‹ Le taoïsmeChapitre 62 sur 99 · Tao-teh King, ch. lxiv · texte numérisé non relu

Tao-teh King, ch. lxiv

le devoir le plus élémentaire nous impose de ne pas augmenter le nombre des malheureux. Le passage où Lao-tse dit que « prolonger sa vie est une infortune1 », a embarrassé il est vrai quelque peu les commentateurs chinois. La théorie opposée du yang-seng , qui invite à veiller à la conservation de la santé, était trop inhérente au caractère de leur nation pour qu’ils soient parvenus complètemenl à s’en départir. Teh-tsing, par exemple, explique ainsi ce passage : « Si l’homme donne satisfaction à ses appétits dans le but de prolonger son existence, il s’attire infailliblement des malheurs et encourt une mort prématurée 2. » Mais cette manière de comprendre l’idée taoïste, la rapetisse sans lui donner une portée philosophique sérieuse.

Lao-tse montre plus de puissance de conception, lorsqu’au Vie siècle avant notre ère, dans le milieu où devait se répandre avec un si prodigieux succès la morale confucéiste, il énonce la pensée que, pour atteindre à l’état de calme et obtenir les avantages du Tao, il faut savoir se dégager des influences de la forme: « Les cinq couleurs, dit-il, rendent l’homme aveugle ; les cinq sons le rendent sourd ; les cinq saveurs lui perdent le goût. Le sage se préoccupe de son organisation intime et non pas de ce qui frappe ses yeux. 3 ».

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