LIVRE XXII
appeler les espèces eniplumées; cest ainsi qu*oii se met en rapport uvec les esprits dés lacs et rivières. Il faut deux changeuients de mélodie pour appeler les espèces nues (sans plume); c'est ainsi qu'on se met en rapport avec les esprits des montagnes et des forêts. Il faut trois changements pour appeler les espèces à écailles ; c'est ainsi qu on se met en rapport avec les esprits de^ côtes élevées et basses. Il faut quatre changements pour appeler les espèces à poil ; c^est ainsi qu'on se met en rapport avec les esprits des plaines et plateaux. Il faut cinq changements pour appeler les espèces à coquille ; c'est ainsi qu'on se met en rapport avec les esprits de l'ordre terrestre. Il faut six changements pour appeler les espèces figurées dans
trumenls , le ton Hoang-tchcng Uonnc Taccord pour les autres instruments; quand on chante, Taccord est donné par le ton imparfait Ta -lia. En génc'ral, Tseou s emploie pour la production des tons parfaits; Ko $*emploie pour la production des tons imparfaits.
^ La gamme cLinoîse ordinaire ne comprend que cinq notes, qui correspondent, suivant les savants chinois, aux cinq éléments, la terre, le métal , le hois , le feu et Teau. — J'ai donne les noms de ces cinq notes au fol. 7. Le texte les cite au livre xxiii foi. 10.
Le comm. B explique que chacune des'^ix musiques commence par an ton ou une note primordiale, avec laquelle s'accordent les autres notes. — On considère d'abord les sons isolément comme notes ; ensuite on l^s Considère ensemble, dans leur union, comme produits par les huit sortes d'instruments.
^ (lomm. B. Chaque morceau, exécuté sur un instrument, a son ettcl spécial po*ir appeler, exciter une espèce animée. Selon le plus ou moios de mobilité de cette espèce et sa facilité à venir, on diminue ou Ton augmente le nombre des morceaux exécutés dans les diverses mélodies.
Us astres ; c'est ainsi que l'on se met en rapport avec les esprits de Tordre céleste ^ ^ En général, la musique dans laquelle le ton Youentchong module en Konng, le ton Hoang-tchong module en Kio, le ton Ta-tso module en Tche, le ton Kou-si module en /a^, dans laquelle on frappe le tambour du ton> nerre, le tambourin du tonnerre, on joue de la flûte 6ite en bambou solitaire, on pince les harpes et guitares Kin et Che du mont Yun-ho, on exécute la danse Yanmen, est celle qui est jouée au solstice d'hiver, sur le tertre rond élevé au-dessus de la terre. Lorsque Ton fait six changements d'airs, en exécutant cette musique, les esprits de Tordre céleste descendent; on peut jouir de leur présence et leur rendre les hommages consacrés. En général, la musique dans laquelle le ton Hdntchong module en Kùttng, le ton Ta-Uo module en Kio, le ton Kousi module en Tche, le ton NanMa module en la, dans laquelle on frappe le tambour de Tesprit céleste, le tam-
^ Comm. fVa ig-ngan-cki. Les espèces figurées , Siang-wé, désignent les figures assignées aux constellations dans le ciel. Les espèces emplumées, lu-wé, sont naturellement légères et promptes. Ce sont les plus faciles à faire venir. Les espèces à coqniile, Kim-wi, sont lourdes et lentes. On les fait venir plus difiicilement. Il est aisé d'attirer les esprits des lacs et rivières: il est difficile d attirer ceux des grottes et cavernes. 11 est difficile aussi d attirer les esprits célestes qui^sont éloignés de Thomme et les plus dignes de respect.
On voit , d'après cet exposé , que chaque nature d*esprit est représentée par Tespèce vivante que Ton appelle au moyen de la musique. Aujourd'hui encore, les sorciers de la Sibérie appellent de même les gé* nfes des localités, qui leur apparaissent sons la figure d'un animal.— Voyez Gmelin , Voyage en SibérU, t. Il, en divers passages.