‹ Le tambour de la 32e demi-brigadeChapitre 91 sur 220 · GI · texte numérisé non relu

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l'entouraient. On se désignait ces héros faisant cortège au vainqueur, on se demandait leurs noms, on se rappelait leurs hauts faits.

— Alors, reprit Gorain en s'enhardissant un peu et en tirant Rossignolet par la basque de son habit; alors, citoyen soldat, tu as vu souvent le général Bonaparte ?

— A peu près tous les jours depuis l'ouverture de la campague, répondit le major ; c'est-à-dire toutes les fois que nous n'étions pas à vingt lieues l'un de l'autre.

— Et tu lui as parlé? demanda Gervais.

— A preuve que c'est moi, Rossignolet qui vous parle, qui lui a conféré son grade de caporal !

— Caporal? répétèrent à la fois les deux bourgeois.

— Et qu'il en était fier!

Gorain et Gervais crurert que Rossignolet se moquait d'eux.

— Oui, poursuivit le major, c'était après Mondovi, l'enfaut y et <il !... Pauvre petit !... Oùsqu'il est à cette heure!... Eufin...

Un grand mouvement qui avait lieu dans l'enceinte attirait alors l'attention générale et interrompit la réflexion que Rossignolet se faisait à lui-même. Barras avait acîievé son discours. Deux généraux s'avançaient accompagnés du ministre de la guerre : c'était l'illustre Joubert et le brave Andréossy.

Tous deux portaient un drapeau admirable : c'était celui que le Directoire venait de. donner, à la Qn de la campagne, à l'armée d'Italie, c'était la nouvelle oriflamme delà république. Cedrapeau était chargé d'innombrables caractères d'or formant ces phrases éloquentes, disposées ainsi :

«L'armée d'Italie a fait ISO, 000 prisonniers, elle a pris 170 drapeaux, 550 pièces d'artillerie de siège, 600 pièces de campagne, 5 équipages de pont, 9 vaisseaux, 12 frégates, l'i corvettes, 18 galères.

« Armistices avec les rois de Sardaigne, de Naples, le pape, les ducs de Parme et de Modèue.

« Préliminaires de Léoben.

« Convention de Montebello avec la république de Gênes.

« Traités de paix de Tolentino, de Campo-Formio.

« Donné la liberté aux peuples de Bologne, de Ferrare, de Modène, de Massa-Carrara, de la Romagne, de la Lombardie, deBrescia, de Bergame, deMautoue, de Crémone, d'une partie du Véronais, de Chiavenna, de Bormio et de la Valteline ; au peuple de Gènes, aux Cefs impériaux, aux peuplesdes départements de Corcyre, de la mer Egée et d'Ilbaque.

« Envoyé à Paris les chefs-d'œuvre de Michel-Ange, du Guerchin, du Titien, de Paul Véronèse, du Corrège, de l'Albane, des Carraches, de Raphaël, de Léonard de Vinci, etc.

« Triomphé en dix-huit batailles rangées :

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