‹ Le Tcheou-liChapitre 258 sur 335 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

Dans le pays de Youe, si Ton n*a pas de piocbe, on ne peuts*en passer pourcuHiverla terre. Tout homme peut y faire des pioches. Dans le pays de Yen « si Ton n*a pas d*armure » on ne peat s'en passer, pour se défendre. Tout homme peut y faire des aimures. Dans le pays de Thsin , si l'on n'a pas de manche de pique , on ne peut s'en passer. Tout homme peut y faire des manches de pique. Parmi les nomades du nord, si l'on n'a ni arc ni char, on ne peut s'en passer. Tout homme peut y faire des arcs, des chars '^.

Les honmies savants inventent^. Les hommes habiles continuent ce que les premiers ont commencé. Ceux qui conservent, de génération en génération , /e5 procédés ainsi découverts, sont des artisans.

Toutes les opérations exécutées par les cent artisans, sont l'œuvre des sages ^.

^ Comm. B. Puisque tous les hommes de ce pays peuvent confectionner ces instruments, il n*t;st pas besoin d*y constituer des ouvriers royaux pour leur fabrication. La terre du pays de Youe (Tche-kiang), est boueuse et molle : elle produit beaucoup dlierbes, de plantes, mais ou tire aussi de ses montagnes des métaux, de i*étain ; on les fond , on les travaille , et les instruments d agriculture sont en très-grand nombre. Le pays de Yen (nord duPe-tcU-K), est voisin des nomades pillards. Les babitaiits sont accoutumés à faire des casques , des cuirasses. Le pays de Tbsin (Chen-si) possède beaucoup de bois mince; ses habitants sont habiles à faire des manches de pique. Les Hiong-nou n*ont pas d'habitations fixes; c'est un peuple chasseur et pasteur; ils s'arrêtent où ils trouvent de Teau, de Therbe. Tous savent faire des arcs, de5 chars.

* Comm. B. Ainsi on lit dans le Chi-pen : « Wou-kiu fit Tinstrument en pierre sonore, appelé Khing. Y-ti fit le premier du vin. »

• ^C A^ Ching-jin. Cette expression correspond ici à Tchi-tché, les hommes savants, du paragraphe précédent.

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9 On forge le métal, pour faire des épées. On durcit la terre, pour faire des ustensiles. On construit des cbars, pour aller sur les chemins. On construit des navires, pour aller sur Teau. Tous ces arts ont été créés par les sages.

La saison du Ciel , Témanation de la terre, la bonté de la matière, Thabileté de Touvrier, sont quatre points qui doivent être réunis ; et ensuite on peut faire du bon ^

Si la matière est bonne, si Touvrier est babile et que le résultat de son travail ne soit pas bon , alors on n'a pas choisi la saison convenable; on n*a pas eu Témanation favorable de la terre.

10 Lorsque les orangers à fruits doux, passent la rivière Hoai , et sont transplantés au nord, ils deviennent orangers à fruits aigres^. L'oiseau Kùi-yo (la pie) ne paçse pas la rivièreThsi. Le renard dormeur Ho, meurt, quand il passe la rivière Wen^. Cest ce que Ton entend par émanation de la terre.

On estime les épées du pays deTching, les haches du pays de Soung, les petits couteaux du pays de Lou, les épées à

^ Comm. B et C. lies saisoos sont froides ou chaudes , les émàDatioos sont tantôt actives, tantôt nidles. Ainsi , les ouvriers qui font les arcs , travaillent la corne au printemps et les nerfs en été; en automne ils réunissent les trou sortes de matières qui entrent dans la confection des arcs; en hiver, ils en font Tassemblage.

' Au midi du Kiang, il y a des oranges douces -, au nord du Kiang , il y a des oranges aigres. liss arbres qui les produisent sont de la même espôce; mais la qualité du firuit change, lorsqu'on transplante Toranger au nord de la rivière Hoai.

' Larivière Hoai coule, entre les 33*et34*degrés de latitude boréale. La rivière Tksi est dans le Chan-tong, entre les 36* el 37* degrés. La ririère Wen est vers le 36* degré.

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