‹ Le tartuffe des mursChapitre 13 sur 86 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

MARTON , SUDMER , GERCOUR.

SLDMER.

Ah 1 vous êtes visible , Enfin ?

GERCOUB.

Vous craignox tant , vous , d'être reconnu Par des gtns (pii jamais ue vous ont aperçu...

s CD MER.

i\îais Florville et ^ alsain , quand je quittai la France...

GERCOUR

Etaient encore enfans. Le plus âgé, je pense ^ Avait huit ans.

SUDMER.

Eh bien ! l'un d'eux est, m'a-t-ou dit, L n libertin , sans mœurs , sans argent, sans crédit.

GKUCOUR.

lîélas! mon cher ami, je n'v saurais que faire : Ilorville estruinéj mais \ ahain au contraire...

SDDMER.

Florville est ruiné? ce n'est pas un grand mal : Je le crois même un bien.

GERCOUR.

Il est original.

Quoi !... Mais vous plaisantez ?

SUDMER.

Non, d'honneur. La jeunesse A besoin de leçons. La meilleure sagesse Est celle qui succède à la folie.

Allons, Messieurs les jeunes gens, écoutez ces leçons ; Vous u'aurez pas de peine à les suivre , j'espère.

SUDMER.

Vous vous souvenez bien de feu mon pauvre frère 5 Tu t'en souviens , Marton j il était bon , humain , Sensible , vertueux.

M ARTON

Oui, rien n'est plus certain.

SUDMER.

Florville tient de lui. La jeunesse bouillante Doit jeter à vingt ans le feu qui la tourmente ; A vingt-cinq, plus ou moins, arrive la raison; Et la sagesse enfin dans l'arrière saison. Cette progression est bien dans la nature , Vous l'avoûrez.

GERCOUR.

Le reste est facile à conclure.

Ainsi donc vous pensez qu'on ne peut en eil'et , A son âge...

SUDMER.

Oui , mon cher , être un homme parfait. Je redoute, jefuis qui cherche à le p^raitre; Et je soutiens qu'il est impossible de Têire.

GERCOUR.

Quoi ! sans exception ?

SUDMER.

Oui.

C'est-à-dire peu.

J'en connais une , moi.

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