ACTE IV, SCENE I
CLÉANTE
Hé ! monsieur, n'ayez point ces délicates craintes Qui d'un juste héritier peuvent causer les plaintes. Souffrez, sans vous vouloir embarrasser de rien, Qu'il soit, à ses périls, possesseur de son bien; Et songez qu'il vaut mieux encor qu'il en mésuse , Que si de l'en frustrer il faut qu'on vous accuse. J'admire seulement que, sans confusion.
Vous en ayez souffert la proposition.
Car enfin le vrai zèle a-t-il quelque maxime Qui montre à dépouiller l'héritier légitime?
Et , s'il faut que le ciel dans votre cœur ait mis Un invincible obstacle à vivre avec Damis , Ne vaudroit-il pas mieux qu'en personne discrète Vous fissiez de céa^s une honnête retraite.
Que de souffrir ainsi , contre toute raison , Qu'on en chasse pour vous le fils de la maison ? Croyez-moi , c'est donner de votre prud'homie , Monsieur....
Il est, monsieur, trois heures et demie Certain devoir pieux me demande là-haut , Et vous m'excuserez de vous quitter sitôt. *
CLÉANTE, seul.
Ah!
I. Il faudrait se récrier à presque toutes les scènes de Molière : le trait qui termine oette-ci est d'une simplicité sublime ; il étonne Tesprit humain. Tartuffe est pressé vivement ]iar la force des raisons de Cléante sur la brouillerie