acte juridique, le témoignage avait pris possession d’un
(1) Loc. cit., p. 461.
vaste domaine. Il avait pénétré sur le terrain des obligations qui lui était jadis interdit. Il n’est pas étonnant qu'il ait alors joui d'une vogue plus grande, que l’on ait considéré comme une peine de perdre le droit de témoigner, qu'on ait enfin étendu ce témoignage, sous sa forme normale, à des hypothèses particulières. Vouloir y trouver des raisons politiques c’est peut-être chercher bien loin une cause bien simple. Des raisons de cet ordre peuvent expliquer la tolérance du pouvoir vis-à-vis de ces manifestations « démocratiques », la peine qu’eut le notariat à naître et à se développer à Rome, mais l'extension du témoignage instrumentaire au dernier temps de la République et au début du Principat s'explique presque exclusivement, à notre avis, par l'influence du témoignage écrit que nous éludions au chapitre suivant.
Quelle que soit d'ailleurs la cause du développement du témoignage instrumentaire en droit classique, ce développement même est indéniable. L'étude des diverses lestationes nous a montré tout d’abord que le champ d’application du témoignage s’élargit singulièrement et qu’il s'emploie à réaliser un grand nombre de fins juridiques, encore que le manque de systématisation théorique se fasse vivement sentir et l'empêche de prendre l'aspect d'une institution juridique véritable. D'un autre côté nous avons vu, au cours de cetle période, un effort constant vers l'unification des formes du témoignage instramentaire. Qu'il s'agisse du testament, des {esta-
liones privées ou des {estationes légales, on saisit partout
une tendance qui porte le lémoignage inslrumentaire vers une forme normale et unique, les VII c. A. FR Lie tude da témoignage instrumentaire écrit nous fera assister à la même évolution, en même temps qu’elle nous éclairera sur les origines de cette formule.
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