‹ Le taoïsmeChapitre 68 sur 99 · Tao-teh King, ch. lxi · texte numérisé non relu

Tao-teh King, ch. lxi

3. Voy., sur les rapports de la Piété filiale avec les lois de l'évolution civilisatrice en Chine, l’étude que j’ai placée en tête de mon Hiao-king publié en chinois et en français, avec un commentaire perpétuel (Paris, 1889), pp. 21 et suiv.

l’humanité et si vous abandonnez la prudence, le peuple sera cent fois plus heureux. Si vous coupez court à l’humanité et si vous abandonnez la justice, le peuple reviendra à la pratique de la piété filiale et à celle de l’amour paternel*. »

La politique du Tao-teh King découle naturellement des principes qu’il énonce au sujet de la morale et du devoir. Le devoir du Sage, appelé à gouverner un pays, est de maintenir ses habitants dans l'ignorance et la simplicité originelles. Les saints rois de l’antiquité ne pratiquaient pas d’autre système 1 2. Le savoir et la recherche de l'inconnu trouble l’homme et lui retire le calme de l’esprit. C’est pourquoi Lao-tse a horreur de la science. La science, au point de vue où il se place, comme aux yeux de Saint-Augustin 3, n’a pour résultat que de faire naître l’orgueil et la vanité. Un passage, que Julien traduit « si l’homme se délivre des lumières de l’intelligence, il pourra être à l’abri de toute infirmité morale 4 », a donné lieu de penser à certains commentateurs chinois qu’il s’agissait des efforts exagérés de l’esprit qui entraînent l’homme dans l’erreur et le désordre, tandis que d’autres ont cru qu’il préconisait les avantages pour l’àme d’être maintenue dans ce que les taoïstes appellent « le vide ».

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