OBTURATEUR DE PLAQUE
L’obturateur de plaque est constitué par un rideau de toile opaque à la lumière, coupé par une fente de largeur réglable et qu'un jeu de cylindres, sur lesquels celui-ci peut s’enrouler et se dérouler, permet de faire mouvoir rapidement devant l’émulsion sensible,
Les lèvres de la fente qui se déplacent très près de la plaque, sectionnent, au voisinage de leur sommet, les pinceaux lumineux convergeant sur elle pour former les divers points de l’image. On en conclut, comme dans le cas du cylindre tournant, que le temps de pose est égal au quotient de la largeur e de la fente par la vitesse a du rideau :
= —, et que le rendement optique de l’obturateur est très voisin de l’unité.
On verrait comme plus haut que, par suite du mouvement propre de l’image lumineuse, la durée de impression photochimique n’est pas seulement fonction de l'intervalle de temps 4, mais aussi du déplacement de cette image pendant la durée de l’exposition.
L’une des objections faites à l'emploi de l’obturateur à rideau dans la photographie courante, objection dans ce cas parfaitement injustifiée d’ailleurs, résulte de l’exposition progressive de la plaque, qui se trouve décomposée en bandes impressionnées à des instants différents. C’est celle propriété qui m'a permis, dans les circonstances particulières du problème et au moins dans le cas de
franges sensiblement rectilignes, de réduire le dispositif oscillographique à un obturateur à rideau.
Prenons, en effet, un axe des æ perpendiculaire à la fente FF’ du rideau, et pour mettre de côté les phénomènes de bougé, qui ont été étudiés en détail précédemment, Supposons infiniment petite la largeur e de la fente.
La courbe photographiée est le lieu des intersections de la frange mobile avec la fente. Soit S' cette courbe et S la photographie de la frange au repos.
L’équation de la fente mobile FF’en fonetion du temps est, a désignant la vitesse moyenne de celle-ci et à une fonction de +, d’ailleurs inconnue :
(1) T— at Ia,
en sorte que, si d’un point M'de la courbe S/ on mène les normales à la courbe S et à l’axe ox, on mesure aisément
-à l'instant
(2) ie
le déplacement orthogonal MM’ du point M de la frange S. Il suffit de reporter sur un même graphique et à une échelle convenable la courbe S dessinée par la frange au repos et la photographie S' de la frange mobile pour déterminer la courbe de w en fonction du temps.
Ce mode opératoire soulève deux objections principales :
1° Le terme « de l'équation (2) est inconnu et l’on est obligé de lui supposer une valeur constante, d’où une première déformation de la courbe suivant l’axe du temps, déformation peu importante, d’ailleurs, puisque les élon-
gations ne sont pas altérées.
Da Es :
2° Le rapport de vit est légèrement variable le long
d’une frange (!), d’où une seconde déformation, plus gênante que la précédente, puisqu'elle se produit suivant l’axe des élongations. On peut cependant passer outre à cette deuxième objection, lorsque le miroir subit seulement des mouvements parallèles à une direction fixe (?), elle-même à peu près parallèle à la normale au miroir.
La durée de l’enregistrement dépend de la dimension de l’image photographique, perpendiculairement à la fente et de la vitesse de celle-ci.
Dans les oscillogrammes que j'ai obtenus, la longueur de l’image était de 3°" et la vitesse de l’obturateur de l’ordre de 1",50 par seconde, d’où une durée d’enregis-
trement de
ES de seconde.
Il convient que la direction moyenne des franges soit perpendiculaire à la fente.
L'utilisation des oscillogrammes exige que les photo-
graphies des franges, pendant leur mouvement au repos, soient reportées sur un même graphique. Un réticule
(*) Voir Note I, équation (11).
(?) Ceci n’a pas toujours lieu. Par exemple, si dans un monotéléphone les tensions des deux fils qui supportent la membrane vibrante n’ont pas été soigneusement égalisées, il existe deux périodes de résonance qui correspondent aux périodes propres de chacun des deux brins et la membrane prend alors un véritable mouvement de rotation autour du brin qui ne résonne pas.
placé dans le plan conjugué de la plaque sensible par rapport à la dernière lentille du système optique, permet de photographier en même temps que les franges un système d’axes fixes, auxquels on peut rapporter les deux courbes.
La détermination des coordonnées d’un certain nombre de points de chacune des deux courbes se fait sans difficulté au moyen du microscope à oculaire micrométrique et platine mobile décrit plus haut.
La Planche Il reproduit deux clichés qui correspondent : le premier à" une photographie des franges mobiles, le second à une photographie des franges fixes.
Le Tableau suivant, donné à üutre indicatif, contient le relevé au microscope des coordonnées d’un certain nombre de points de ces franges.
Franges mobiles.
ABSCISSES. ORDONNÉES.
Vis micrométrique Vis micrométrique de la platine-Pas : 0,5. de l’oculaire-Pas : 0,5.
Fr
19 9,20 18 : 9,90 22 10,20 25 10,80 31 11,60 35 HN )O 4o I1,10 43 11,60
Franges fixes.