‹ Le taoïsmeChapitre 37 sur 99 · Das Buch von der Kraft und Wirkung · texte numérisé non relu

Das Buch von der Kraft und Wirkung

5. Le Tao, dit M. Chantepie de la Saussaye, désigne le Principe original, l'ordonnancement du monde, la méthode rationelle, et encore bien d’autres choses de ce genre. (Lehrbuch der Reliqionsqeschichte, t. I, p. 253).

môme notion qui tend à se dégager des incertitudes inhérentes à un terme technique que son auteur n’a pas lui-même expliqué d'une façon assez précise pour dissiper les incertitudes. Cependant, avant de chercher à tirer parti du travail des orientalistes qui se sont préoccupés de découvrir la base fondamentale du Taoïsme, il me parait utile de rechercher dans les livres chinois quelques indications pour nous faciliter l'intelligence du problème.

Plusieurs sinologues ont jugé opportun d'examiner les éléments constitutifs du signe de l’écriture idéographique chinois à l’aide duquel est écrit le mot tao. Ces éléments sont au nombre de deux : l’un indique « la marche », l’autre « la tète ». Pauthier s’efforce de leur trouver un sens en rapport avec le système philosophique qu'il prête à Lao-tse. Il les explique, le premier par « marche, mouvement en avant », le second par « tête, principe, commencement », et les deux ensemble par « marche intelligente », et ensuite « voie, voie droite », pris métaphysiquement par « chemin de la vertu, règle de conduite, parole », mais en élevant sa signification jusqu’à l'idée de « souveraine Intelligence directrice, liaison primordiale suprême 1 ». Le Rév. James Legge nous dit à son tour que le caractère tao est composé de deux éléments, l'un signifiant « tète, chef », l’autre « marcher et accomplir un voyage ; par métaphore, il est employé pour « le cours de l’action » ou « cours de la vie », puis ensuite pour a une méthode » ou « règle relative à un tel cours. Dans cette dernière

1. Pauthier, le Livre révéré de la Raison suprême et de la Vertu, p. 5.

LA DÉFINITION DU TAO

acception, il peut être traduit par « doctrines, principes », et par d’autres termes analogues 1 .

Laissons maintenant parler les Chinois, et tout d’abord les meilleurs dictionnaires qu’ils ont publiés.

Le mot Tao, dans la langue commune, a deux significations principales : il répond au substantif « route » et au verbe « parler « ; mais ce ne sont pas pour ces significations qu’il occupe une large place dans les œuvres des lexicographes indigènes : c’était en effet le terme philosophique qu'il s’agissait avant tout d’interpréter et non point l’expression en usage dans la langue populaire. L’emploi de ce terme remonte aux époques les plus reculées de la littérature des peuples de race Jaune. Pour des motifs qu’il serait trop long d’énumérer ici, j’ai été amené à croire qu’à l’origine il avait une seule et même valeur dans les écrits qui appartenaient aux diverses manifestations de la pensée chinoise, et que, même à l’époque de Lao-tse et de Confucius il n’était pas entendu par les hommes de lettres de plusieurs manières différentes. Par la suite seulement, et lorsque les deux Ecoles se furent posées d’une façon définitive en rivales l’une de l'autre, des définitions distinctes furent formulées. Je no veux pas dire par là que Confucius attachait au Tao une idée aussi profonde que son illustre contemporain Lao-tse : le sens général du mot était unique, mais la portée qu’on lui attribuait dans le Taoïsme était infiniment plus haute et plus profonde que celle qu’on lui donnait dans le langage du Confucéisme.

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