SCENE m
BÉATUS, QUANDMÈME, BAUDET, un serpent sous le bras et en uniforme de garde-champêtre.
QXJANDMÊME.
C*est très bien, mon cher Baudet, tout marche au gré de nies désirs.
BAUDET
Oui, je crois que vous serez content... Notre Te Deum aura du succès... Tous les habitans des châteaux voisins y viendront, et j'espère que mon serpent y jouera un grand
rôle... D'abord, en général, les serpens ont toujours joué de grands rôles depuis la création du monde jusqu'à présent...
QtlANDMÊME.
C'est vrai.
BAUDET
AiH de l'hymne à Saint-Martin.
Des conseils d'un serpent ^ Eve se repeut;
* Plus d'un courtisan
Aujourd'hui bien rampant Est encor du serpent Le portrait frappant.
QUANDMâWB.
Que Tois-je?... mon filleul en conversation avec la fille de l'aubergiste!.-. Monsieur,* je vous avais défendu de frayer avec ces gens-là...
BÉATtJS.
Pardon , mon parrain, je vais vous dire...
Taisez-vous... Des libéraux! des gens qui lisent le Courrier français f ce sont des révolutionnaires, des septembriseurs.
. BAUPÇT,
Des histrions... des ^ens en debor5'2»e la société...
\, ^ ', , BÉATUS.'
Mon parrain, j'aî à vous dire...
QUANDMÊME.
Encore une fois, taisez-vous, ou j'ordonne à M. Baudet de sévir. Quand il s'agit du devoir, je ne connais plus de parrain, ni de filleul, ni de neveu.
BAUDET
CommeBrutus!...
QUANDMÊME.
Ne parlez pas de Brutus, c'était encore un ennemi des Bourbons.
BÉATIJS.
Un libéral enragé ! . . .
QCAïïDMtÊME.
Vous n'avçz pas la parole! rétif ez-vous... Allez trouver
l6 tambour... j'ai une proclamation à faire; qu*il soil ici dans cinq minutes... ou destitué 1...
BÉATUS.
Oui, parrain. (// sort.)