‹ Le taoïsmeChapitre 44 sur 99 · Tao-teh King, chap · texte numérisé non relu

Tao-teh King, chap

choses de la forme, qui en est la manifestation obligée, de « Mère du Monde 1 ».

Ici encore, il faut faire appel à la critique la plus délicate pour ne pas se méprendre sur la signification des termes employés et pour éviter aussi de leur attribuer un sens qu'ils n’avaient peut-être pas dans le Tao-teh King. Le « Non-Etre », dans le Taoïsme primitif, comme dans le Bouddhisme, n’est à aucun titre « le néant ». Pour le qualifier en peu de mots, sans entrer dans de longues disputes que l’étude historique de l’expression pourrait sans doute motiver, il convient peut-être de l’expliquer par l’exclusion de tout attribut relatif à la forme et à la matière. Quant à l’idée du Tao devenant « la Mère du Monde », je crains fort qu’on ne puisse l’éclaircir sans prêter à Laotse des théories sur la création qu’il serait bien difficile de justifier avec le texte si exigu que nous possédons sur sa doctrine. Le plus sage est alors de ne pas poser la question, afin de n’avoir pas à la résoudre d’une manière hypothétique et peut-être même absolument imaginaire.

En résumé, Lao-tse nous prouve par son livre qu’il avait acquis une puissante aperception de la loi du Devenir appliquée à l’univers et à son but ; mais que, faute d’avoir su tirer de cette aperception les conséquences dont elle était susceptible, il n’a pu y découvrir la base d’un système général sur les lois de la vie et de la destinée. De ses théories incomplètes, il ne devait découler aucun enseignement moral et

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