‹ Le tempérament et ses troubles. Les glandes endocrinesChapitre 16 sur 57 · TROUBLES DE SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE SENSIBILITÉ

A) Les Sensoriels

Les sujets nerveux ont une sensibilité particulière, dont les rapports avec les endocrines sont démontrés par l’opothérapie. L’exagération de la sensibilité se manifeste sur les divers appareils sensoriels.

Asthénique ( 24 ) a une telle hyperesthésie au BRUIT qu’elle m’a demandé, en revenant d’une maison de santé, si elle pourrait rester à Paris, qu’elle trouve trop bruyant. Elle demeure cependant dans une rue des plus calmes. La médication par la surrénale, en même temps qu’elle débarrasse la malade de ses divers symptômes, la met à l’abri de cette sensibilité de Vouïe.

3S. — Hyperacousique, dont le cerveau chante, depuis son enfance, des airs connus et qui, entre parenthèses, compte dans sa famille un compositeur de musique, a été, à un certain moment de ses malaises, si incommodée par le bruit que son mari a été sur le point de demander au

maire de la commune, où le ménage passait l’été, de faire arrêter la sonnerie de l’horloge de l’église.

C’est la LUMIÈRE qui trouble d’autres sujets, leur procurant des maux de tête, des symptômes visuels, de la migraine ophtalmique, tous phénomènes susceptibles de céder à l’opothérapie appropriée, en particulier thyroïdienne.

Je n’ai pas d’observation spéciale concernant l’influence de l’opothérapie sur les sujets sensibles aux couleurs. Je rappelle seulement que la lumière rouge est excitante, et je tiens de Lumière père (de Lyon) qu’on ne pouvait, à cause d’une surexcitation spéciale, laisser ensemble dans une salle à carreaux rouges, des ouvriers et des ouvrières, occupés à des travaux photographiques. Par contre, on reconnaît l’influence reposante, portant à la méditation, de la teinte bleue, que l’on retrouve d’ailleurs dans la majorité des vitraux des cathédrales.

Pour ce qui est des odeurs, que de gens souffrent, sous des formes variées, des mauvaises odeurs, parfois même des odeurs agréables! Le cas de Widal, Abrami, de Gennes, concernant une femme qui avait des crises d’asthme, quand elle sentait l’odeur de -la rose, et qui supportait cette odeur, quand elle était soumise au traitement thyroïdien et ovarien, démontre l’existence des asthmes thyroïdien et ovarien, qui ont été Pobjet de mes recherehes^

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Le GOUT est parfois le siège de viciations en rapport avec la thyroïde, par exemple. Un sujet atteint de goitre exophtalmique atténué et complexe, ressentait, sans arrêt, une sensation sucrée dans la bouche. Sensation qui s’atténua, puis disparut avec l’amélioration du malade. Il s’agissait d’une excitation des papilles de la langue, préposées aux sensations sucrées.

Le sens du toucher est fréquemment le point de départ de souffrances, dont l’origine « incrétoire » est démontrée. Les nerfs de la sensibilité deviennent le siège de névralgies ou de diverses déviations de la sensibilité (engourdissements, fourmillements, chaleurs, démangeaisons, en rapport, — par des mécanismes multiples —, avec l’ovaire, la surrénale, la thyroïde, la parathyroïde, le foie), et l’absorption de chacune de ces glandes peut contribuer à améliorer ces phénomènes pénibles.

39. — Ecorchée Vive est une rhumatisante chronique, comparable à une paralytique des quatre membres, mais qui, plus malheureuse encore, présente des douleurs rhumatismales intolérables. Or, chose incroyable, elle se mettait à pousser des cris, dès qu’on approchait de son lit. Une soixantaine de cachets de corps thyroïde l’a mise à l’abri de cette dernière souffrance, qui ne pouvait s’expliquer que par une sensibilité anormale des nerfs de la peau, produite chez elle par le moindre déplacement d’air.

Bien des rhumatisants chroniques souffrent quand ils sont exposés à un courant d’air, parfois même si on ouvre, derrière leur dos, une porte de bibliothèque, ou de coffre-fort.

Reste un sixième sens, celui de la CÉNES- THÉSIE, c’est-à-dire « de la sensibilité commune », qui dépend du nerf grand sympathique et qui, au moins dans sa branche abdominale, est sous la dépendance de la glande surrénale. Or, Asthénique, je le rappelle, manifestait, d’une façon périodique, les troubles suivants: il lui semblait que son abdomen était comme vidé, que la peau de son ventre lui collait au dos, que ses cuisses rejoignaient son cou, comme si elle était amputée du tronc. Ces divers phénomènes disparurent avec la transformation de son tempérament.

J’ai vu de même céder rapidement au traitetement hypophysaire un phénomène, qui est vraisemblablement du même ordre, et qui se manifestait sous forme de « tête vide ». Ce symptôme si fréquent, coïncide souvent avec la sensation de « tête pleine », D’autres sujets ressentent simultanément, au niveau de l’estomac, cette impression contradictoire: d’estomac \âde et d’estomac plein.

Les hypersensibles sont, en général, affectés d’hyperthyroïdie qui affine les sens. Ils sont souvent recrutés chez les femmes, dont la glande thyroïde est, p^ essence, en surfonction habituelle. Elles manifestent d’autant plus de sensations douloureuses

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et bizarres, — et qui souvent sont considérées, conüne parement imaginaires —qu’elles sont douéés d’un don d’auto-andyse qui s’exagère encore par l’exaspération de leur sensibilité. Cercle vicieux que, dans les cas favorables, rompt heureusement l’opothérapie.

B) Les Douloureux

Il n’est pas une partie du corps qui ne puisse être le siège de douleurs, car les fibres sensibles du système nerveux, soit de la vie de relation, soit de la vie végétative, sont étendues à tout l’organisme. A l’état normal, tout fonctionne sans heurt. Heureux sont ceux qui ne sentent pas leurs organes ! Percevoir le moindre grincement d’un appareil, indique qu’il est troublé dans son fonctionnement et, en particulier, dans son fonctionnement nerveux.

Les médecins savent que, dès qu’un sujet souffre d’un viscère, estomac, cœur, etc., il faut envisager un trouble nerveux de ce \iscère. Le grand médecin Potain, qui était à la fois spécialiste du cœur et de l’estomac, enseignait que, le plus souvent, quand un malade se plaint à lui de son cœur, il s’agit d’un individu nerveux, qui présente des troubles stomacaux; association d’autant plus facile que le même nerf (pneumo-gastrique) donne des branches à l’estomac, au cœur — et j’ajoute aux poumons — d’où la possibilité de troubles respiratoires simultanés.

Dans ce cas, l’hyperthyroïdie se trouve fréquemment en cause. L’excès des hormones thyroïdiennes sensibilise le centre de l’appareil végétatif, centre de la SÉCURITÉ, dont les troubles

donnent lieu à l’angoisse (voir page 158), ainsi que les branches sympathique et pneumogastrique de cet appareil.

Les nerfs de la yie de relation mis à part, toutes les parties constitutives du corps, peau, tissu cellulaire sous-cutané, muscles, os, articulations, deviennent, dans des conditions anormales, le siège de sensations. Les douleurs dans les muscles revêtent la forme de crampes, de contractures. Les organes creux, estomac, intestin, cœur, sont affectés de contractures spasmodiques douloureuses. Le système nerveux lui-même subit l’influence commune, et manifeste, par des souffrances, les modifications d’activité auxquelles préside le système endocrine,

C) Les Cellulitiques

Parmi les douloureux, une place à part doit être réservée aux sujets atteints de cellulite.

Qu’est-ce que la cellulite?

C’est une affection extrêmement commune, bien qu’encore à peine connue. Elle se traduit par des douleurs, soit diffuses, soit localisées spécialement dans certaines régions, au voisinage des épaules, des omoplates, à la partie postérieure des bras, à la partie antérieure des avant-bras, à la partie interne des cuisps, aux tibias, au ventre, etc... Dans une forme particulière, ce sont les racines nerveuses qui sont atteintes et donnent lieu aux migraines, au torticolis, au lumbago, à certaines douleurs cardiaques, etc...

La cellulite commence souvent dès l’enfance, et voici ce qui se passe fréquemment : L’enfant

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se plaint; on parle de douleurs de croissance; l’enfant continue à souffrir, on fait le diagnostic de rhumatisme. Le traitement antirhumatismal est alors appliqué, mais sans résultat satisfaisant. On inyoque alors des phénomènes nerveux qu’on essaye de faire disparaître. Le sujet continuant à se plaindre, on finit par lui dire : « Fiche-nous la paix, tu es douillet! ».

L’histoire de la cellulite peut s’illustrer d’innombrahles exemples :

I. — Confrère, qui a souffert, dès l’âge de quatorze ans et jusqu’à cinquante-quatre, de migraines héréditaires, se renouvelant de une à trois fois par mois, puis jusqu’à trois fois par semaine, et qui a été guéri par vingt-quatre séances d’un massage spécial.

n. — Confrère ayant éprouvé dans le bras droit des douleurs épouvantables. La crise a duré deux mois. Pendant vingt-cinq nuits consécutives, il n’a pu se mettre au lit; il lui était impossible — montre en main — de garder une position quelconque, pendant plus de trois minutes. Il ne pouvait — sans souffrances atroces — s’appuyer ni sur le côté droit, qui était spontanément douloureux, ni sur le côté gauche, ni sur le ventre, ni sur le dos. Il faisait « l’ours » dans son bureau, en geignant toute la nuit, en hurlant. Aucun médicament n’arrivait à le soulager. A deux reprises, il s’est injecté la nuit de la morphine, à haute dose. Il se réveillait, en souffrant tellement plus qu’avant la piqûre, parce qu’il avait gardé une position déterminée.

qu’il a préféré renoncer^à tout traitement, en dehors du massage spécial qui a fini par le guérir.

III. — Un de mes malades a présenté le même tableau douloureux. Manquant de patience, il se fait appliquer les différents rayons, ultra-\âolets, infra-rouges, rayons X, la radio-thermie, sans changement appréciable. Le massage seul l’a, de même, débarrassé de ses souffrances.

IV. — Une malade, atteinte d’une maladie de Basedow, avait été victime d’une tentative d’assassinat de la part de son mari. La balle, fixée dans la colonne vertébrale, n’avait pu être extraite. Une dizaine de jours plus tard, elle est prise de douleurs suraiguës qui la font hurler, pleurer, refuser de s’alimenter, l’empêchent de dormir un instant. Un spécialiste, en matière de grand sympathique, pense que la balle a sectionné le nerf. En réalité, à l’examen, je note des douleurs localisées, aux régions de sortie de la colonne vertébrale des nerfs lombo-sacrés.

Un massage \âbratoire, que j’exécutai, pendant quelques secondes, au siège de ses douleurs, produisit un calme instantané, qui surprit le chirurgien, occupé au même étage, et que la suspension des cris avait ramené dans la chambre de la malade. Etudiée alors plus complètement, elle se montre porteuse de cellulite, dans tous les lieux d’élection de cette maladie, et ceci depuis l’enfance. Elle se trouva exempte de ses réactions douloureuses, par trois mois de massage approprié.

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V. — Sujet prise de douleurs à la nujque et au vertex, à la suite d’une ovariotomie double pour fibrome. Ses souffrances étaient devenues de plus en plus marquées, empêchant tout mouvement de la tête. Une ponction lombaire n’avait fourni aucun résultat. La cellulite était en réalité généralisée. Le mari de cette malade ne pouvait la toucher sans la faire horriblement souffrir. On lui conseillait des distractions, qu’elle n’avait ni le courage, ni la force de prendre.

Des manœuvres de kinésithérapie la soulagent, puis la transforment.

VI. — Une obèse, atteinte de cellulite, maigrit de neuf kilos au bout d’un mois, par le simple massage, sans régime et sans traitement, du fait de la régulation du sympathique.

VII. VIII et IX. — Trois sujets, se croyant atteints d’angine de poitrine, sont libérés de leurs douleurs au cœur et au bras gauche, de leur impossibilité de se coucher sur le côté gauche et de leur angoisse, par le massage vibratoire dans les points intercostaux douloureux.

X. — Une malade, souffrant dans la région de la vésicule biliaire, est opérée à la suite d’une consultation à Lille. Le chirurgien, en enlevant la vésicule, fait la remarque qu’elle n’est pas malade. Mais les douleurs persistent, comme ^yant l’opération, dans la région de la cicatrice. L’intervention d’une de mes élèves, la Doctoresse Vouaux, spécialisée dans le traitement de la

cellulite, fait céder ces douleurs. Mais la vésicule aurait pu être conservée.

Je pourrai multiplier à l’infini ces exemples. Je me contente d’ajouter que la cellulite provoque fréquemment des raideurs, des contractures, des crampes musculaires, qui cèdent de même aux manœuvres de massage spécialisé.

Il me paraît surtout pertinent de montrer le rapport de la cellulite avec les glandes et par là-même avec le tempérament endocrinien.

L’épaississement du tissu cellulaire sous la peau, qui en représente la lésion habituelle, est sous la dépendance du mauvais fonctionnement des endocrines, en particulier de la thyroïde et de l’hypophyse, coupables facilement des gonflements. Mais ces gonflements ne deviennent douloureux que, s’il se produit à ce niveau des poussées congestives, par surfonction thyroïdienne. Cette surfonction est souvent en rapport avec une^ insuffisance des ovaires; c’est pourquoi la cellulite est fréquente à la ménopause, ainsi que mon élève, la doctoresse M. Hirsch l’a montré, dans sa thèse inaugurale.

Favorisée par toutes les causes congestives, la cellulite figure parmi les manifestations de l’arthritisme; on peut la qualifier d’arthritisme de la peau.

Lorsque, dans la cellulite, les douleurs n’apparaissent pas seulement au moment des crises, mais sont permanentes, un traitement de massage spécial (pétrissage, massage vibratoire), sorte de neuro-tropisme, qui doit être dosé dans sa durée, dans sa pression, par un médecin, spécialisé, sera seul capable d’obtenir la guérison.

Si les douleurs n’apparaissent qu’au moment de la crise, l’opothérapie suffira parfois contre les phénomènes douloureux. EUle doit, en tous cas, être appliquée pour éviter les reprises des poussées congestives et des souffrances.

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