Tao-teh King, livr. xui
4. Sieh-hoeï, cité par Julien (Le Livre de la Voie et de la Vertu, p. 159).
à la fois le primum mobile et le principe immatériel suprême, suivant Tchou-hi et plusieurs autres philosophes. Il a été parfois identifié au Chang-ti, désignant alors un Ciel animé duquel émanent deux puissances appelées leang-i , lesquelles ont produit tous les êtres. C'est la Li, c’est-à-dire le Destin, qui agit suivant des lois déterminées, mais qui diffère du Wou-kih ou Kih négatif, lequel est répandu dans tout l'univers et se rapproche du concept d’une âme universelle1.
Je crains fort que l’interprétation de ce système cosmogonique, et en particulier du passage où Lao-tse s’attache à montrer la dérivation binaire et trinaire du Tao ou unité primordiale 2 soit toujours trop nébuleuse pour qu'on puisse s’en préoccuper en philosophie. Je conserve également des doutes sur la valeur que peuvent avoir les rapprochements qu’on a faits à propos de ce passage avec diverses anciennes théories métaphysiques de l’ancien monde européen3 4, théories d’ailleurs auxquelles on ne s'intéresse plus guère de nos jours. Que le Taï-kih ait été une seule et même chose avec le Tao de Lao-tse qu’on puisse l’identifier au Chang-ti des livres canoniques ou au Pan-kou 1 des âges plus récents, cela me semble d'une médiocre importance, du moment où ces rapprochements ne servent point à nous donner une notion claire et précise de ce que