‹ Le TartuffeChapitre 97 sur 106 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Qui, n'ayant pas pour vous le zèle qui me pousse ^ Auroient pu procéder d'une façon moins douce. *

ORGON

Et que peut-on de pis que d'ordonner aux gens De sortir de chez eux ? •

MONSIEUR LOYAL

On vous donne du temps; Et jusques à demain je ferai surséance A l'exécution, monsieur, de l'ordonnance :

Je viendrai seulement passer ici la nuit, Avec dix de mes gens, sans scandale et sans bruit. Pour la forme, il faudra, s'il vous plaît, qu'on m'apporte, Avant que se coucher, les clefs de votre porte. J'aurai soin de ne pas troubler votre repos.

Et de ne rien souffrir qui ne soit à propos.

Mais demain, du matin, il vous faut être habile A vider de céans jusqu'au moindre ustensile; Mes gens vous aideront, et je les ai pris forts Pour vous faire service à tout mettre dehors. On n'en peut pas user mieux que je fais, je pense; Et, comme je vous traite avec grande indulgence. Je vous conjure aussi, monsieur, d'en user bien. Et qu'au dû^ de ma charge on ne me trouble en rien.

ORGON , à part.

Du meilleur de mon cœur, je donnerois sur l'heure

1. M. Loyal a Pdir d'être l'élève de Tartuffe : il s'est chargé de mettre Orgon et sa famille à la porte , de peur que cette mission ne fût confiée à quelque autre sergent moins poli. C'est ainsi que Tartuffe disait à Cléante, que, s'il prenait les biens d'Orgon , ce n'était qu'afin qu'ils ne tombassent pas en de mauvaises mains.

2. Dû , est ici pour devoir, exercice ; c'est un ancien terme de pratique.

Les cent plus beaux louis de ce qui me demeure, Et pouvoir, à plaisir, sur ce mufle assener Le plus grand coup de poing qui se puisse donner.

GLUANTE, bas, à Orgon.

Laissez; ne gâtons rien.

DAMIS

A cette audace étrange J'ai peine à me tenir, et la main me démange.

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