The Divine Classic of Nan-hua, 1881, Excursus, p. xxxv
LA DÉFINITION DU TAO
puissance ou cause distincte des effets que nous voyons autour de nous. L’abbé Callery, qui prétend que Lao-tse et Confucius avaient sur « cet être mystérieux » appelé Tao des idées à peu près identiques *, se demande s’il ne faut pas adopter pour son explication « la Vérité éternelle, la Raison divine, l’essence de Dieu lui-même ; » et ailleurs le même sinologue est tenté de traduire par « la Vérité », dans l'acception abstraite la plus étendue 1 2. M. Victor von Straus n’hésite pas à interpréter le terme fondamental de la doctrine taoïste par « Dieu » et il incline même à trouver la mention du nom de « Jéhovah », comme Lavait fait Abel-Rémusat, dans le texte de Lao-tse 3 4 5. Enfin le sinologue Fréd. Neumann, de Munich, croit pouvoir rendre les mots Tan-teh King par « le Livre de la Force et de l’Action »’’. Je renonce à citer ici les autres valeurs qui ont été données du Tao, en me bornant à faire observer qu'elles rentrent toutes à peu près dans une ligne d’idées analogues à celles que je viens d’énumérer.
Ces définitions, malgré leur diversité plus ou moins formelle % pivotent évidemment autour d’une
1. Dans les Memorie delta B. Aecademia delle Scienze di Torino, Sciences morales, sér. Il, 1855, t. XV, p. 42. — M. Carlo Puini soutient au contraire, que le Tao de Lao-tse n’a rien de commun avec le Tao de Confucius [Il Buddha, Con/'ueio e Lao-tse , p. 413).
2. Dans la Biographie Générale de Hoefer, art. Lao-tze. — Callery ne voit pas pourquoi l'on traduirait par <> voie », expression qui, dans l'espèce, ne signifie absolument rien, par la raison qu’elle signifie tout ce que l’on veut ( Memorie , loc. supr. cit. , p. 42 n.).
3. Lào-lsè's Tào Te king ans dem Chinesischen ins Deutsche iibersetzt, eingeleitet und cominentirt, 1870.