‹ Le téléphone instrument de mesureChapitre 46 sur 53 · ARGENTURE · texte numérisé non relu

ARGENTURE

L’argenture des surfaces interférentielles est une opération toujours délicate, tant à cause des précautions à prendre pour assurer un dépôt régulier, que par la difficulté d'arrêter la semi-argenture à l'épaisseur voulue.

Il existe plusieurs procédés d’argenture, les deux plus

connus sont les suivants :

a. Argenture au formol. — Le procédé est très simple puisqu'il n'utilise que deux solutions. Il se répand beaucoup dans les laboratoires, mais le dosage des solutions n’est pas sans présenter quelque difficulté. Je transcris les formules d’après les indications de MM. Lumière, inventeurs du procédé (1).

On commence par nettoyer la plaque avec de l’acide nitrique chimiquement pur, puis on lave abondamment à l’eau disullée de façon à enlever toute trace d’acide.

On place la glace à argenter sur trois vis calantes, de façon à la mettre bien de niveau, et l’on verse sur elle le mélange suivant :

aus SRE et Sert ob Te RES Too AICOOL AOC RL RLE NR RE D 50m

qu'on laisse séjourner quelques minutes sur la plaque. Pendant ce temps, on prépare la solution suivante qui

ne doit pas être faite d'avance et que nous appellerons

D DRE OURS ES EN PR AE AT EE RE EST yes

(!) Agenda Lumière, édition 1910, p. 309.

LE

PA

solution pour argen LE AE

ROLL O IR OMS Eee 2e cet ce es ee 10 gouttes NICOLA OO MERS NES NS de TOC?

Eau distillée...... MR ANRT TE CES 10 »

La solution d’argent, qui peut être faite longtemps à l’avance, se prépare ainsi :

Nitrate d’argent Ho af KO Eau distillée ...... Re SU 100€m°

On ajoute goutte à goutte de l’ammoniaque pure jusqu’à redissoudre le précipité brun qui se forme, mais en ayant bien soin d’ajouter la quantité exactement nécessaire et d'éviter l’excès d’ammoniaque. Une fois le précipité redissous, on ajoute la solution suivante :

Natratesdhañs ent. 4. 2. AR Nes 28 Eau distillée

On complète à un litre avec de l’eau distillée, on agite, on laisse digérer 5 minutes, puis on filtre plusieurs fois jusqu’à clarification complète (il est indispensable d’employer de l’eau distillée très pure).

On égoutte la plaque et l’on y verse la solution pour argenter ; le dépôt commence au bout de 90 à 120 secondes et il est complet en 3 minutes (!).

Pendant l’argenture, on balance légèrement la glace pour éviter Les stries. Lorsqu'on verra le liquide se troubler, soit par de la poussière, soit par des plaques d’argent, on

(1) « Lorsqu'on opère sur des glaces de petites dimensions, ce mode opératoire doit être modifié. On emploie alors une cuve destinée à contenir la solution pour argenter et dont les parois ont été préalablement nettoyées à l’acide nitrique. La glace est retournée dans la cuve, la face à argenter en dessous, en la soutenant avec des cales de verre » (ABramam, Æecueil d'expériences de Physique, t. I, p. 37).

égouttera la plaque et l’on mettra une deuxième couche de solution pour argenter.

On peut déposer ainsi plusieurs couches successives jusqu’à obtenir l’opacité voulue. Alors on lave avec beaucoup d’eau distillée, on égoutte au papier buvard blanc et on laisse sécher.

A la fin de l'opération, la couche a un aspect légèrement mordoré; quand la glace est sèche, elle doit être brillante, à peine recouverte d’un très léger dépôt laiteux qui disparaît facilement au polissage. Celui-ci doit se faire avec une peau de chamois très douce, entourant une masse de coton. On frotte sur la peau de chamois un peu de rouge pour l’or dont on enlève l’excès avec une brosse mi-douce et l’on polit la couche d’argent en tournant et en appuyant très légèrement. Il faut que le tout soit très sec.

L'alcool a pour but d'empêcher la formation du dépôt; s'il se forme quand même, c’est qu'il y a trop de formol dont on diminue alors la dose; si, au contraire, il n'yena pas assez, la couche d'argent a un aspect rouge brun et elle est criblée de petits trous. Il est donc nécessaire de faire un essai préliminaire pour déterminer la quantité de formol à employer, mais 11 ne faut jamais faire l'addition de formol qu’au moment d’argenter (!).

Si la température était trop élevée, le dépôt se formerait plus vite et deviendrait rapidement poussiéreux.

(Les solutions ammoniacales de nitrate d'argent sont dangereuses à conserver, car il peut s’y former de l'argent fulminant.)

Ce procédé m'a donné de bons résultats, mais malgré son apparente simplicité, il nécessite un certain tour de main.

(1) € S'il y a excès de formol, le dépôt se fait beaucoup plus vite, l'argent ne prend pas l’aspect d'argent métallique, ou, en tout cas, disparaît sous le frottement du doigt lavé à l’eau ammoniacale. S'il. y a défaut de formol, on obtient un liquide gris boueux » (ABRAHAM, loc. Cote)r

b. Argenture au sucre. — Le classique procédé au sucre, jadis indiqué par Foucault et qui est employé couramment dans les ateliers de M. Jobin, m'a donné, avec moins de difficulté, des résultats très réguliers. On prépare (!) les quatre solutions suivantes :

Solution I.

: À g Nitrate d’argent..... nee de Ts rs ss 4 HaGietllée ne tiens ee RE RE OS ET do 6)

Solution I.

Nitrateld'ammoniaquehs Mrs. M.er rec 6 BUS Il ee RE MR M. UNE 100

Solution III BOLASSE DURE Rem eee once CRT 10 Bau distillée. rss x RARES D TUE HS T0TO0

Solution IV.

SUCLE ANT Ver Ttl. >. se NN Ne FU 5 AICOGIP AN GO RER M MAIN Re Sata 5 Eau distillée ...... EE Re re N n Marion. SPIOO

Les solutions I et IT peuvent être remplacées par une solution unique en préparant, au moment de l’emploi, comme dans le procédé au formol, une solution amoniacale de nitrate d'argent à 4 pour 100. La potasse peut être remplacée par de la soude (2). Pour préparer la solution de sucre interverti, on fait dissoudre le sucre dans une petite quantité d’eau distillée, on ajoute 08,12 d’acide tartrique par gramme de sucre, on fait bouillir 10 minutes, on laisse refroidir, on ajoute l’alcool (3) et l’on étend la solution par de l’eau disüllée en quantité suffisante.

(:) Les meilleurs résultats sont obtenus avec des solutions préparées la veille. Néanmoins des solutions anciennes donnent souvent des argentures très acceptables, surtout si l’on utilise une solution ammoniacalé de nitrate d'argent.

(2) Barzraun, Cours d’Astronomie, t. I, p. 147.

(5) L’alcool a pour but d’empècher la fermentation (BaiLLAuD, /bid.).

124 A NGUX AUS

Les glaces à argenter sont vigoureusement frottées avec du coton imbibé d’acide nitrique, lavées à grande eau, nettoyées à l'alcool, rincées à l’eau disullée.

Les solutions [ et Il ont été mélangées par parties égales, ainsi que HI et IV. On projette le tout dans la cuve à argenture, on remue vivement et l’on immerge aussitôt la glace à argenter la face en dessous, ou tout au moins verticale. Lorsque l’argenture a l’épaisseur voulue, on lave avec beaucoup d’eau distillée, on égoutte au papier buvard blanc eu on laisse sécher. Pour une argenture complète, on laisse longuement séjourner la glace dans le bain, la couche acquérant dans les dernières minutes plus de solidité, puis le finissage se fait au rouge d'Angleterre comme précédemment.

Pour eflectuer une semi-argenture. le mieux est d’avoir à sa disposition deux surfaces interférentielles interchangeables, de façon à .ce que l’une serve de type pour l’argenture de l’autre. On suit dans le bain même l’épaississement de la couche d'argent d’après l’accroissement du pouvoir réflecteur de la glace de verre, on l’examine ensuite par transparence et l’on arrête quand les pouvoirs absorbants de la glace qu’on argente et celle de la glace type paraissent égaux. J’arrêtais les semi-argentures au moment où le pouvoir réflecteur commençait à s’accentuer rapidement et avant que le pouvoir absorbant devint cependant notable, se manifestant à l’examen par transparence par un simple voile. Il y a là quelques tâtonnements qu’on peut conduire somme toute assez rapidement.

Dépôts métalliques divers. — Les argentures ou semiargentures sont toujours très délicates, leur adhérence est faible et elles s’altèrent assez rapidement au contact de l'air. On peut, dans certains cas, substituer à la couche d'argent une couche de palladium dont le dépôt s'obtient par bombardement cathodique. Les palladinures épaisses

NERe LE TÉLÉPHONE INSTRUMENT DE MESURE. 125

sont extrêmement robustes et inaltérables (1), mais les semi-palladinures ont un aspect légèrement fumeux. Il y aurait un vif intérêt à utiliser les dépôts métalliques plus solides et moins altérables que les dépôts d'argent ayant, en outre, pour les courtes longueurs d'onde, un pouvoir

- absorbant moins élevé que ce métal. sr

re : 5 : CSS |

(E) Ne Hilger, er en Angleterre, est outillé pour de semblables tra- =... 1 |

a FAR Ni md pou raé Re

126 AS CUDTAAUR

Page 1