‹ Le taoïsmeChapitre 26 sur 99 · Lao-tse yih, p · texte numérisé non relu

Lao-tse yih, p

l'avantage de posséder toute une cour de disciples comme celle qui entoura Confucius pendant sa vie et lui donna l'apothéose après la mort ; que le Bouddhisme enfin avait déjà pénétré la civilisation chinoise de part en part, à l’époque où le plus grand monument du Taoïsme trouva ses premiers éditeurs et ses premiers interprètes.

Je ne veux pas dire par là que la doctrine de Lao-tse n'avait pas eu de précédents en Chine, qu’elle n’était pas la conséquence d'un courant d’idées antérieures à sa manifestation. Assurément non. J’exposerai ailleurs les motifs qui me font admettre, au contraire, que la philosophie taoïste se rattachait par plus d’un lien aux croyances les plus anciennes du peuple chinois. Mais rien ne nous autorise à dire qu’avant l'apparition du grand Philosophe, la Chine avait su formuler des idées aussi profondes et parfois d une portée aussi extraordinaire.

Nous ne possédons jusqu’à présent que des indices incomplets et à bien des égards insuffisants sur l’histoire des anciens manuscrits qui ont servi à transmettre d’àgc en âge le texte du Tao-ieh King, jusqu’au moment où il a été livré pour la première fois à l'impression.

Un manuscrit dit ’An-kieou wang peu fut trouvé par un taosse du nom de Keou-kièn, pendant la période Taï-ho qui dura de 477 à 499 de notre ère.

Un autre manuscrit célèbre, auquel on a donné le titre de Hiang-yu tsieh pen « Manuscrit de la femmesecondaire de Hiang-yu » fut découvert un peu plus tard par un homme de Peng , en ouvrant le tombeau

d’une des épouses d’un certain Hiang-yu *, la 5e année de l’ère W ou-ping , c’est-à-dire en 574 de J. -G., sous la dynastie des Tsi-Septentrionaux.

On cite aussi un manuscrit qui aurait été beaucoup plus ancien que les deux précédents et dont il est souvent question dans les travaux de critique sur le livre de Lao-tse ; mais il demeure les plus grands doutes à son sujet. Ou l’attribue à ce même Ho-chang Koung dont j’ai parlé comme d'un personnage sur lequel il plane bien des incertitudes. D’après les bibliographes indigènes, ce manuscrit fut transmis à la postérité par un lettré en retraite 1 2 du pays de Tsi, lequel portait le nom de Kieou-goh. On raconte qu’il renfermait 5355 caractères, ou suivant une autre assertion, 5590 caractères 3.

Ces manuscrits sont, au dire des auteurs chinois, les plus anciens dont on ait connaissance ; et un écrivain indigène prétend qu’ils contenaient tous les trois également 5722 caractères. On ajoute qu’ils sont conformes aux citations de Lao-tse que l’on rencontre dans la section de l’ouvrage du philosophe Han-feïtse intitulée Yu-lao 4.

J’ai trouvé, en outre, la mention succinte de plusieurs autres vieux manuscrits du Tao-teh King. Outre le texte officiel ( kouan-pen ), conservé à Loh-yang et dont j’ai déjà parlé, on cite celui de Wang-pi,

1. L’histoire de ce personnage se trouve dans les Annales impériale s des Han, section Hiang-tsih tchouen. 11 était originaire de Hia-siang. Après avoir occupé de hautes charges dans son pays et s'ètre même arrogé le titre de roi, il se donna la mort en l'an 201 av. notre ère. (Sse-ma Tsièn, Sse-ki, livr. vii).

2. Tchou-sse signifie ■< un 1. ttré qui a résigné ses fonctions publiques », et non ■ un sage », comme le dit Julien.

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