James Legge, The Tâo-teh King, 1883, pp
Tao signifiait primitivement le principe supérieur de l’existence : il s'associait de la sorte tout à la fois à l’idée de « puissance vitale et créatrice », et à celle de « règle morale ». C’est dans celte dernière acception qu’on a pu dire « le Tao de la dynastie des Tcheou », pour « le principe gouvernemental et politique de la dynastie des Tcheou 1 ». C’est également dans ce sens qu’on a pu le considérer comme synonyme d’un autre mot tao qui signifie « conduire 2 ». Enfin, parmi une foule d’acceptions empruntées à des passages caractéristiques des plus célèbres écrivains et dont je citerai tout à l’heure quelques exemples, Tao a été rendu par « Raison 3 4, Science \ Principe universel 5 6 et Créateur °.
Si, après avoir pris note de ces explications rudimentaires, on recherche la valeur donnée au Tao dans les ouvrages des principaux écrivains chinois, on s’aperçoit que cette valeur se modifie peu à peu suivant la théorie philosophique (pie ces écrivains ont définitivement adoptée. Tao répond à l’idée de « pénétration » :
1. Tcheou li, litt. « Rites desTcheou» ( Li-ki , sect. Tse-touna). — « Ou entend par Tao la conduite des sages rois » (Kou-lse Tao-teh choueh). — « G’esl au moyeu du Tao qu'on conduit le peuple (Kouan-tchoung, Kouan-tse chou, sect. Kiun-chin, part, i ; — < Ce sont les principes qui servaient aux anciens rois pour diriger le peuple » ( Tcheou-li , sect. Koung-tching , comment.). — Tao est aussi donné comme équivalent, du mot li « les rites « (cf. Siun-tse, chap. Tien-lun et l-ping, et le Lun-yu, chap. Weï-ling).
2. « C’est au moyen du Tao que l’empereur conduit le peuple ». — Tao est également expliqué par « principe traditionnel de gouvernement ».
.‘1. Tchouang-tse, Nan-hoa King, sect. C/ien-sing. « Par raison, dit le commentaire, il faut entendre la soumission aux lois de la Nature » (édit, jap., livr. v, p. 40).
4. Ta-hioh, cité par le dictionnaire Pin-tse-tsièn, au mot tao.
li. Tchouang-tse, Lihr. cil., sect. Tseh-yang (édit, jap., livr. vm, p. 40) ; c'est ce qui recouvre et ce qui supporte tous les êtres. [Ibid., sect. Tien-ti ).