‹ Le taoïsmeChapitre 67 sur 99 · Tao-teh King, ch. xu et xxii · texte numérisé non relu

Tao-teh King, ch. xu et xxii

trouvent éminent, et néanmoins je ressemble à un homme borné : j'ai le cœur d’un homme simple, je suis dépourvu de savoir. Les gens vulgaires sont pleins de clartés, moi seul je suis comme obscurci ; ils ont de la pénétration, moi seul je demeure dans le trouble: je suis vague comme la mer, flottant, comme si je ne savais où m'arrêter1. »

Lao-tse est à peu près complètement muet sur la question de la famille, qui occupe une place si considérable dans les livres moraux de Confucius. C’est à peine si, dans un seul passage du Tao-leh King , il fait allusion au rôle de la femme. « La femelle, dit-il, triomphe sans cesse du mâle par la douceur 2 », parce que la douceur, ajoutent les exégètes, est un sentiment humble qui, au foyer domestique comme dans l’empire, l’emporte toujours sur le sentiment altier.

La « Piété liliale » elle-même, — que l'on peut considérer non-seulement comme le ressort le plus important de la morale chinoise, mais comme le rouage essentiel de l’organisation sociale et politique des peuples de race Jaune3, — n’est l’objet d’aucun précepte dans l'œuvre du Vieux-Philosophe. Il n’en est question qu'à la suite d’un aphorisme paradoxal, en apparence du moins, suivant lequel la sagesse et la prudence sont blâmables, parce qu'elles supposent le fait d’agir que la doctrine taoïste condamne sans pitié : « Si vous renoncez à

1. Tao-leh King, ch. lxvji (trad. Julien, p. 251), et ch. xx.

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