‹ Le Tartuffe des comédiensChapitre 28 sur 43 · ORGON, ELMIRE · texte numérisé non relu

ORGON, ELMIRE

Quand les deux battants de la porte sont retombés, et que Tartuffe a disparu, Orgon soulève le tapis qui le cachait aux yeux du public, et se relève sur ses genoux. Il est pâle, anéanti, il se croise les bras, ou les laisse tomber avec accablement. Cette situation est du plus grand effet, l'acteur n'a rien à faire pour ajouter à son comique; qu'il soit sincère et vrai.

ORGON

Voilà — je vous l'avoue — un abominable homme !

(Très accentué.)

— Je n'eu puis revenir — et tout ceci m'assomme.

ELMIRE

(Elle s'est éloignée de la table dès que Tartuffe est sorti, s'est retournée, et a contemplé son mari sortant de dessous la table.)

(Ton comique d'indifférence, qui contraste avec l'accablement dramatique d'Orgon :)

Quoi ! — Vous sortez si tôt !

Elle est outrée et sou ironie très prononcée témoigne ce qu'elle ressent.

Vous vous moquez des gens !

Rentre^ sous le tapis. — // ri est pas encor temps : Attende^ jusqu'au bout pourvoir les choses siir es, Et ne vous fie^ point aux simples conjectures.

ORGON, écrasé :

Non ! — Rien de plus méchant — n'est sorti de Venfer.

ELMIRE, toujours moqueuse, mais dans le sarcasme on sent aussi le reproche :

Mon Dieu ! l'on ne doit point croire trop de léger. Laissez-vous bien convaincre avant que de vous rendre. Et ne vous hâtez pas, de peur de vous méprendre.

(Le pas de Tartuffe se fait entendre, Elmire se rapproche vivement de la table et « fait mettre Orgon derrière elle ». (Édit. originale.) Ainsi caché, Tartuffe en entrant ne peut l'apercevoir.

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