IL. — Perquisitio lance licioque
La procédure dirigée contre l'individu que l'on soupconne de vol porte des traces évidentes d’archaïsme (1). Elle comporte, entre autres éléments, la présence de témoins (2). Ces témoins existent aussi dans la procédure atténuée connue dès les XII Tables sous le nom de /urlum conceplum et seront maintenus dans l’action prélorienne du même nom. Malheureusement, ici encore, les informations précises nous manquent. Au temps classique le préteur exigera qu’ils soient «plusieurs », c’est à-dire au moins deux, suivant Ulpien (3). Dans une scène du Pœnulus de Plaute, ils sont très nombreux (4), Il est permis de conjecturer qu’ils ont pour mission de sur-
veiller, de régulariser l’acte juridique qui, exécuté sans
(1) Pour Ihering, Esprit, II, p. 154, n. 213, la nudité du volé prouverait l'origine aryenne de l'institution.
(2) Gaius, IT, 186 ss. Théophile, Paraphr. ad Institut., II, 1, &, mentionne la présence des témoins. Cf. Festus, v° Lance et licio. Macrobe, Salurn., 1, 6. V. Esmein, Mélanges d'histoire du droit el de critique. Droit romain, 1886, p. 238. Sur le fondement magique de la perquisilio lance licioque, V. Huvelin, Magie et droit individuel, in Année sociologique, X, 1907, pp. 16 à 20. Pour l'étude de l'institution en droit comparé, le même et Bernhôft, Staat und Recht der rümisch. Künigzeit, 1882, p. 247s.
(3) Le fragment suivant d'Ulpien, inséré au Digeste, 22,5, 12 : Ubi numerus lestium non adicilur eliam duo sufficient ; pluralis enim eloculio duorum numero contenta est, est tiré du livre 37 de son commentaire sur l’Edit. Or, dans ce livre Ulpien traitait du furtum. Lenel, 1053. Cf. Lenel, Edictum *, p. 313, n. 1.
(4) Pœnulus, acte IT, scène 1 et ss.
les formes compliquées exigées par la loi, serait un acte
de violence illégale (1).