Nan-hoa King, édit, jap., livr. v, p
7. ii II y a une limite à la vie, dit-il; mais la Connaissance n’a pas de limite » (Nan-hoa King, ch. ni, édit, jap., t. II, p. 1).
Le premier chapitre du Tchoung-yu tchin King nous montre le développement de la théorie taoïste relative au principe créateur et évolutif *. Lien que cette théorie y soit exposée dans un style énigmatique très regrettable, le passage suivant de ce chapitre est curieux en ce sens qu’il nous montre comment une grande idée a pu s’atrophier par le seul fait des abus d’un langage obscur et subtil à l’excès.
« Le maître 1 2 Lieh-tse habitait au jardin de Tching. Pendant quarante ans, personne, parmi le peuple, n’avait entendu parler de lui ; quant au prince, aux courtisans et aux fonctionnaires publics, ils le considéraient comme un homme ordinaire. Le pays où il résidait étant tombé dans la disette, il résolut de quitter sa maison et d’aller résider à Weï.
« Son disciple lui dit : « Puisque mon maître part sans fixer une date de retour, il me permettra peut-être de lui demander ses instructions. Mon maître n’aurait-il pas entendu la parole de llou-tse 3 ? »
« Lieh-tse lui répondit en riant : « Qu’a donc dit Iloutse ? Quoiqu’il en soit, je vais essayer de t’expliquer ce que mon maître discutait avec l’aveugle Pen-hoën, car j’étais à ce moment à leur côté.
« Il s’exprimait ainsi : « Il existe la vie et la non-vie (qui produit les êtres et n’est pas par elle-même produite) ; il existe la transformation et la non-trans-
1. « Ce dont je suis certain, dit Tchouang-tse, c'est que je tire mon existence active d'un Créateur, mais je n’ai pas vu sa forme ; il possède le sentiment (la Raison), mais il n’a pas de forme » Nan-ltoa King, ch. n; édit, jap., t. II, p. 21).
2. Ce chapitre est attribué à un disciple du philosophe Lieh-tse.