Tao- teh King, ch. xxix
appartient seulement aux natures d’élite de savoir instruire sans parler et provoquer des résultats heureux sans avoir recours à l’agitation *.
C’est surtout à propos des rites et des pratiques de la courtoisie sociale que la doctrine de Laotse se montre diamétralement opposée à celle de Confucius. Le Vieux-Philosophe est convaincu que la politesse, dans le monde, n’aboutit qu'à faire naître l’hypocrisie, et que le formalisme, dans les relations des hommes, ne sert qu'à masquer les mauvais sentiments du cœur.
Confucius crut découvrir le moyen, par une règlementation des plus raffinées du cérémonial, d’éteindre les sentiments hostiles à l’esprit de concorde qui doit régner parmi les hommes. Le suprême désideratum de la morale politique était, à ses yeux, de rendre supportable pour les masses le joug de l’autorité impériale, sauf à affaiblir le poids de ce joug en faisant accepter aux Fils du Ciel euxmêmes une certaine subordination à des rites reconnus et respectés par tous. Le célèbre moraliste de Lou était tellement convaincu de l’omnipotence du cérémonial, qu’il passa sa vie entière à en régler jusqu’au moindre détail. Il y réussit si bien que, depuis son époque, la Chine n’a jamais cessé de s’y soumettre. Le résultat le plus clair a été de consolider les bases du despotisme monarchique, mais en même temps de tempérer maintes fois ses excès. Plus que toute autre peut-être, la nation chinoise a pris le caractère d’une