‹ Le taoïsmeChapitre 60 sur 99 · Tao-teh King, ch. xl ; voy. aussi ch. ii · texte numérisé non relu

Tao-teh King, ch. xl ; voy. aussi ch. ii

de la certitude est le critérium intime, et que l’observation et l’expérience doivent sans cesse nous induire dans le doute « Le sage, dit-il, s’appuie sur son for intérieur et non point sur les déclarations de ses yeux1 2. Cette pensée, dans le Tao-teh King manque d’ailleurs, comme les autres, des développements désirables ; mais elle n'en est pas moins caractéristique de la voie si neuve dans laquelle le Vieux-Philosophe n’avait pas hésité à s’engager, malgré les circonstances défavorables du milieu où il vivait pour l’énonciation de ses théories. Il enseigne en outre que la sagesse consiste à se connaître soi-même 3 4 ; mais le yvwOt csauxov qu’il recommande n’est pas suffisamment expliqué dans son livre ; et cette connaissance, bien autrement difficile à acquérir qu’on est porté à le croire, n’aboutit guère àgrand’chose, si elle n’est pas fondée sur une notion quelque peu complète des phénomènes qui président à l’éclosion de l’être moral, à l’intelligence du concept qui permet de juger du bien et du mal, et à celle des lois qui régissent le développement progressif de la conscience. Le Tao-teh King , se borne à ajouter que celui qui sait vaincre ses penchants est fort, de môme que celui qui sait se suffire est riche \ La suprême indifférence que préconise le Taoïsme rapproche évidemment cette doctrine de celle du Bouddhisme. Néanmoins, le point de contact saillant entre ces deux philosophies se manifeste surtout

1. Voy. à ce sujet la théorie adoptée par Claude Bernard, à la suite , d’une discussion que j’ai engagée avec cet illustre physiologiste, (dans

Schœbel, L'dine humaine , 2e édition, Paris, 1879, p. 22.)

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