Sse-ma Tsièn, Libr. cit., p
TAOÏSME :i
dans le Ki-tcheou, province actuelle du C/ien-si ; d’autres critiques y voient la barrière de Han-kouh , située à 12 lis au-sud-ouest du district de Tao-lin , département de Chen-tchcou , province actuelle de Ho-nan'. Je n’ai pas jugé inutile de consigner ici ces détails fastidieux, ne fut-ce que pour refroidir le zèle de ceux qui veulent tirer de graves conséquences du « voyage de Lao-tse à l'Occident ». Il leur suffira de jeter les yeux sur une carte de Chine pour savoir à quoi s’en tenir sur les probabilités de la brillante hypothèse soulevée sur les dernières années de la vie de l’illustre contcmporain.de Pythagore !
La légende qui attribue à Lao-tse des voyages lointains dans la direction de l’Ouest est d’invention relativement moderne et ne mérite aucune confiance: elle doit être reléguée dans ce vaste ensemble de récits fabuleux et trop souvent grotesques, où les taosséiste^ ont noyé le peu de faits réels que l’on possède sur celui dont ils ont voulu faire le prétendu fondateur de leur religion.
Ainsi que jel'ai dit plus haut, la notice de Sse-ma Tsièn est le seul document incontestable que nous possédions sur l’histoire de Lao-tse. Néanmoins il n’est peut-être pas impossible de tirer partie de certains passages des écrits deLieh-tse et de Tchouang-tse où il est question de ce philosophe. Si ces passages n’éclaircissent pas
i. Kou-hiang-tckài Kien-chang sm-ichin Sse-ki, Iivr. lxiii, p. 2. — Le Pei-wen-yun-fou ne donne nullement, l’identification de cette barrière avec celle de Han-kou comme un fait établi, ainsi que le prétend Stanislas Julien, mais seulement comme une des opinions énoncées sur ce problème de géographie historique. (Iivr. xv, p. 5'. Suivant un commentateur, il s'agirait de la barrière dite San-kouan.
Yoy. Tao-teh King t&ih-tchu, Prolégomènes, p. 2 .
LA VIE DE LAO-TSE
grand chose au point de vue biographique, ils sont certainement intéressants pour l'intelligence et l’appréciation des doctrines de l’éminent, émule de Confucius.
Lieh-tse cite quelques paroles que l’auteur du Tao-teh King aurait prononcées dans un entretien avec le philosophe Yang-tse 1 représentant de l’École de l’Égoïsme insouciant, fort attaquée par Mencius. Mais il s’agit évidemment d’un entretien supposé, puisque Yang-tse vivait, dit-on, au IVe ou Ve siècle avant notre ère; et par conséquent après la mort de Lao-tse 2.
Il ne faut sans doute pas attacher plus de confiance à l’entretien de ce philosophe avec In-tse, le fameux gardien de la barrière où s'arrêta Lao-tse, dans son voyage vers l'ouest 3. Cet entretien est toutefois très caractéristique et mériterait d’être étudié, ne fut-ce qu’au point de vue des idées qui avaient cours chez les taoïstes immédiatement après la disparition du fondateur de leur école. J’aurai l’occasion d'y revenir.
Tchouang-tse, à son tour, fait de nombreuses mentions de Lao-tse. Dans le troisième chapitre de son livre, il est question de la mort de ce philosophe, sur laquelle Sse-ma Tsièn garde le silence, et des derniers devoirs que vint lui rendre un ami du défunt nommé Tsin-chih 1 ; mais il n’v a rien de plus que la men-