ses réflexions.

Eu avançai. i lentement, il dépassa un groupe d'officiers d'éial-major qui stationnait a peu de disla delà lente du général. Celle lents avait ses draperies relevées, el, comme une petite lampe brillait sur tino table placée au centre, ou pouvait I tellement voir ce qui 86 pas-ait à l'intérieur.

Sérurier el Klenau étaient assis tous deux de chaqiir coté do la table et paraissaient .li-euler ehaudemenl. Rossignolet continua à s'.ivaneer, el sans intention évidente, il arriva si près de la tente qu'il pouvait non seulement voir, mais encore entendre Quelques soldats étaient assis sur le gazon; un arbre se d>o-sait abritant de ses rameaux la tente Au général. Près île cel arbre, l'épaule appuyée au troue, se tenait un homme de taille moyenne, enveloppé des

LE TAMISOlIR DE LA 3Î" DEMI-BRIGADE

ni

pieds à la tète ttatis uu loug mauteau qui iiuii 8eu4emenl dérobail entièrement sou uuifor tee, niais encore cachait une partie de son visage. Un chapeau a cornes très simple était enfoncé sur le Iront. Roseigfiolel lança un regard dédaigneux surcet hommedouL il >e voyait que le dos, placé comme il l'était.

— C'est un ris-pnin-.--el ! niurmura-t-il en prenant évidemment l'inconnu pour un fournisseur.

La discussion continu .il à l'intérieur de la tente entre Kienau et Serurier; Wurmser, renfermé dans Mantoue et qui avait tout espéré d'Alvinzy, était en proie au plus violent déses] on- : Ba situation et celle de la malheureuse ville étaient horribles ; les vivres manquaient depuis longtemps, les -derniers chevaux venaient d'être mangés, et une épidémie etirayante venait se joiudreà la lamine. Une plus longue résistance eût été contraire au*, luis de l'humanité ; le vieux maréchal autrichien avait l'ait preuve d'un noble eoUrage et d'une rare opiuià relé : il pouvait songer à se rendre ; c'était dan -celte mteulion que la veille il avait fait annoncer à Séi urier que le générai Kleuau se rendrait le lendemaiu.au camp lïauçais comme parlemeutaire.

Kienau, pour obtenir de meilleures conditions, parlait des ressources saus nombre que pos-edad Wurmser; Serurier combattait ses .assertions, et chacun maintenant son dire avec énergie, la discussion menaçait de devenir orageuse. Tout à coup l'iiomiiie enveloppé dans son manteau, qu'avait remarqué Hcssignolet, quitta l'arbre auquel il était appuyé, et, traversant d'un i as rapide la zone lum.neuse qui entourait la tente, il pénétra auprès des deux généraux. S'avançanl brusquement, il saisit sur la table lepapier contenant les [impositions faites par Wurmser et se mit à tracer au crayon quelques lignes en marge.

Tout cela s'était accompli avec une telle rapidité que ni Serurier ni Kienau n'avaient pu tener un mouvemeul pour l'empêcher. L'homme était toujours enveloppé de sou manteau.

Kleuau fut le piétiner qui revint de sa surprise; faisant uu mouvement brusque, il se leva pour ressaisir le papier, niais l'inconnu lai-sa tomber sou manteau et se découvrit : Kleuau et Serurier poussèrent un même ci i de surprise.

— Tenez! dit le nouveau venu sans paraître remarquer l'émotion .les deux interlocuteurs, voili les conditions que j'accorde à votre maréchal. S'il avait seulement pour quinze |Ours de vivres et qu'il parlât de se rendre, :1 ne mériterait aucune capitulation houorable. Puisqu'il vous envoie, c'est qu'il est réduit à l'extrémité. Je respecte sou âge, sa bravoure et ses malheurs; |e lui accorde la permission de quitter librement Manloue vec tout son état-major; je lu; accorde en plus deux cents cavaliers, cinq cent^ hommes à son choix et six pièces de canon, pour que sa s oit pas Humiliante. Qu'il sorte de la place demain; dan- un mois ou dans six, il n'aura des condilious m n,- il mi- s ni idres; il peut rester tant qu'il conviendra a son honneur!

Et et mine K en i i ouviail la bouche pour répondre :

— Je n'ai rien à ajouter ni rien à entendre, continua celui qui venait de termiuer si iuopiuémeut celte scène.

En achevant ces mois il quitta la tente, mais la lueur des l-ux éclairait eu plein son visage que ne recouvrait plus le manteau. .

— Vive le général Bonaparte 1 hurlèrent les soldats avec fiénésie.

— Tonuene d'imbécile que je suis! s'écria Rossignolel eu se douuaut uu énorme coup de poing dans le creux de l'estomac, moi qui l'ai pris pour uu rizpain- sel I

Et Russignolet, pivotant sur lui-même, ouvrait le compas de ses longues jambes pour se rapprocher de

son général et le COntempler l'aiSfij quand il se heurta brusquement contre un domino qui venait de s'élancer en a vaut.

— Prends donc garde, grand... commença le major. .Mais, s'arrèlaut brusquement :

— Bigre! fit-il; comment, c'est...

— Où est Maurice? demanda le nouveau venu.

— Mon commandant? dans sa lente, eudrain de se faire panser, car ses blessures le fout cruellement souffrir.

— Cours le chercher, qtfil réunisse ses forces, qu'i se lève, et qu'il se traîne jusqu'ici.

— Mais...

— Cours donc! il le faut.

Et l'homme poussa rudement le tam'bour-m jor, le lança dans la direction indiquée, puis il s'avança lésoluinent vers le général Bonaparte.

— Général! dil-ileu s'jirrèùnl à deux pas du jeune héros.

Le gêné al coulempla d'en coup d'œil rapide, de ce coup d'oeil qui lui était particulier, celui qui venait ainsi de lui barrer le passage.

— Vous êtes le comte d'Adure? dit-il.

— Oui, général.

— Que voulez- vous?

— Vous demander la ferveur de quelques minutes d'entretien : il s'agit d'un cas urgent.

Le général avait lait signe au comte de le suivre à l'écart.

— Parle-/! dit-il.

— Général, commença le comte, la demaurie que je vais vous adresser ne devait pas être fane- par moi, elle devait l'être par le commandant 11 dlegarde, mais' deux blessvres reçues il y a trois jours l'ont eonii aint a demeurer sous sa tente. Nous ignorions fous votre arrivée au camp, ce n'est qu'il y a quelques minutes que l'euthousiasme des soldats uous l'a rnniélée; j'ai fait préveuir le commandant, s'il peui se soutenir il va venir près de vous; mai.-, daus le cas contraire, j'ai voulu vous parler moi-même.

— Qu'est-ce donc que le commandant veut me demander?

— il n'a osé vous le dire, général. Lorsque le matin même de la bataille nous sommes arrives au quartier général, le commandant vous a tendu uu compte rapide et lidèle de sa mission accomplie daus .les Etats vénitiens.

— Compte exact, je le sais.

— Oui, général, il a tout d'abord rempli son devoir, mais, ce devoir accompli, Mauiùce voulait vous parler de lui-même et solliciter votre protection rtiaUvemeut à ses affaires particulières.

Le général iïotioi les sourcils.

— Je connais foute cette affaire ténébreuse à laquelle vous faites allusion, dit-il; Maurice l'a confiée -à Bertlner qui l'aime, el Berthier me l'a racontée à son tour. Malheureusement je ne puis rien, je n'ai aucune influence a Venise, vous le savez.

— Mais, général, il -est une chose que vous ignorez, c'est que l'une des deux jeunes tilles dout il s'agit a été recueillie jadis par uu homme que vous connaissez.

— Qui cela?

— Le citoyen Neoules.

— Neoules! répéta le générai eu paraissant'Chercber dans ses souvenirs.

— Rappelez-vous le siège de Toulon.

— Toulon ! je me souviens... Deux hommes avaient été tués, c'étaient des émigrés que l'on accusait de trahison; les représentants voulaient insulter leurs cadavres et je me suis opposéàcetle action. i>s Aews. hommes morts étaient, je crois, les pareils de ce citoyeu Neoules, e t il m'avait conservé une vive reconnaissance de mou utile mteiveution.

— Eh bien! général, l'une de ces jeunes tilles avait été adoptée par ce citoyen Neoulcs.

Bonaparte frappa du pied avec impatience.

— Milheureusement, je ne puis rien! dit-il.

Le. général et le comte se tenaient à l'ombre de la truie de Sérurier qui les abritait du feu du bivac devant lequel se chauffaient les soldats de la 32e. Autour d'eux, à distance respectueuse, se tenait un cercle Je curieux. Tout à coup un homme, se soutenant difficilement, força ce cercle et s'avança vers le général. Cet homme, qui portait l'uniforme de chef de bataillon, se traluait plutôt qu'il ne marchait : il avait un bras eu écharne et la tau» ceinte d'un bandeau ensanglanté.

Un faux pas, causé soit par la faiblesse, soit par la précipitation avec laquelle il s'élançait, faillit le faire tomber, quand Rossignolet bondit et arriva à temps pour le retenir. Le blessé se cramponna au bras du tambour-major et parvint, par un effort suprême, jusqu'auprès du général. Rossignolet se recula en saluant militairement.

— Commandant Bellegarde, dit vivement Bonaparte, pourquoi avoir quitté l'ambulance?... Vous soutirez !

— Général, répondit le nouveau venu, je voulais vous parler, je voulais vous demander...

— Je ne puis rien! interrompit le général avec impatience; je connais votre situation, je sais ce que vous désirez, mais Venise me déteste trop pour chercher à m'ètre agréable et ne n»a «ïraint pas encore assez pour m'obéir.

— Général 1 balbutia Maurice.

Bonaparte regarda le commandant.

— Oui, oui, reprit-il avec impatience, je comprends tout se qui se passe en vous, mais encore une fois je ne puis rien, si ce n'est vous laisser à Vérone. Vous êtes blessé, allez-vous reposer là et vous guérir. Dmain, Berlbier vous donnera une lettre pour le général Bal- !and, qui vous prendra pour aide de camp. Les compagnies de dépôt de la 32" séjourneront à Vérone... El qui sait? à Vérone, vous serez près de Venise.

— Général ! s'écria Maurice qui comprit la pensée secrète de son jeune chef, oh ! je veux...

— Assez, interrompit Bonaparte, vous êtes faih) allez vous reposer; demain, si vous pouvez supporter le cheval, vous partirez pour Vérone.

Et Bonaparte, tournant rapidement sur ses talons, abandonna les deux amis. Maurice, très ému, s'appuyait sur le bras du comte.

— Mon commandant, dit une voix rude, voulez-vous ma canne?

Maurice se retourna, Rossignolet était derrière lui.

— Ça vous aidera à marcher, poursuivit le major. Maurice accepta en souriant l'aide que lui offrait son

subordonné.

— Rossignolet, lui demanda-t-il en marchant, pense tu toujours à Bibi-Tapiu?

Rossignolet tressaillit si brusquement qu'il chancela comme si un coup violeut l'eût atteint en plf'-ie poitrine et il devint fort pâlo.

— Bibi-TapinI murmura-t-il.

— Oui, reprit Maurice, penses-tu toujours à lui?

— Toujours, mon commaudaut; je l'aimais, cet enfant, et si je savais tant seulement où il est à cotte heure...

— Que ferais-tu?

— J'irais le chercher, dit énergiquement le major, quand munie qu'il serait au lin fond de la lune!

Maurice regarda fixement le major.

— Ainsi lu aimes assez cet enfant, reprit-il. pour lui i ." i ihi'i momentanément une part de gloire! Laissurastu l'armée s'avancer, et consentirais-tu à demeurer eu arrière puur teuler de délivrer Bibi-Tapiu?

— Oui, répondit vivement le major, si toutefois mes chefs m'en obtempéraient la permission.

— Alors demain tu pai liras avec moi pour Vérone.

— Demain ? dil Rossignolet avec élonnement.

Les trois hommes atteignaient alors l'entrée de la feule du commandant.

— Demain, viens ici après la diane battue, dit Maurice en adressant un geste amical au major.

Maurice et le comte pénétrèrent sous la tente. Un homme assis dans un coin vint vivement au-devant d'eux, c'était Jacquet.

— Le général consent-il? demanda précipitamment l'agent de police.

— Non, dit Maurice, il ne m'a môme pas laissé formuler ma demande; il comprenait ce que je voulais, mais il ne peut rien à Venise.

— Je vous l'avais dit.

— Mais il m'envoie à Vérone servir d'aide de camp au général Balland qui commande la place.

La physionomie de Jacquet refléta un éclair joyeux.

— Il cousent à ce que vous quittiez l'armée, dit-il,. il vous envoie à Vérone?

— Oui.

— Ohl rien n'est perdu alors; ne quittant pas le territoire vénitien, nous pourrons agir tous. J'ai prévenu ies citoyens Bonchemin et le Bienvenu. Avaut peu, leur corsaire déguisé viendra croiser dans les eaux du Lido. De Vérone à Venise, la route est courte.

— Oui, dit le comte, et dans le dépôt de la 32e, qui sera en garnison à Vérone, nous trouverons des bras vigoureux et des cœurs dévoués.

Jacquet croisa ses bras sur sa poitrine.

— Eh bien! dit-il avec un acceut de triomphe, je vous avais bien dit, commandant, qu'il ne fallait qu'attendre f Croyez-vous maintenant que mon plan était bon? avant trois mois, Camparini sera en France et alors je réponds de tout.

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