‹ Le taoïsmeChapitre 64 sur 99 · Tao-teh King, ch. xvm · texte numérisé non relu

Tao-teh King, ch. xvm

3. Yoy. notamment Tao-teh King, ch. lxvii. - M. Albert Réville n’hésite pas à dire que « l'amour pratique de l’humanité manque à Lao-tse », et cependant il reconnaît que ce philosophe s'est élevé « à une hauteur morale qui fut ignorée de Confucius » (La Religion chinoise, pp. 401 et 409).

bien sans espoir de rémunération y est transparente dans un passage malheureusement fort obscur et que les orientalistes européens, comme les éxégètes chinois, n’ont pas tous compris de la même façon : « Faire du bien aux êtres et n’attendre aucun salaire, telle est la profonde vertu 1 ». Cet aphorisme est une déduction directe du système d’indifférence préconisé par Lao- Ise: « L’homme qui connaît (le Tao) est inaccessible à la faveur comme à la disgrâce, au profit comme au détriment, à l’honneur comme à l’ignominie 2 ».

La théorie suivant laquelle il faut faire le bien par pur amour du bien, et sans y être convié par la promesse d’une rénumération, procède d’un sentiment généreux : mais il reste parfois des doutes sur la sincérité complète de ceux qui la professent. On a dit souvent que la vertu mercenaire entachait presque toutes les religions, et que le christianisme lui-même n’avait pas su s’en départir. De nos jours, une telle manière de voir est préconisée par beaucoup de bons esprits, mais ce serait un tort de soutenir qu 'elle résulte exclusivement du travail des idées modernes.

L’historien Joinville nous raconte, par exemple, une anecdote qui remonte à l’époque où Saint-Louis était à

1. Tao-teh King, ch. x. — M. de Harlez a donné une explication très plausible du motif qui a porté les Chinois à ne pas admettre le dogme de la rétribution après la vin. « Tout le système de la morale et même de la politique chinoise a pour base le respect filial. Renverser ce principe, ce serait pour les Chinois, détruire l'état, la société, la famille. Or, que deviendrait la Piété filiale si des enfants pouvaient

* regarder leurs parents comme de malheureux criminels condamnés à des supplices d'outre-tombe pour leurs méfaits ? « (Le Livre du Principe lumineux , dans les Mémoires de l'Académie Royale de Belgique, 1885, t. XXXV11, et extrait p. 7).

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