ÉNORMES
OB’lSITÉ ADIPOSO-CÉNITALE HYPOPHYSAIRE
Planche IX
LES ENDOCRINES
ment lui confère une barbe et il est capable ultérieurement de devenir un mari honorable, (PI. IX, fig. 17 et 18).
Le cas d’Ènorme, tout en n’étant pas fréquent, est loin d’être exceptionnel. La graisse se dispose surtout sous la forme, que nous avons signalée chez ce malade. Elle se manifeste de même, dans bien des cas d’obésité moyenne ou légère, chez des sujets, enfants ou adultes, qui présentent par ailleurs les signes de Vinstabilité hypophysaire, en particulier une souplesse excessive des articulations, la projection des dents de la mâchoire supérieure qui, bien que, parfois elle-même, insuffisamment développée, est de dimensions excessives, par rapport à la mâchoire inférieure, trop étroite.
Tous les sujets de cette catégorie trouvent avantage dans une opothérapie hypophysaire savamment dosée.
Une autre variété d’obésité se manifeste parfois chez la femme, au printemps et à l’automne de la vie, et lorsqu’elle est atteinte des maladies de son sexe (obésité ovarienne).
Cette obésité se rapproche de l’obésité hypophysaire par sa localisation.
D’autres circonstances sont, il est vrai, à incriminer parfois dans le cas de ce genre: le changement d’existencê, le repos au lit, la suralimentation imposée souvent à des malades qui, revenues à l’état de santé, continuent, par habitude, leur excès de nourriture.
Pour rendre aux martyrs de l’obésité le poids auquel ils aspirent, trois conseils doivent leur être donnés :
1“ Pratiquer des exercices de culture physique spécialisée, pour chasser la graisse de ses lieux d’élection. Il n’est pas de meilleur massage que le massage « actif >, qui développe le muscle, que Ton sait être l’ennemi de la graisse, comme
LE TEMPÉRAMEIJT
la graisse est l’erineraie du muscle. Eu fait, dans cette catégorie d’obèses, les exercices se font en général sans déplaisir et avec facilité, car l’insuffisant hypophysaire a beaucoup de souplesse.
Tout en donnant l’impression d’un éléphant, certains de ces sujets dansent, suivant l’expression de l’une d’elles « avee la légèreté de la plume. »
2“ Appliquer la restriction alimentaire qui doit être bien équilibrée, mais est indispensable à la bonne réussite de la cure.
3° Suivre une opothérapie appropriée, en parti'culier hypophysaire et ovarienne, chez la femme.
Parmi d’autres aspects morphologiques frappants, certains méritent d’être signalés ici :
12. — Malingre est mal venu. Il est né avec un état constitutionnel insuffisant, peut-être un système circulatoire amoindri. Dans son enfance, il a eu une maladie grave qui a arrêté son développement; aussi est-il resté comme à l’état de miniature, sa tête est fine, bien qu’à traits bien accentués. Ses membres sont longs mais grêles; chez lui le thorax, le bassin, l’appareil sexuel sont peu développés, toutefois proportionnés. Il est dépourvu de système pileux.
Il est à la fois de petite taille, de faible constitution, c’est un « chétif » suivant le mot classique. Comme s’il avait été coulé dans un moule de petit calibre, l’ensemble de son individu a subi une sorte de défaut de développement.
Au même titre que les tissus, l’appareil endocrine se trouve intéressé ici, dans une ou plusiwrs de
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glandes. Parfois c’est l’une d’elles qui est surtout insuffisante, et alors îg traitement opothérapique uniglanduiaire intervient d’une façon satisfaisante. J’ai obtenu ainsi de bons résultats, dans des cas de ce genre, par le traitement thyroïdien.
13, — Mme Acrobate est en caoutchouc. Enfant, elle portait facilement le pied à la bouche, à la tête, à la nuque. Elle rapprochait les coudes derrière le dos, s’asseyait en tailleur. En même temps, il lui arrivait de se déboîter les genoux, ce qui occasionnait chaque fois un gonflement liquide de l’articulation.
Au cours de son existence, elle s’est tordu, plus de trois cents fois, les chevilles. Elle se souvient de s’être, pendant une promenade, tourné trois fois le cou-de-pied; elle ne savait plus comment marcher. Elle se décroche facilement les mâchoires. La souplesse, qui caractérise Mme Acrobate, tient à une distensibilité des ligaments, elle-même en rapport avec une insuffisance de la glande hypophyse.
Et ce qui le démontre, dans ce cas, c’est le petit développement des pieds et des mains, extrémités qui sont sous la dépendance de cette glande particulière. C’ext aussi la disposition particulière de la graisse, surtout dans la région du ventre et des parties postérieures des cuisses. L’exubérance de l’abdomen est d’autant plus frappante chez elle, qu’elle a des jambes extrêmement fines; elle a même, fait particulier, mais qu’elle tient de sa mère, « des mollets de coqs-.
Bien des artistes de music-halls, qui enroulent leurs bras autour de leur corps, bien des musiciens, à jeu extrêmement souple, sont, en réalité.
des insuffisants hypophysaires. Souvent des jeunes filles, habiles au piano, renversent l’interprétation de ces faits : elles disent qu’elles ont les mains souples, parce que le piano, auquel elles se sont adonnées, les a assouplies, alors qu’elles ont appris facilement le piano, et se sont perfectionnées à cet exercice, à cause de la souplesse de leurs doigts. La distensihilité ligamenteuse facilite les chûtes (ptoses), fréquentes chez ces sujets, par manque de résistance des ligaments de l’abdomen, et des organes qu’il renferme.
14. — Fillette garde à 23 ans, un visage de poupon, rose et arrondi; il a beaucoup de cheveux, trop de cheveux, et est obligé, dit-il, de les faire couper plus souvent que ses camarades. Par contre, il est imberbe et dénué de poils sur le corps. Il conserve une voix de jeune fille; aussi, à son grand ennui, lui répond-on « Mademoiselle » au téléphone. Il est muni de membres inférieurs très longs, « fait grand quand il est debout », mais, comme il a un buste court, il semble beaucoup plus petit, lorsqu’il est assis. Il a un rudiment de la taille, qui caractérise les femmes. Comme il est doué d’un bon appétit, qu’il mène une vie sédentaire, il Verse facilement dans l’obésité, et il ne se maintient dans un poids moyen que par un régime sévère. Il n’est pas sans don de l’esprit, car il a été reçu dans un bon rang dans une école supérieure et a obtenu brillamment son diplôme. Il est doux, affable, tranquille, pourvu d’une sensibilité, qui va jusqu’à la sensiblerie.
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Chez lui, c’est la glande masculine qui est insuffisamment développée — comme elle est arrêtée chez d’autres sujets, du fait de maladies constitutionnelles ou infectieuses; — comme elle est enlevée chez les individus dont on veut faire des gardiens de harems, ou par raison religieuse (Skoptzis) — mais chez Fillette, on pouri’a remédier à cette insuffisance; et, en appliquant une opothérapie sexuelle ou complexe, on arrivera à lui rendre les qualités masculines, comme le fait, d’autres fois, avec succès, la greffe de Voronoff-Dartigues.
15. — Hommasse est venue me consulter pour des troubles thyroïdiens, mais ce qui me frappe en elle, c’est son aspect masculin. Elle est grande et forte, sans la cambrure habituelle de son sexe; elle est bien plantée sur ses jambes et a un nez un peu volumineux. Son intelligence est ferme; elle s’occupe d’instruction primaire et prépare en même temps des examens d’instruction supérieure. Son père est mort, c’est elle qui dirige les intérêts de sa famille. Je pense, dans ce cas, à une forme atténuée de l’acromégalie (maladie de Pierre Marie), forme que j’ai décrite avec Mlle le Dr Vouaux, sous le nom de Pierre-Marisme. A une seconde visite, ce qui n’était qu’une impression, chez moi, devient une certitude; cette fois, sa mère l’accompagne. Or, celle-ci est affublée d’un nez si volumineux que ses frères et sœurs lui disaient, dans son enfance : « Toi, tu ne te marieras pas, tu as un nez trop gros. » Et on la voyait constamment, montée sur une table, placée devant une glace, s’étirer le nez, dans le but de le rendre moins volumineux. Or, malgré le pronostic de ses frères et sœurs, elle s’est mariée et, fait curieux et im-
portant, cette dame a eu quatre grossesses et,, à chacune d’elîes, ses pieds et ses mains ont grandi et sont restés plus volumineux. Elle chaussait 38, elle chausse 42 ; elle gantait 7, elle gante actuellement 9.
L’action de l’hypophyse sur le nez et les extrémités est indiscutable: mère et fille sont bien des hypophysaires. Or, fait que je veux signaler ici, la glande hypophyse contribue à la masculinité physique et mentale; c’est une glande virilogène. Je reviendrai plus loin sur les transformations du caractère, produites par les variations du fonctionnement de l’hypophyse.
Entre hommes et femmes se trouvent des individus intermédiaires.
1,0. — Ambigu n’est ni fille ni garçon. S’il ne portait pas le costume de collégien, on le prendrait plutôt pour une fille. Il a des cheveux longs, le visage arrondi, à traits flous, la voix efféminée; il est émotif, pleure facilement, déteste les jeux bruyants, se. tient à l’écart des autres garçons. Il adore les livres, a des goûts d’artiste. Il est à la fois bébé et un peu fille. Quand on l’examine, on trouve un poids trop élevé pour sa taille, un développement presque nul des testicules, glandes ç[ui produisent la différenciation des sexes, et n’ont pas chez lui, accompli leur œuvre. Lorsqu’il est soumis à l’influence de la poudre de thyroïde, il devient grand garçon, sa voix mue, sa lèvre se couvre d’une moustache; il maigrit, il grandit dans des proportions surprenantes et à certains
points de vue, inespérées. Il est devenu un mâle, un poilu et, pendant la guerre, il s’est montré héroïque.
17 . — Suralimenté est un petit garçon de 9 ans qui, poussé à manger, entre les quintes, à propos d’une coqueluche accompagnée de vomissements inquiétants, revint de vacances avec l’aspect d’une fille. Son développement génital s’était arrêté. Il fallut un an de restriction alimentaire, pour faire repartir son développement et lui rendre son apparence masculine.
C’est souvent à la période de puberté, qui oriente définitivement l’apparence des sujets, qu’il se produit des hésitations, sinon des bévues de la nature.
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