LES DÉTAILS MORPHOLOGIQUES
L’ensemble des formes de l’organisme est sous la dépendance du fonctionnement des endocrines.
Deux modalités morphologiques sont en complète opposition : Certains sujets ont des membres longs, mais le thorax et l’abdomen étroits. Ils sont généralement maigres, souvent actifs, facilement agités, inquiets, angoissés, parfois prédisposés à la tuberculose. Les morphologues appellent ce type « longiligne >. Lorsqu’il est très accusé, c’est le type de Don Quichotte. Eün général, on relève chez eux, une insuffisance notable de la surrénale, avec chute abdominale, avec estomac délicat, clapotant, lenteur de digestion, d’où maigreur. Simultanément, la glande thyroïde est excitée, d’où nervosité et angoisse.
Aux longilignes s’opposent les brévilignes :
ils ont des membres courts, un thorax et un abdomen larges et développés. Ils sont, en général, gros mangeurs, avec tendance à l’obésité, disposés à l’hypertension artérielle et à l’apoplexie : c’est le type de Sancho Pança. Chez ces derniers sujets, la surrénale et l’hypophyse ont un fonctionnement élevé, d’où développement de l’appareil stomacal, gros appétit et ses conséquences. Ils ont un développement marqué des fibres musculaires des vaisseaux, d’où tendance à l’hypertension, puis à l’artério-sclérose avec ses complications. On trouvera, plus loin, l’interprétation de ces deux types (page 57).
A côté de cette première impression d’ensemble, l’étude des diverses parties du corps fournit de nouvelles précisions.
Si l’on détaille, région par région, de la tête aux pieds, les parties constitutionnelles du corps. On est frappé de nombreuses particularités, dont les endocrines fournissent l’interprétation.
La Tête, considérée en elle-même, a des proportions en rapport avec le développement général, qui est toutefois variable suivant l’âge; elle est, en particulier, beaucoup plus volumineuse dans le jeune âge. A l’état pathologique, la tête est petite chez le nain, développée chez l’acromégale, surtout dans le sens de la largeur. Dans cês divers cas, il y a proportionnalité entre
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la tête et les autres parties du corps. Parfois, au contraire, il y a disproportion entre là tête, qui est peu développée, par exemple, et les membres inférieurs, qui sont d’une longueur inusitée. Il en est fréquemment ainsi, chez les sujets masculins privés de leurs testicules.
D’autres variations de la tête sont significatives. Une petite tête, insuffisamment développée dans son ensemble, est l’indice d’une insuffisance de l’hypophyse, alors qu’une tête volumineuse, avec saillie des parties osseuses, dénote une surfonction hypophysaire.
On se rappelle que l’hypophyse contrôle le développement des extrémités (tête, mains, pieds).
Le GONFLEMENT DE LA FACE est SOUS la dépendance de la glande thyroïde, que ce gonflement soit général, qu’il soit limité aux paupières (donnant lieu à des poches sous les yeux), aux pommettes, au nez, â la bouche (bouche de casoar), que ce gonflement soit, du reste, continu ou survienne par crise.
Il n’est pas de jeudi que je ne voie se produire sous mes yeux, à ma consultation de l’hôpital Beaujon, — du fait de la fatigue de l’examen ou du fait de l’émotion, — un gonflement, en général pâle, parfois rosé, d’une partie du visage, dont on peut suivre le développement progrès^ sif. C’est ce que, dans leur langage, les médecins appellent l’œdème de Quîncke. J’ai même vu, chez un cordonnier, tout d’un coup, la moitié du nez, dans le sens de la longueur, (comme
si on avait séparé les deux parties par un fil rigide), se développer, à l’instar d’une petite pomme de terre, alors que l’autre partie restait normale, ce qui rendait le sujet grotesque. Ce gonflement dura quelques heures. Si j’insiste sur ce symptôme facile à constater, on en comprendra la raison. Ce qui se passe dans les tissus, directement placés sous la peau, et, de ce fait, est visible, se produit, de même, dans tous les tissus du corps, et l’on comprend comment des parties comprimées par un gonflement subit, donnent lieu à des phénomènes morbides, différents d’ailleurs suivant la région intéressée.
Sous l’influence de la thyroïde, se produisent de même des changements de coloration de la peau du visage. Elle est violacée, froide, d’une façon continue, mais surtout l’hiver, chez certains sujets. Elle devient chaude et rouge par crises, chez des jeunes filles timides, par exemple qui « piquent des fards », chez des sujets qui ont peur de rougir et qui rougissent à tout propos, et lors des bouffées de chaleur.
Nous sommes parfois consulté pour des faits de ce genre. J’ai rapporté, il y a bien longtemps l’histoire d’une jeune fille qui, fréquemment, après le dîner, et surtout après un grand dîner, sentait son nez qui devenait chaud et écarlate, à son grand désespoir. Quelquefois, pour éviter ce désagrément, lorsqu’elle était invitée, elle ingurgitait, à l’avance, une ou deux tasses de thé
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extrêmement chaud, pour provoquer la rougeur, car elle avait fait la remarque qu’elle restait alors, quelques heures, sans nouvelle crise.
Le traitement thyroïdien l’a mise à l’abri de cet ennui, en même temps que d’autres phénomènes thyroïdiens, en particulier, d’une constipation opiniâtre.
J’ai recueilli plus récemment les doléances d’un médecin-major, vrai brave, qui se plaignait que, même sans raison émotive, tout d’un coup, son nez devenait rouge, comme s’il avait bu, et la crainte de rougir (qu’on appelle l’érythrophobie), ne manquait pas de le faire rougir. Cet ennui céda, de même, à la médication thyroïdienne.
Un repas qui est pris trop rapidement, ou qui est trop copieux, l’usage exagéré des boissons et en particulier du vin, provoquent cette réaction, surtout chez les prédisposés thyroïdiens. Aussi, pour éviter ce désagrément et, en dehors de tout traitement de fond, d’ailleurs indispensable, il convient de manger lentement, de ne pas trop manger, de ne pas boire en mangeant, d’éviter le vin et surtout l’association de vins variés.
La rougeur naturelle peut être si accentuée aux lèvres, qu’il m’est arrivé de demander à des jeunes filles, si elles ne se servaient pas de carmin pour se donner cette teinte. C’était le corps thyroïde qui les maquillait.
D’tutres ÇOLQRATIONS iont fîieore à attribuer m% glaades ; teinte jaunâtre d’origine hépatique, teinte bmnâtre par insuffisance surrénale. Les rayons de soleil, chez les bruns, provoquent de la pigmentation qui, comme un voile, les met à l’abri de l’insolation. Des enfants, après un court séjour à la mer, voient se développer une coloration de mulâtres, sinon de nègres, au niveau des parties découvertes. Il est vraisemblable que ce sont surtout les rayons ultra-violets du soleil qui produisent cette réaction pigmentaire.
L’état des CHEVEUX fournit, à son tour, des indications, par leur quantité, leur coloration, leur qualité.
La quantité des cheveux est directement en rapport avec la glande thyroïde. Leur insuffisance, leur rareté, leur brièveté, une sorte d’état de nanisme capillaire, sont liées à l’insuffisance thyroïdienne. Certains myxœdémateux n’ont pas de cheveux; ils assistent à leur pousse, sous l’infliience du traitement thyroïdien.
L’abondance des cheveux tient à un bon fonctionnement de la thyroïde et ils sont très nombreux chez des sujets à thyroïde de bonne qualité, sans excès de fonctionnement.
Par une action plus complexe, les sujets, qui ont une insuffisance sexuelle, ont souvent des cheveux trop abondants, une « forêt de cheveux » et déjà cette apparence, jointe à d’autres particularités, donne au sujet un air effémiaé.
LES ENDOCBINES
J’gi vu arriver dans mon çaningt un enfant que j’aurais, en particulier, par rabondancg, la longueur des cheveux et son air de poupon» pris pour une petite fille, s’il n’avait été en costume de collégien; je l’ai plus haut appelé « Ambigu » (16)..
Le fonctionnement excessif de la thyroïde, qui se produit dans la maladie de Basedow, entraîne facilement la chute des cheveux. Il en est de même, de la surfonction génitale^ ce qui justifie une croyance populaire, qui attribue la calvitie à une vie déréglée.
Jules César était si chauve qu’il obtint la permission de porter en permanence la couronne de lauriers. Or, le jour de son triomphe, les soldats criaient sur son passage :
Romani, servate uxores, mæchum adducimus calvum,
Romains, prenez garde à vos femmes, nous amenons le « fêtard chauve. »
La PELADE qu’on croyait autrefois contagieuse, et qui, en réalité^ est due à un déséquilibre des endocrines et du grand sympathique, dépend en partie de la thyroïde. Quand elle est localisée, en plaque, elle guérit fréquemment par la thyroïdothérapie. Dans d’autres cas, on a fait intervenir les rayons ultra-violets et les rayons X, êû appliquant ces derniers, soit directement sur li cuir chevelu, soit sur une on plusieurs glandes.
La qualité des cheveux est réglée fréquemment par l’état endocrinien, ce qui explique ses variations. L’approche d’un mauvais moment du mois les rend, chez la femme, secs ou gras, parfois électriques.
J’ai fait disparaître, par la médication thyroïdienne, des transpirations profuses du cuir chevelu et un état crépu des cheveux, et arrêté la chute de ses cheveux, chez un sujet de vingt ans qui courait à la calvitie prochaine. Fait curieux : la médication avait fait sortir dans la moustache de cet adolescent des poils châtains roux, alors qu’elle était noire dans son ensemble,^ ce qui fit supposer un retour d’atavisme; la mère du jeune homme, en effet, était vénitienne.
La CALVITIE, lorsqu’elle est complète, est audessus des ressources de l’art. Lorsque les bulbes pilaires sont morts, il n’est plus dans la puissance de quiconque de leur rendre la vie. Tout au plus peut-on, comme j’en ai publié un cas avec photographies, obtenir, même dans une cahitie datant de vingt années, un résultat que j’ai appelé « expérimental », la sortie par le traitement thyroïdien de deux à trois cents cheveux.
Dans le myxœdème, au contraire, on réalise parfois un résultat tout à fait remarquable, comme j’en ai reproduit un exemple' d’après Hertoghe. (PI. X, fig, 19 et 20.)
Chez les arthritiques, à calvitie récente ou modérée, le traitement thyroïdien est\à employer.
LES ENDOCRINES
Les effets du traitement peuvent être surprenants, chez les sujets qui perdent leurs cheveux en abondance. J’ai cité le cas d’une femme qui présentait une chute abondante des cheveux. Je l’avais prié de recueillir, tous les jours, dans des papiers identiques, les cheveux qui tombaient sous le peigne, et de les faire peser chez un pharmacien.
Le vendredi, elle avait perdu 1 gramme 08 de cheveux; le samedi, 0 gr. 98; la chute descendit à 0 gr, 28 le dimanche, 0 gr. 11 le lundi, 0 gr. 09 le mardi et, depuis, elle n’a plus perdu assez de cheveux pour les faire peser. Je l’ai suivie pendant un an; le résultat s’est maintenu avec beaucoup d’autres importants pour elle.
Chose incroyable : cet effet prodigieux fut obtenu par neuf cachets d’un milligramme de poudre de thyroïde.
Plus récemment, j’ai obtenu, chez une autre malade, les résultats suivants : 1" semaine, 6 gr. 20; 2‘ semaine, 3 gr. 90; 3‘semaine, 3 gr, 35; 4* semaine, 2 gr. 65; 5® semaine, 0 gr. 48 de cheveux tombés.
La CANITIE, ou blancheur des poils, se manifeste parfois dès la naissance, mais le plus souvent du fait de la vieillesse.
On la constate encore d’une façon précoce ou prématurée, en rapport avec les émotions. Elle se localise aux cheveux, à la barbe ou à la moustache ou ^ les poils du corps. Lorsqu’elle se produit dès la naissance, ou dans le jeune âge, elle a des rapports avec des troubles de pigmentation de la peau
I,E TBMPÉUAMEl^T
{vitiliga). Dans la vieillesse, la cbevelure grisonne, d’abord, de tous les côtés à la fois, en commençant toutefois par les tempes et en résistant davantage à la nuque, ce qui tient à Tactivité de la circulation qui est variable suivant les régions du cuir chevelu, La canitie prémuturé'e est produite parfois sous rinfluence de vives émotions: l’exemple de Marie-Antoinette qui blanchit en une nuit, à la suite de son arrestation, est connue de tous.
J’ai signalé îe cas d’un soldat bindoii, traduit en justice pour un crime, qui devait entraîner pour lui la peine de mort. A mesure que son procès se déroulait, ses cheveux, noirs de jais qu’ils étaient au début, viraient au gris, puis au blanc. Cette canitie précoce, produite ainsi miraculeusement sous les yeux des juges, sauva la vie à ce cipaye,
Dans un autre cas, une mère, la main appuj^éç sur le cuir chevelu contre le carreau de la fenêtre, vit son enfant qui se trouvait à l’étage audessus du sien, tomber dans la rue. Elle devint instantanément blanche tout en gardant des cheveux noirs à l’endroit où elle avait posé ses doigts sur le cuir chevelu.
ha canitie, lorsqu’elle est de naissance, se rattache à l’albinisme. Elle se réduit en général à la destruction du pigment pilaire par dc-s cellules destructives du pigment (pigmentophages de Metchnikoff) ou à un trouble de nutrition du bulbe pilaire. Le système nerveux joue un rôle, surtout dans les canities précoces.
Dans ces différentes formes de canitie inter* vî^inent les gï^"i«s expoceises.
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Pour ç# qjii est de ValMnisme, des expériences ont démontré que l’ablation du lobe moyen de l’hypophyse, à des têtards de grenouille, entraînait l’absence de pigment. La greffe de ce lobe moyen produit à nouveau la coloration, La surrénale participe, sans doute, aux variations de la couleur des cheveux.
La glande thyroïde est surtout à incriminer.
Ce sont les effets curateurs du traitement thyroïdien qui ont attiré tout d’abord mon attention sur l’origine thyroïdienne de la canitie.
Lorand (de Carlsbad) avait déjà noté sur luimême la réapparition des cheveux noirs par l’emploi du corps thyroïde.
J’en fis moi-même la première constatation, chez une surveillante de l’hôpital Necker, âgée de 60 ans, que je soignais pour des migraines et du rhumatisme chronique. Elle me fit part que, dans sa chevelure blanche, il lui sortait, sous l’influence du traitement thyroïdien, des cheveux noirs.
J’obtins ensuite un même résultat chez la soeur d’un confrère, atteinte de canitie précoce et qui fut simultanément débarrassée de douleurs, qu’elle ressentait tous les mois, depuis l’âge de 13 ans. L’effet fut chez elle progressif, et au bout de quatorze mois, si je n’avais pas su que je soignais cette dame, pour obtenir la recoloration des cheveux, je lui aurais demandé si elle ne se les teignait pas. Elle a continué sa médication, et quinze ans après, elle a la chevelure moins blanche qu’elle ne l’avait au début.
Chez une rhumatisante chronique, dont les cheveux avaient blanchi dès l’âgs de vin^ ans.
sujet très sensible au traitement thyroïdien, le rhumatisme fut transformé par la glande, thyroïde.
Simultanément les cheveux blancs tombèrent et furent remplacés par des cheveux châtain clair, ce qui était leur teinte habituelle. Ils sortirent en si grand nombre que le fils de la malade demanda à sa mère si elle utilisait une teinture.
J’ai observé de même l’arrêt du grisonnement des cheveux chez la femme d’un confrère, qui était entachée d’asthme nasal.
Je citerai encore une jeune fille dont la chevelure était devenue blanche, en une semaine, à la suite de l’incendie du Bazar de la Charité, qui coûta la vie à sa mère. Cette jeune fille fut, atteinte beaucoup plus tard de migraines et d’un petit goitre. Souniise alors au traitement thyroïdien, qui l’améliora pour l’ensemble de sa santé, elle voulut l’abandonner, parce que ses cheveux redevenaient noirs. Ce qui lui était désagréable, car elle était connue à Paris pour sa canitie précoce. Je lui conseillai de continuer la médication, tout en se poudrant. Elle préféra la suspendre momentanément, puis la reprit, car tout compte fait, elle en éprouvait de sérieux avantages.
Le traitement thyroïdien fournit donc un premier argument, permettant de rapporter la canitie, et en particulier la canitie prématurée, au fonctionnement excessif de la ^ande thyroïde.
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D^autres arguments sont encore favorables à cette thèse. La camtie précoce est loin d’être exceptionnelle dans la maladie de Basedow, qui — comme on le sait — est due à la surfonction thyroïdienne. On peut d’autre part, la produire en injectant à des poules noires, de la glande thyroïde en excès. On leur donne des plumes blanches, ce qui correspond à la canitie par mèches.
Inversement — les extrêmes se touchent — le grisonnement se retrouve dans le myxœdème, et dans la vieillesse, qui sont dûs tous deux à de l’insuffisance th>T*oïdienne.
Ce que j’ai signalé pour le cuir chevelu, se retrouve parfois à propos de la barbe et de la moustache.
J’ai soigné un ancien gouverneur de l’Indo- Chine, atteint de rhumatisme chronique. Contrairement à la majorité des rhumatisants thyroïdiens, il avait des crises surtout en été, sous l’influence de la chaleur. Je voulais abandonner la médication thyroïdienne, qui ne semblait pas agir chez lui, quand, au bout de quelques mois, nous constatâmes une transformation curieuse de son appareil pilaire. Le malade avait blanchi d’une façon précoce à la suite du paludisme. Or, sous l’influence du traitement, commencé en avril 1907, je m’aperçus, en octobre, qu’il était sorti, aux commissures des lèvres, des touffes de poils noirs, faisant contraste avec la teinte blanche de la barbe. D’autre part, la moitié interne de la moustache, du côté droit, par suite de l’apparition de poils noirs, mêlés aux poils blancs, redevenait poivre et sel. En même temps à la limite de la chevelure, à la nuque, apparaissaient un grand nombre de cheveux noirs. Remarque curieuse, le père du ma-
lade avait vécu âgé, et conservait, dans une chevelure très blanche, une mèche de cheveux noirs. C’est elle qui reparut, sous l’influence de la thyroïdôthérapie, che 2 notre malade. Le traitement semblait avoir reproduit un caractère héréditaire; en fait, il s’agissait d’une région, à circulation plus active spontanément, chez le père, et rendue plus active chez le fils.
Le lecteur sera peut-être frappé des cas d’amélioration de la canitie, chez des rhumatisants chroniques. Ce résultat tient à la nécessité d’appliquer, dans le rhumatisme chronique, un traitement prolongé, qui est, par ailleurs, indispensable, pour provoquer la transformation des poils.
Dernier cas : un sujet en proie à des crises de vertige continuel, qui le forcèrent à rester chez lui, tout un hiver, dans la crainte d’être écrasé dans la rue, sujet d’ailleurs extrêmement pâle, avec tension artérielle élevée, et qui fut, pour tous ces symptômes, transformé par la médication thyroïdienne, était en traitement à l’hôpital Beaujon. Un matin, je fus frappé d’un changement dans son visage; je lui demandais s’il n’y avait rien de modifié dans sa physionomie. Il me répondit d’un ton bourru : « Non ». Puis il ajouta : « La bourgeoise dit que ma moustache redevient noire », C’est ce qui m’avait frappé, mais ce que je voulais faire dire par le malade lui-même. Peu de temps après, cette moustache ressemblait à celles que l’on voit aux devantures des coiffeurs, noire d’un côté, grisonnante de l’autre. Le tout s’uniformisa progressivement, en même temps que, sur le cuir chevelu, des
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eheteux blancs étaient remplacés par des cheveux noirs.
LES RIDES accusent de même une influence endocrine.
Le frôüt êti est dépourvu, chez les basedovviens, chez les sujets atteints d’hyperthyroïdie, qui, de ce fait, ont une bonne qualité de la peau et une circulation activé. C’est un trait de la jeunesse. Pour en conserver l’apparence, bien des femmes recourent au massage; certaines consentent même à des opérations esthétiques. La nature réalise parfois ce front lisse, uni, virginal, même chez des sujets qui ne sont pas jeunes, ce qui fait partie du syndrome que j’ai appelé la «juvénilité persistante».
Par contre, F insuffisance thyroïdienne, par une mauvaise qualité de la peau, par un manque d’énerme de l’appareil musculaire, provoque des rides faciles et profondes, ce qui contribue à donner aux myxoedémateux et aux insuffisants thyroïdiens un aspect de sénilité précoce.
Par un mécanisme différent d’hypertrophie musculaire, les sujets dont Vhgpophgse est en état de surfonction, ceux qui sont atteints de la maladie de Piêrre-ifarie (acromégalie), ceux qu’avec Mlle le docteur Vouaux j’ai appelé les Pierre-Mariens, ont souvent des rides très accentuées.
Les SOURCILS fournissent un appoint important au diagnostic des troubles thyroïdiens.
Les sourcils, du point de vue morphologique, peuvent se diviser en trois parties: la tête, le corps, la queue. Des trois parties, la plus volumineuse est le corps qui tient le milieu entre la tète (partie interne) et la queue (partie externe). Les deux sourcils sont séparés par un espace (espace întersôürcilièr).
Or, il y a des sujets, chez qui des poils, en plus ou moins forte quantité et dimensions, sont développés dans l’espace intersourcilier. Ce sont des hyperthyroîdiens. Un plus grand nombre d’individus manquent de poils dans la partie externe (queue de sourcil); et généralement, quand les sourcils tombent, ils tombent dans cette région. Les sujets, qui présentent ce trouble, sont des hgpothyroîdiens. On note, parfois même, l’absence complète de tout sourcil.
Le traitement thyroïdien, comme on en trouvera plus de soixante cas, dans la thèse de mon élève, M. Michel, est susceptible de faire apparaître des poils sourciliers, qui n’avaient jamais poussé, de faire réapparaître des sourcils, qui étaient tombés.
L’existence à la fois d’absence de poils de la queue du sourcil, avec présence de poils dans l’espace intersourcilier, est l’indice de l’instabilité thyroïdienne. Il est fâcheux que la mode américaine, qui se développe en France, d’épiler les sourcils et d’en modifier l’apparence, prive l’endocrinologue d’un signe aussi précieux, que j’avais appelé signe du sourcil, et auquel M. Apert a été assez aimable, pour donner le nom de « signe de Léopold Lévi et Rothschild. »
Les CILS sont très développés chez des enfants, que l’on considère comme prédisposés à la méningite tuberculeuse; ils sont longs chez les hyperthyroïdiens, chez qui la tuberculose est loin d’être exceptionnelle. Ils tom* bent chez des sujets, à œil chassieux, à tempe-
Planche X
Myxœdime de l'adulte avec calvitie.
Fig. 19 Fig. 20
Avant le traitement thyroïdien. Après le traitement thyroïdien.
(D'après Hertoahe.)
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rament lymphatique, et sont susceptibles de repousser, par la médication endocrinienne appropriée, surtout lorsque celle-ci est associée au traitement local indispensable, lorsqu’il s’agit de blépharite cilliaire.
La FACE est creusée de cavités, qui communiquent avec les fosses nasales : ce sont les sinus.
Ils sont parfois atteints, à la suite d’un simple rhume, d’une inflammation aiguë, qu’on appelle la sinusite. Lorsqu’une suppuration se produit dans ces cavités, elle entraîne parfois l’intervention chirurcale. Or, ces sinus, tant dans leur partie osseuse que dans la muqueuse qpii les tapisse, peuvent être le siège d’une augmentation de volume, donnant lieu à une sorte de sinusite chronique, qui doit attirer l’attention sur le fonctionnement exagéré de l’hypophyse. Il se fait également des poussées congestives et secrétoires dans ces siîius, (fausse sinusite), par hyperthyroïdie.
Dépendant également de l’hypophyse, il y a lieu d’envisager le NEZ qui mérite d’attirer quelque peu l’attention, même si on ne se préoccupe que de son développement.
J’ai rapporté le cas de la mère de Hommasse (15), dont le nez était si volumineux que ses frères et sœurs lui répétaient : « Tu ne te marieras pas, tu as le nez trop gros », et qui passait son temps à s’étirer le nez pour en diminuer les dimensions. Chez elle, quatre grossesses ont déterminé une hypertrophie progressive des mains et des pieds, à mettre sur le compte d*un excès des fonctions hypophysaires.
Une autre de mes malades s’étirait de même le nez, cette fois parce qu’il était trop petit, et qu’elle trouvait qu’il ne se développait pas. J’ai eu l’occasion plus tard de lui donner mes soins pour des gonflements subaigus de la face et des paupières. A ce moment, son nez était suffisamment développé.
J’ai constaté, d’autre part, l’amélioration considérable du volume du nez et des extrémités, chez une dame atteinte d’hypertrophie, portant sur les parties molles de ces régions. L’effet fut obtenu par une opothérapie complexe, comportant l’emploi de l’hypophyse à doses régulatrices.
On se rappelle peut-être le cas, cité page 33, d’un sujet chez qui il se produisit, sous mes yeux, un gonflement extérieur du nez, limité à la moitié de cet organe, prenant l’aspect d’une petite pomme de terre, et laissant ce malheureux un peu grotesque pendant quelques heures.
Le nez est encore susceptible de se boucher par un gonflement chronique de la muqueuse, dans le myxœdèine, et à certaines périodes du mois, chez les femmes. Ce gonflement apparaît quelquefois, d’une façon subite et impré-vue, ce qui donne lieu à des éternuements, à un écoulement d’un liquide clair comme de l’eau, en somme à des troubles apparentés à l’asthme nasal, dont ils ne sont qu’une réduction.
Lorsqu’il y a insuffisance du développement du nez, on peut, en dehors de l’opothérapie, chercher à modifier cet organe, en utilisant la dilatation par des sondes, qui a en plus pour but de réveiller la vitalité de la muqueuse.
LES ENDOCRINES
L’œil fournit des renseignements intéressants au point de vue des endocrines.
Expansion du cerveau par la rétine, l’œil traduit les sentiments, les passions qui agitent le . sujet. «Les yeux, répète-t-on, sont le miroir de l’âme On ne peut envisager toutes les variétés dans l’expression de l’œil: l’œil rieur, malin, gai, triste, etc... Nous n’avons en vue ici que les variations, dont la signification endocrinienne est marquée.
Vexpressîon de l’œil varie parfois chez un même sujet. Une enfant que ses petites amies appelaient «Grand’mère » (29), était, physiquement et intellectuellement, deux personnes différentes, soir et matin. Elle se réveillait le visage gonflé, les paupières alourdies, l’œil sans expression, sans vie. On ne pouvait rien tirer d’elle; elle était comme endormie, avait une compréhension lente et difficile. Le soir, son visage était dégonflé; elle avait de la répartie, parfois de l’esprit; son œil brillait, elle devenait jolie. C’est que le matin, elle était en état d’insuffisance thyroïdienne, le soir elle était hyperthyroïdienne. Le fonctionnement marqué de la thyroïde confère à la fois l’intelligence et la vivacité du regard.
La coloration des yeux est également sujette à variations.
Œdématiée (43) qui a été, d’une façon surprenante, mise à l’abri — par des injections de lobe postérieur de glande hypophyse — de troubles circulatoires, lui troublant l’existence depuis nne quinzaine d’années, ne pouvait prendre un
le TEMPÉRAMEilT
bain chaud, sans que son œil changeât de couleur. Ce qui était dû à une congestion des fibres de son iris.
Une jeune fille m’a fait remarquer que, suivant son état de santé, le ton de ses yeux varie; elle a des yeux bleu clair ou, au contraire, comme éteints, mourants, «passés», selon son expression.
Une autre de mes malades, a, de même, une expression différente de son regard; à certains moments, son œil devient sauvage.
Dans un cas de thyroïdisme alimentaire, chez une myxœdémateuse, l’excès de thyroïde provoqua un éclat exceptionnel de l’œil qui avait frappé ses médecins.
En prêtant attention à l’apparence du regard, on rencontre parfois des différences considérables: un rhumatisant chronique, hypothyroïdien, avait un aspect tellement- atone de l’œil que, si cette particharité n’avait pas existé simultanément des deux côtés, j’aurais cru à un œil de verre. Dans ce cas, l’œil est en général profondément enfoncé. Inversement, sous l’influence d’une vive émotion, l’œil change d’aspect. La colère fait sortir les yeux de la tête, surtout chez les hyperthyroïdiens, qui sont déjà disposés à la protrusion oculaire. Un vif Chagrin proluit parfois l’earorôfifzsme, même en une seule nuit.
Un personnage de Marcel Prévost chez qui les yeux ont normalement «le luisant de l’agate», sous Finfluence d’une émotion, «jette vraiment du feu», n n’est pas rare qu’on dise otb l’œil lance des étinceues. Ces modifications de l’éclat de l’œil tiennent à lliyperthîfroïdie.
LES ENDOCRINES
Si l’on envisage maintenant des états permanents, on voit, dans certaines familles, des sujets à gros yeux, caractère qu’on rencontre également dans l’hyperthyroïdie. Dans un premier cas, il s’agit parfois d’une sorte d’yeux de bœuf, souvent à fleur de peau et peu expressifs. Chez les hyperthyroïdiens, ils sont, au contraire, brillants, animés de mouvements ténus, qui sont comme une variété de tremblement musculaire. L’œil reste, de même, vif et clair dans la juvénilité persistante, liée à l’hyperthyroïdie. Par contre, les hypothyroïdiens ont une tendance à avoir l’œil enfoncé, atone, remarquable par la lenteur et la diminution de mouvements.
Une autre apparence de l’œil mérite encore d’être signalée. L’œil a une coloration bleue de porcelaine, par suite d’un manque de circulation de la conjonctive et de la sclérotique. Cet état coïncide souvent avec la surdité et, en particulier, avec la fragilité osseuse. Il se rapporte aux troubles endocriniens.
La signification de la couleur des yeux, par rapport au tempérament et autres caractères des personnages, vient de faire l’objet d’un mémoire très documenté de M. Pierre Abraham, sur la coloration des yeux des héros de Balzac.
La pupille, qui dépend en grande partie du sympathique, subit des variations, elles-mêmes en rapport avec l’état des endocrines. En particulier, chez les hyperthyroïdiens, on note du rétrécissement ou de la dilatation, ou de l’inégalité pupillaire. En général, chez les sujets âgés, la pupille est étroite; elle est élargie chez les jeunes sujets; les médecins trouvent souvent dans l’état de la pupille des symptômes de maladies nerveuses. Lorsque celles-ci ne sont pas en cause il faut penser, pour expliquer ces variations, aux glandes endocrines.
L’iris lui-même, pour certains observateurs, serait la représentation des différentes parties du corps, et on a voulu fonder toute une méthode de diagnostic, d’après les taches qu’on aperçoit au niveau de cette membrane.
L’état du cristallin, dont les opacités se traduisent par la cataracte, reconnaît, dans un certain nombre de circonstances, des relations avec la parathyroïde, surtout si la cataracte est associée à la tétanie, et avec la glande thyroïde, qui a fourni, dans certains faits exceptionnels, des résultats thérapeutiques, d’autant plus encourageants, que cette affection est le plus souvent justiciable de la chirurgie.
D’autres particularités peuvent encore être signalées. Souvent l’œü est sec, il est en même temps brillant, chaud; d’autres fois, au contraire, il est humide, larmoyant. Ce qui est dû à un excès de sécrétion de la conjonctive et se rencontre au cours de l’asthme nasal. Certains sujets ont toujours une larme à l’œil.
Par opposition à l’œil brûlant, je signalerai la sensation de froid aux yeux. Elle m’a été signalée pour la première fois par un enfant, déséquilibré thermique, atteint de fièvre, à origine mystérieuse. Cet enfant, qu’on avait opéré, sans résultat, des végétations adénoïdes, et d’appendicite, qui présentait des ganglions dans le médiastin, faisait de la fièvre dès qu’il sortait de ses habitudes : une composition, un voyage d’une demi-heure, le fait d’aller au cinéma, suffisaient pour lui donner la fièvre qui, je le dis tout de suite, céda à la médication thyroïdienne ( 46 ).
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^11 était en même temps d’une très grande frilosité et il ressentait, en particulier, la sensation de froid aux yeux et de froid aux dents. Ces phénomènes reels font penser que l’expression métaphorique «ne pas avoir froid aux yeux » correspond également à un certain état endocrinien, opposé au précédent. Il doit se rencontrer chez les hyperthyroïdiens, les hyperendocriniens et par ailleurs s’est manifesté chez les « Poilus », qui se sont montrés des surhommes.
L’œil bouffi tient à un gonflement, le plus souvent intermittent, parfois permanent, des paupières, qui est en rapport avec un trouble de la fonction thyroïdienne.
Quant aux yeux cernés, ils donnent lieu à diverses interprétations. Souvent indice de combats intimes, de mauvaises habitudes chez les enfants, d’une période particulière du mois chez la femme, ils peuvent se rapporter à des troubles pigmentaires, rendus plus apparents par la disposition anatomique de la cavité de l’orbite, sur laquelle se tend le voile des paupières.
J’ai pensé que souvent le cerne des yeux nécessite l’intervention d’un trouble du sympathique et de la surrénale, qui jouent un rôle dans la pigmentation en général.
L’arc sénile, cercle qui entoure la périphérie de la cornée, est produit par des dépôts de cholestérine dans cette région peu irriguée.
Les LÈVRES sont gonflées par l’état thymo-l 3 rmphatique. Elles peuvent être le siège d’un œdème paroxystique, dans ce qu’on appelle la maladie de Quincke, rendant la bouche difforme et obligeant certains malades, qui sont atteints de
ces troubles désagréables, à ne pas oser affronter la vue d’autres personnes.
Les lèvres peuvent être le siège d’une coloration rouge si vive, qu’on pourrait croire à l’emploi du fard rouge.
Les MACHOIRES, surtout la mâchoire inférieure, sont sous la dépendance de la glande hypophyse. Il n’est pas rare que, par suite de l’insuffisance du développement du maxillaire inférieur, il se produise une projection très marquée du maxillaire supérieur, un véritable prçgnathisme supérieur, indice d’une insuffisance hypophysaire. Par contre, le prognathisme inférieur, c’est-à-dire le développement marqué du maxillaire inférieur, qui le projette en avant et qui est l’indice d’un excès de fonction de l’hypophyse, est souvent, d’après la tradition, le signe de grande volonté, d’entêtement. Lorsqu’il s’accompagne d’une hypertrophie des sinus, des arcades sourcilières, on rencontre cette disposition morphologique chez les Pierre-Mariens, chez les acromégales, chez les dominateurs. Cette disposition est très visible sur le masque de Savonarole.
Les PAROTIDES, dont les oreillons déterminent l’augmentation de volume, peuvent être le siège de ce que j’ai appelé les « faux oreillons congestifs». Autrement dit, chez certains sujets, il se produit, sous l’influence d’une poussée vasomotrice et vaso-secrétoire, un gonflement d’une
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ou des deux glandes parotides, donnant l’impression des oreillons, entraînant l’isolement momentané des sujets, atteints de cette anomalie; mais cette augmentation de volume est généralement passagère, souvent unilatérale. Par contre, elle est susceptible de se reproduire fréquemment. L’une de mes malades présentait ces troubles jusqu’à deux et trois fois par semaine, ce qui, peu à peu, a laissé un épaississement irréductible des glandes salivaires.
Si nous envisageons maintenant le cou, il fournit des indices fort précieux à l’endocrinologie. C’est à son niveau que se trouve la glande thyroïde. Lorsqu’elle est insuffisamment développée ou atrophiée, le cou est particulièrement plat; il est gonflé au contraire, soit d’une façon égale (cou plein), soit d’une façon irrégulière, avec hypertrophie légère, moyenne, accentuée, considérable ou monstrueuse, dans les différents cas de goitres, tumeurs bénignes de la glande thyroïde.
Lorsque le goitre est peu accentué, ce qui se rencontre fréquemment dans ce qu’on appelle « le petit goitre » de tempérament, c’est seulement pendant le mouvement de déglutition, ou lorsque le sujet fait un effort, que la thyroïde devient apparente. Par contre, dans les pays à goitres, chez certains crétins, l’hypertrophie de la glande forme une masse énorme qui peut déborder de tous les côtés la région du cou.
Les petits goitres réguliers cèdent au traitement thyroïdien (PI. IV). Les gros goitres, avec
kystes ou dégénérescence, sont justiciables de Tintervention chirurgicale, admirablement réglée actuellement. Le goitre exophtalmique, qui comporte, en dehors du goitre, de nombreux symptômes, nécessite une médication adaptée à chaque cas. (PI. V.)
Le THORAX est, chez certains sujets, étroit. Le cœur n’y trouve pas facilement sa place, il est suspendu comme une goutte. Les sujets à thorax étroit, ont fréquemment un abdomen également étroit. Ce sont des Microsplanchniques, mais qui, en même temps, ont des membres très longs et, à ce propos, sont dits longilignes. On peut mettre en opposition avec ces sujets, d’autres qui, par contre, ont un thorax élargi, un abdomen étalé et volumineux : ce sont des Macrosplanchniques qui, simultanément, sont des hrévilignes.
L’abdomen présente d’autres particularités :
chez les myxœdémateux, il est souvent étalé; on dit qu’il ressemble à un ventre de batracien; il est le siège de hernies, en particulier de hernies ombilicales. On note facilement, au niveau de l’abdomen des troubles de pigmentation. La pigmentation est souvent disposée en quadrilatère sur le ventre. Elle se réduit parfois à une ligne pigmentée qu’on appelle la ligne brune abdominale, indice de l’insuffisance surrénale congénitale. On la rencontre souvent chez des sujets qui ont d’autre part le ventre tombant (ptose).
LES ENDOCRINES
Comme le thorax, l’abdomen est étroit ou large; U peut être en disproportion, par rapport aux membres.
La disproportion qui vient d’être signalée entre les membres, le tronc et l’abdomen, mérite d’être expliquée. A l’état normal il existe un parfait équilibre dans le développement des deux sections du système nerveux : le système nerveux, qui nous met en relation avec le monde extérieur {système nerveux de relation) et le système nerveux, qui est préposé à notre vie intérieure {système nerveux végétatif, dont le représentant est le nerf grand sympathique).
Mais l’écpiilibre peut être rompu dans les deux sens. Certains sujets ont le système de leur vie de relation particulièrement développé, par rapport à celui de leur vie végétative; on les dit hyperévolués. Ce sont justement les sujets, qui ont de trop longs membres: les longilignes.
Par contre, par cette rupture même d’équilibre, les organes qui servent à la nutrition (estomac, intestin) sont peu développés, et de même le cœur et les poumons. Ces sujets, à petits viscères, sont dits encore microsplanchniques, ce qui n’en est que la traduction grecque. Et leurs petits organes sont inclus dans des cavités (thorax et abdomen), qui sont, elles aussi, peu développées.
Or, ces types, hyper évolues, longilignes, microsplanchniques, sont représentés, stiivant le type classique, comme des prédisposés à la tuberculose, mais aussi comme des neuro-arthritiques maigres et congestifs.
Si l’on considère ces sujets, en fonction des glandes endocrines, on voit qu’ils sont surtout des hyperthyroïdiens. La glande thyroïde, en effet, comme le montrent les recherches faites sur des larves de têtards, est la glande de différenciation. Les larves de têtards, placées dans un milieu riche en substance thjToïdienne, se métamorphosent avec une rapidité étonnante. Et, de même, si l’on fmt absorber à des chiens du corps thyroïde en excès, ils prennent le tjqie élcaicé, levrette.
Mais comme la surfonction de la thyroïde est parfois la conséquence d’une insuffisance de quelque autre glande — en particulier la surrénale —, les mêmes sujets se présentent fréquemment en état de « faiblesse constitutionnelle » ; leurs muscles sont peu développés et ils sont peu enclins à s’en servir. Les organes splanchniques, mal soutenus par des ligaments faibles, ont une tendance à la chute, aux ptoses; eux-mêmes sont, en général, fatigués; ils réalisent le type asthénique. En même temps, ils sont souvent nerveux, du fait de l’hyperthyroïdie. Leur existence se passe fréquemment dans une lutte entre leurs désirs, qui sont démesurés, et leur incapacité à réaliser ces désirs, lutte qui se manifeste déjà dans leur écriture.
Lorsque l’équilibre est rompu en sens opposé, on a affaire à des bréviliffnes à membres courts, souvent massifs, à des macrosplanchniques, dont l’appétit est très développé et qui manifestent facilement de l’obésité, à des sujets qui, du fait d’une surrénale active, sont atteints d’hypertension artérielle, de congestion cérébrale; c’est le type apoplectique des anciens, le type des arthritiques gras. Des types intermédiaires sont souvent interposés entre ces cas extrêmes.
Si l’on en revient aux membres supérieurs, c’est la MAIN qui, chiromancie mise à part, fournit à l’endocrinologue le plus de renseignements vraiment précieux.
Envisagée dans son ensemble, la main revêt parfois un aspect qu’on peut appeler « hivernal ». Cet aspect, s’il n’apparaît pas exclusivement l’hiver, est du moins plus accentué par les grands froids. La malade, ou son entourage, qualifie la main de « main de cuisinière ». Elle associe souvent les caractères suivants : elle est froide, voire glacée; violette, livide même. Elle
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est gonflée, tuméfiée, comme si elle avait séjourné trop longtemps dans un bain. Le plus souvent, elle est sèche, parfois moite, humide, et en proie à des transpirations abondantes, mais froides. Cette main répond à une circulation insuffisante, et à un gonflement des parties molles, par de la lymphe en excès. Elle s’accompagne d’engelures. Elle est en rapport avec une insuffisance dans le fonctionnement de diverses glandes endocrines, car un grand nombre de glandes prennent part à la circulation, à la calorification, à la sudorification.
Fréquemment l’endocrine essentiellement responsable de ces troubles est la thyroïde. Le myxœdème, qui réalise une insuffisance thyroïdienne maxima, comporte, parmi ses symptômes, la main hivernale. Le myxoedémateux vit d’ailleurs comme dans un hiver peirpétuel.
L’emploi thérapeutique du corps thyroïde fournit la preuve du mécanisme thyroïdien de cette main spéciale. En voici un exemple:
En 1906, j’ai soigné une jeune fille de 15 ans, atteinte depuis l’enfance, d’un eczéma rebelle de la main, et d’entérite chronique avec diarrhée. Elle était porteuse d’un grand nombre de petits signes d’insuffisance thyroïdienne, et avait des mains, que sa mère appelait justement « des mains de cuisinière ». Le traitement thyroïdien guérit la diarrhée et l’eczéma, transforme l’ensemble du tempérament du sujet, et c’est même le premier cas ptiblié dans lequel J’insiste sur ces
métamorphoses. La jeune fille, au point de vue physique, s’élança, eut le visage dégonflé, les yeux plus brillants, plus d’expression dans le regard. Pour ce qui est de la main, elle s’affina, fut moins gonflée, moins violette, se réchauffa.
Ce oui est vrai pour la thyroïde, l’est également pour d’autres glandes incrétoires. Souvent les jeunes filles, à une nériode de la vie, où la coquetterie commence à s’éveiller, sont navrées de présenter cette main hivernale. Le traîtem.ent ovarien, utilisé aux doses à la fois fortes, fréquentes et prolongées, fournit quelquefois les meilleurs résultats et fait disparaître ces troubles. Souvent le mariage, et la maternité. rétablissent l’équilibre circulatoire rompu jusqu’alors.
La glande hypophyse intervient, de même dans le gonflement, le refroidissement, la sécheresse, la coloration de cette main spéciale. Il en est ainsi chez les sujets dont j’ai synthétisé l’apparence, sous le nom de « Grandelette. » (3)
Tout récemment, j’ai obtenu un résultat, véritablement expérimental, dans un cas de ce genre traité avec du lobe postérieur de Vhypophyse.
Un homme de quarante-neuf ans manifestait, malgré la chaleur, l’ensemble des symptômes de la main hivernale. En plus, il ressentait de la gêne douloureuse et ne pouvait pas la fermer. Ses doigts portaient encore des engelures. Dès la première injection, il se sentit amélioré, et a été transformé après trois injections.
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Comme dans les autres cas, lorsqu’on se trouve en présence de la main hivernale, il faut, pour fixer le traitement, rechercher l’ensemble des troubles que présente le sujet, qui dénotent que telle ou telle glande se trouve en défaut, ou qu’il existe un déséquilibre pluriglandulaire. A l’opothérapie, on peut adjoindre ^elques médicaments (ergotine, atropine), recommander surtout quelques exercices de gymnastique locale, très précieuse dans les cas de ce genre. On trempera la main successivement dans des cuvettes d’eau chaude et d’eau froide. Surtout on exécutera, les mains levées, des extensions et des flexions énergiques des doi.^s et du pouce. Cette gymnastique réchauffe et change la coloration des extrémités. J’ai obtenu, dans un cas, la guérison par l’emploi de la machine à écrire. Des exercices de piano, peut-être à cause de la sensation froide des touches, ne sont pas à recommander. Ils l’étaient surtout moins, autrefois, quand les jeunes filles faisaient leurs exercices en hiver, dans un grand salon qui n’était pas chauffé.
Un phénomène, qui complète la main hivernale, est représenté par les engelures, plaques rouges violacées, luisantes, point de départ de vives démangeaisons et qui se compliquent soit d’élévation de la peau, soit de plaies ulcérées. Les engelures, contre lesquelles les traitements habituels s’épuisent souvent en vain, peuvent être évitées par la gymnastique des mains, qui vient d’être signalée. Ces exercices sont encore capables de guérir les engelures, de même que les gelures des pieds, qui furent si fréquentes chez les soldats de la grande guerre.
Les engelures cèdent, d’autres fois, à l’opothérapie, comme je vais en fournir divers exem-
Un conducteur d’omnibus, qui souffrait, depuis l’enfance, d’engelures des mains et des pieds, extrêmement gênantes pour sa profession, fut débarrassé de cet ennui par le traitement thyroïdien, qui provoqua simultanément un développement de sa moustache.
Une dame transformée, de façon générale, par la thyroïde et la parathyroïde, de neuro-arthristisme, avec fluxions multiples, conservait un abaissement de température des extrémités avec des engelures, qui commençaient dès le mois de septembre. Les rayons ultra-violets l’avaient améliorée pour une courte période. Un traitement surrénalien exclusif, par cachets de 0 gr. 20 de poudre de surrénale, produisit, après l’ingestion du dixième cachet, une sensation de chaleur générale, qui l’obligea à ouvrir la fenêtre pendant la nuit au mois de novembre, qui fit disparaître ses engelures, résultat qui n’avait jamais été obtenu jusqu’alors, malgré les nombreux médicaments absorbés.
A l’opposé de la main violette hivernale se manifeste la main rouge, que j’ai dénommée estivale. Elle se traduit par les caractères, symétriquement inverses de ceux produits par la première. Elle est chaude, rouge, transpirante (transpiration chaude) : elle apparaît surtout l’été; elle est l’indice d’une circulation trop active, entraînant comme conséquence, un excès de température, des transpirations qui — comme dans la carafe poreuse qu’on appelle !’« Al-
LES ENDOCRINES
carazas > espagnole — donnent lieu à un refroidissement par évaporation rapide.
Cette fois, c’est le fonctionnement excessif de l’appareil endocrine qui est à incriminer, et, en particulier, de la glande thyroïde. Cette main estivale se rencontre chez les basedowiens, qui vivent, de par leurs symptômes, comme dans un été perpétuel.
Un cas de transformation de main hivernale en main estivale, que j’ai rapporté autrefois, mérite d’être signalé ici. Il s’agit d’une dame de quarante-sept ans qui était entrée une nuit, pour des crises de pseudo-asthme, dans le service du professeur Potain à la Charité, avec une cyanose non seulement des mains, mais des lèvres et des pommettes. Son état était si grave qu’on crut qu’elle ne passerait pas la nuit. En fait, elle resta trois années dans le service de Potaîn et, quand je la vis neuf ans après, elle présentait encore une cyanose des mains, des poignets, d’un tiers environ des avant-bras. Cette main violette devenait noire en hiver. Or, sous l’influence du traitement thyroïdien, son état se transforma. Entre le vingt-troisième et le trentedeuxième cachet, la main, toujours bleuâtre auparavant, devint rouge; de froide elle devint chaude; de sèche, elle devint moite. Il en fut de même pour les pommettes et les lèvres. Cet état nouveau persista d’ailleurs, sans qu’on pût arriver à la régulation, mais la malade était au fond enchantée de cette transformation. Le fait en lui-même a une très grande importance, parce
que ce qui se voit à la peau, se produit, de même, dans la profondeur des tissus et permet d’expliquer bien des faits qui restent incompréhensibles, si on a pas ce fil d’Ariane pour se ^ider dans ce labyrinthe obscur.
L’hyperthyroïdie ne possède pas le monopole de la main rouge. On la rencontre encore dans l’acroméffalie, (maladie de Pierre-Marie), qui est due à la surfonction hypophysaire. L’activité de la circulation explique, vraisemhlahlement. le développement des parties molles et des os de la main, oui sont une des caractéristioues de cette maladie. Tl en est de même dans un état dérivé de la maladie de Pierre- Marie, auquel j’ai donné le nom de Pierre-Marisme, Le traitement, frénateur de la fonction hypophvsaire. règle l’excès des phénomènes, qui se produisent dans ce cas, et entraînent parfois la diminution de la main.
Sur le terrain circulatoire, d’autres troubles sont possibles. Au lieu de se manifester d’une façon continue, soit pendant tout l’hiver, soit pendant tout l’été, avec des hauts et des bas, suivant les périodes extrêmes de la température, d’autres phénomènes, dont je vais parler, sur-! viennent au contraire, par crises. L’un d’eux, qui est susceptible de se rencontrer chez tous les sujets, par des froids excessifs, porte le nom de « doigt mort » ou d’« onglée » : L’extrémité d’un doigt, oq de deux, tous les doigts sauf, en général, les pouces, sopt frappés comme d’une syncope locale. Ils sont pris d’une coloration blanchâtre, pâle, « comme la mort » îvorine, parfois remplacée par qne teinte vineuse caractérisée.
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Le doigt mort, ainsi gu’on l’appelle, est parfois le premier stade d’une maladie des mains, dont le deuxième stade est l’asphpxie des extrémités; il comporte, dans sa forme achevée, de petites ulcérations de la peau, un peu plus grandes que dès têtes d’épingles, sorte de gangrène locale des extrémités, qui se manifeste encore au nez et aux oreilles.
C’est surtout chez les jeunes filles qu’on rencontre les trois stades de cette maladie, décrite par Raynaud; elles ont des rapports avec les engelures, surviennent uar le froid et les émotions, font intervenir, dans leur uroduction, un excès d’adrénaline par snrfonction de la surrénale, dépendent de l’hyponhvse et de la parathvroïde, glandes qui produisent des snasmes, empêchant le sang d’arriver jusqu’aux extrémités des doigts.
Le reflux, en grande quantité, du sang veineux provoque l’asphyxie des extrémités.
Une autre maladie dessèche la main, fait du derme de la peau comme un tissu de cicatrice, c’est la sclérodermie.
Elle débute également par de la syncope locale, de l’asphyxie des extrémités et dépend également des endocrines. Dans la maladie de Ravnaud et la sclérodermie, on obtient parfois de très bons résultats par l’emploi de l’onothérapie, ou en utilisant divers rayons : rayons ultra-violets," rayons X, sur les glaqdes endocrines.
En dehors du gonflement froid de la main hivernale, qui survient, de préférence le matin, et empêche parfois le sujet de plier la main: en dehors du gonflement chaud de la main estivale, qui survient de préférence le soir, par la fatigue, par le fait de porter un objet, la main est parfois le siège d’un gonflement douloureux, limité aux parties molles ou siégeant aux arti-
culations. Il s’agit d’un œdème thyroïdien d’origine rhumatismal. J’ai vu un œdème de ce genre, localisé aux poignets, et ayant le volume d’une demi-orange, céder à quelques cachets de corps thyroïde.
Bien d’autres particularités sont encore à signaler à propos de la main. Elle est petite dans l’hypothyroïdie, plus petite encore chez les nains hypophysaires, inachevée dans rhypopituitarisme.
Elle est grande, élancée, avec des doigts longs à allure aristocratique, dans l’hyperthyroïdie.
Elle est d’apparence angélique, dans la constitution thymique. Les peintres florentins semblent s’être inspirés de sujets atteints de cette constitution, pour représenter les mains de leurs anges.
Des mains larges, en battoir, mains d’assassins, se retrouvent chez les hyperpituitaires,
La main masculine, la main féminine, la main infantile qui, quelquefois, détonnent chez des sujets à sexe opposé, ou ayant passé déjà l’âge de leurs extrémités, sont également en rapport avec des troubles des glandes.
Au cours de l’insuffisance hypophysaire, on constate une extrême souplesse, une distensibilité des ligaments des doigts de la main, qui permet au sujet d’accomplir les mouvements les plus variés.
Cette distension va de pair avec le pied plat, la distension des ligaments de l’estomac et peut se modifier par le traitement à la poudre d’hypophyse.
Un autre signe intéressant, fourni par la main, est la présence de nodosités de Bouchard.
On appelle ainsi l’élargissement de la région, qui est intermédiaire entre la première et la deuxième phalange. Ces nodosités coïncident avec ce que Bouchard appelait la dilatation d’estomac, en réalité avec
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an estomac allongé dans le sens vertical et qui clapote facilement. Par une pression exercée brusquement sur cet estomac, lorsque le sujet est dans la position couchée, il se produit ce glouglou spécial qu’on obtient en remuant une bouteille à moitié vide. Certains malades le déterminent, eux-mêmes, par contraction des muscles abdominaux.
L’estomac, qui fait ce bruit, se vide lentement, ce qui donne lieu à des malaises variés de la digestion. Le sujet qui a un thorax étroit avec « des côtes en long », un abdomen peu développé dans le sens de la largeur, reste maigre en général.
Le simple fait de constater les nodosités de Bouchard conduira à des déductions importantes. Elles sont, d’après moi, l’indice d’une insuffisance native de la glande surrénale (parfois de l’hypophyse) et entraîne, en dehors des troubles stomacaux, des ptoses (chutes) des organes abdominaux. Ces sujets présentent un manque notable d’énergie. Ils sont nés fatigués et manifestent de petits signes de l’insuffisance surrénale (et parfois hypophysaire).
Mais, par le jeu intriqué des glandes, il s’établit facilement chez eux, une réaction d’hyperthyroïdie. Ces maigres ont souvent des membres allongés, ils sont nerveux, inquiets, angoissés; ils ont la faiblesse irritable et passent souvent leur vie à lutter par un effort de volonté contre leur déficience physique. La graphologie montre, dans ces cas, un redressement des lettres, indice de la lutte entre le désir, le vouloir et l’insuffisance du pouvoir.
J’indique encore rapidement dans l’ordre des troubles fonctionnels : le tremblement de la main par i’h 3 q)erthyroïdie, les crampes, les
mouvements involontaires, par insuffisance de la glande parathyroïde. Cette même insuffisance est coupable de diverses sensations: doigt mort* main morte» endormissement, engourdissement, fourmillements, picotements, phénomènes qui peuvent être, d’autre part, causés par des désordres sympathiques, se rattachant à la cellulite.
Parfois, la main est le siège de déformations dues à des rhumatismes chroniques, d’origine endocrinienne. Elle peut présenter une rétraction de iaponévrose palmaire, qui provoque la flexion involontaire des doigts, avec impossibilité de les redresser. Cette maladie, dite maladie de Dupuytren, est progressive, et considérée comme incurable. Elle trouve cependant, dans des cas heureux, un remède dans l’opothérapie thyroïdienne, comme j’ai été le premier à le démontrer.
Sans insister davantage, on voit donc toutes lés ressources que fournit à un observateur attentif l’étude spéciale de la main, qui peut « fixer l’horoscope endocrinien du sujet. »
Les MEMBRES INFÉRIEURS sout, à leur tour, révélateurs de troubles des glandes.
Même lorsqu’ils sont proportionnés au resté du corps, leur développement est déjà l’indicé d’un fonctionnement, plus ou moins accentué, des glandes de la croissance. Des membres inférieurs, allongés, s’observent chez les sujets en puissance d’hyperthyroïdie; ils deviennent immenses chez les sujets hyperpituitaires.
LES ENDOCRINES
Inversementj les types courts, qui ont leur forme maxima dans le nanisme hypopliysaire et thyroïdien, ^ rencontrent, à un degré modéré, dans l’insuffisance thyroïdienne. tJne apparence, comparable à celle des chiens bassets, tient à une soudure précoce, produite même avant la naissance, au niveau des-cartilages articulaires, dont la prolifération produit l’os. Elle semble soüs la dépendance des glandes, en particulier des glandes sexuelles, mais représente un état définitif, irréparable dès la naissance. Avec des membres inférieurs et supérieurs courts, les sujets ont une grosse tête, un thorax et un abdomen développé; on les appelle des achondroplasiques.
Des membres tordus sont souvent l’indice du rachitisme, auquel participent les parathyroïdes, glandes, qui fournissent, d’autre part, une opothérapie réparatrice. Elle sera utilisée, en dehors de l’hygiène respiratoire et digestive, des rayons ultra-violets et de l’emploi du calcium.
La disproportion, entre les membres inférieurs et le reste du corps, se rencontre chez les animaux castrés, car les glandes, qui leur sont enlevées, freinent la croissance, en particulier celle des membres inférieurs. L’insuffisance des mêmes glandes, qui se manifeste au cours du développement et est parfois consécutive â des maladies (oreillons, tuberculose), détermine d’une façon durable cette apparence, qui permet de reconnaître rétrospectivement un état anormal disparu depuis fort longtemps.
D’autres particularités sont revendiquées par les glandes : un degré léger d’irritation de l’articulation des hanches qui se traduit par du déhanchement; le genu valgum; un déboitement facile du genou; la torsion répétée des chevilles; le pied plat, tous symptômes qui font intervenir un mécanisme d’insuffisance hypophysaire.
Cette même insuffisance fixe la localisation de la graisse chez les obèses, (à la fois au voisinage de Tabdomen), et, en ce qui concerne les membres inférieurs, au niveau des cuisses en avant et en arrière.
Uobésité s’y trouve facilitée, par le gonflement chronique des membres inférieurs, qui donne lieu à ce qu’on appelle les jambes en poteaux, les jambes d’éléphant, si redoutées des femmes, depuis la mode des robes courtes. Ce gonflement, en rapport avec une rétention d’eau et de sel dans le tissus, est facilité par une hydrophilie et une chlorophilie des tissus souscutanés et par une diminution de la fonction rénale, le tout en connexion avec l’activité amoindrie dè l’hypophyse.
Les varices, par dilatation des veines des membres inférieurs, contribuent au gonflement des jambes qui s’accentue le soir, et à la suite de la position verticale prolongée. Elles donnent lieu à des fourmillements, des impatiences, des crampes, et peuvent être suivies d’ulcères des jambes. Elles se rattachent aux troubles des glandes thyroïde, ovaire, hypophyse, surrénales, ce qui amène l’emploi de l’opothérapie dans le traitement de cette maladie, parfois assez désagréable pour entraîner l’usage d’injections sclérosantes dans les veines.
Les membres inférieurs sont fréquemment le siège de pilosités exagérées, ce qu’on observe dans le masculinisme.
Des troubles de circulation, des réseaux se
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dessinent sous la peau, du fait de l’insuffisance thyroïdienne.
Les PIEDS sont froids, glacés, surtout l’hiver; parfois ils sont le siège d’engelures. Ils ne sont pas, en général, bleuâtres comme les mains. C’est au contraire au-dessus des malléoles que se produit une plaque de coloration, intermédiaire entre le violet et le rouge, liée à un trouble circulatoire qui favorise des lésions tuberculeuses à ce niveau.
Par opposition, les pieds sont parfois le siège de chaleurs, rougeurs, douleurs vives, aiguës, qui, chez une de mes malades, lui faisaient quitter dans la rue sa chaussure, pour plonger le pied dans l’eau courante du ruisseau. Il s’agit d’une maladie spéciale qu’on appelle l’érythromélalgie, ce qui signifie douleur et rougeur des extrémités, et qui est dominée par la thyroïde et l’hypophyse.
Les grands pieds, qu’on rencontre chez les géants, les pieds larges, les pieds qui grandissent pendant les grossesses et la ménopause, sont l’indice d’un excès des fonctions de l’hypophyse. Les petits pieds, féminins, tiennent à une hypophyse peu active. Par insuffisance des ligaments, l’insuffisance hyq)ophysaire provoque la torsion des pieds, et aussi le déboitement des genoux, la facilité du grand écart et la station en tailleur.
Les MUSCLES sont le siège de raideurs, de crampes, de contractions, souvent visibles sous la peau. Les varices, la cellulite, le mauvais fonctionnement des parathyroïdes provoquent ces
malaises, qtl’il faudra rapporter, pour les combattre, à leur cause exacte.
J’ai publié le cas d’une malade de sept ans, qui ne pouvait pas se tenir debout; par l’opothérapie hypophysaire j’ai pu la mettre en état d’être photographiée dans la position verticale.
Une déformation curieuse, Vorteil en marteau, a, dans un cas personnel, été amélioré par le traitement thyroïdien.
Tant aux mains qu’aux pieds, les ONGLES sont soumis à l’appareil endocrine, qui leur confère leurs avantages et leurs, défectuosités. Il est susceptible de modifier les ongles dans leur croissance, leur solidité, leur développement.
J’ai signalé un cas dans lequel le traitement thyroïdien, en même temps qu’il fit apparaître une poussée de poils dans les sourcils, provoqua le développement des ongles des petits orteils, qui n’avaient jaihais poussé jusqu’alors. La malade avait une trentaine d’années. Elle dut, pour la première fois de sa vie, couper ses ongles nouveaux.
Une rhumatisante chronique transformée par le corps thyroïde avait des ongles bruns, durs, d’un aspect terne, difficiles à couper. Le traitement fit sortir un ongle mince, rosé, avec apparence normale. Un sillon séparait ces parties si différentes de l’ongle.
Les ongles striés se rencontrent dans l’instabilité thyroïdienne. Les stries disparaissent fréquemment par le traitement thyroïdien.
LES ENDOCRINES