HUMEURS
II faut remonter à Galien pour voir attribuer aux humeurs, c’est-à-dire à certaines substances liquides, une prépondérance dans les phénomènes de l’économie. Il envisage quatre humeurs cardinales qui détermineraient les tempéraments sanguin, pituitaire, lymphatique et bilieux.
La médecine était donc orientée alors vers Vhumorisme, c’est-à-dire qu’on recherchait la cause des maladies dans une altération particulière des humeurs.
Mais les tendances méuicales varient suivant les époques. Au XIX' siècle, les travaux de Bichat, de Laënnec, de Cruveilhier avaient fait rapporter les maladies aux lésions des organes, telles qu’on les constatait aux autopsies, et qui étaient précisées par des examens des tissus dans le laboratoire. Avec Claude Bernard, la médecine devient physiologique: elle s’appuie sur les expériences réalisées chez les animaux. Ce grand physiologiste découvrit la présence du sucre dans le sang, et c’est même, à ce propos, qu’il employa, pour la première fois, l’expression de sécrétion interne. Pasteur découvrit les microbes, causes des maladies, ce qui suscita l’emploi des sérums et des vaccins. Puis un nouvel humorisme restitua son importance aux modifications qui se produisent dans le sang et dans les tissus, du fait de variations physico-chimiques. Des doctrines générés sont venues apporter de nouvelles précisions. L’anaphylaxie de Charles Richet rend compte des r^ctjons, <pii se produisent dans l’organisme, par l’introduction d’un sérum qui lui est étranger. La
maladie du sérum en est l’expression la plus typique. Ell e permet d’interpréter des faits, inexplicables auparavant, de sensibilité excessive, par rapport à des causes multiples et qui se traduisent sous forme de migraine, d’astbme, d’urticaire,
La théorie « colloïdale » d’Auguste Lumière interprète les phénomènes qui conduisent, de la vie a la mort, par un état particiüier de la matière, à laquelle Graham avait donné le nom de Colloïde.
Sans parler d’une phase endocrinienne de la médecine, il n’est pas vain d’indiquer un aspect particulier de ce « néo-humorisme », fourni par Vappareil endocrine, dans ses rajyports avec le tempérament.
En effet, dans tous les actes de la vie et de la nutrition, normale ou troublée, les endocrines jouent un rôle dont nous allons montrer quelques aspects, en silnplifiant le plus possible ces problèmes un peu scientifiques, et en nous aidant d’esquisses schématiques.
D’une façon générale, le travail nutritif de nos tissus donne lieu à des transformations intimes qui se manifestent sous un double aspect :
1“ d’assimilation, c’esbà-dire de transformation des aliments, par exemple, en substances qui constituent l’organisme;
2® de désassimilation, c’est-à-dire de transformation des substances plastiques, qui débarrassent l’organisme des déchets engendrés par les métamorphoses des tissus. A ces deux actes de la vie intime, on donne lé nom général de « métabolisme », mot savant qui veut seulement dire transformation. Le Métabolisme qui domine tous les autres, a été appelé métabolisme basai.