‹ Le taoïsmeChapitre 13 sur 99 · I.ES ORIGINES DU TAOISME · texte numérisé non relu

I.ES ORIGINES DU TAOISME

dre au Tao ; on ne saurait arriver à la Vertu. Le sentiment d’Humanité, on peut l’acquérir; mais la Justice ne saurait être obtenue. Le Cérémonial est l’hypocrisie mutuelle l. On peut dire en conséquence : Lorsqu’on perdit le Tao, la Vertu le remplaça ; lorsqu’on perdit la vertu, le sentiment d’Humanité la remplaça ; lorsqu’on perdit le sentiment d’humanité, la Justice le remplaça ; lorsqu’on perdit la justice, le Cérémonial la remplaça. Le cérémonial est la floraison (c’est à dire la dernière dégénérescence) du Tao et le principe du désordre. C’est pourquoi il est dit : « Ceux qui pratiquent le Tao repoussent chaque jour davantage l’hypocrisie du cérémonial jusqu'à ce qu’ils soient parvenus à l'Inaction ; et du moment où ils sont parvenus à l'Inaction, il n’y a rien qu’ils ne puissent faire 2. »

Ce passage rappelle certainement les théories du Tao-teh King au sujet du non-agir 3 ; mais il est bien difficile de savoir si Tchouang-tse les a réellement empruntées à un auteur plus ancien que Lao-tse, ou s’il n’a fait qu’attribuer par caprice les conceptions de ce philosophe à l’empereur Hoang-ti.

Les livres de Lieh-tse et de Tchouang-tse renferment d’ailleurs une foule de passages daus lesquels on rapporte des paroles attribuées à d’autres sages de la haute antiquité, sans que nous ayons les moyens de savoir quelle somme de crédit il convient de leur accorder. Ces passages sont-ils suffisants pour nous permettre d’ap-

1. Allusion à l'École de Confucius qui considère le Cérémonial et les llitescoinme unedesbases les plus importantes de l’édifice social. — Le cérémonial est pratique en Chine par toutes les classes de la population et dans toutes les circonstances de la vie publique ou domestique.

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