‹ Le tempérament et ses troubles. Les glandes endocrinesChapitre 36 sur 57 · II. — Appareil circulatoire · texte numérisé non relu

II. — Appareil circulatoire

L’appareil circulatoire comporte le cœur et les vaisseaux.

Le développement du cœur est lié aux endocrines, qui en déterminent la dimension, l’activité. Elles jouent de même un rôle dans les troubles de cet organe, et c’est surtout dans la maladie de Basedow, que le cœur est mis à une sin^lière épreuve. Il est animé de battements précipités, parfois incomptables (tachycardie), de battements violents tpii se perçoivent jusqu’au niveau du cou et aux extrémités et qui rendent misérable la vie du sujet, lorsque ces nhénomènes sont continus.

Le goitre simple agit, d’une façon si accentuée, sur le cœur, qu’on a décrit le cœur du goitre (Kropfherz des Allemands). On sait que le nervosisme dépend souvent de la glande thyroïde. Des manifestations fréquentes de ce nervosisme thyroïdien se traduisent sous forme de battements répétés, soit réguliers, soit avec des irrégularités, des intermittences, de l’arj-thmie, qui font apparaître de l’angoisse. Il

suffit parfois d’une émotion, d’im repas trop copieux, de la montée d’un escalier, pour que ces fdiénoniè^ pénibles apparaissent.

Le corps thyroïde, ingéré en trop grande quantité, est susceptible de produire tous ces phénomènes. Aussi est-il nécessaire de bien explorer préalaHement le cœur, puis de bien le surveiller, au cours du traitement thyroïdien. Avant tout, c’est l’état du cœur qui proportionnera la dose de corps thyroïde à prendre.

L’extension que j’ai donnée au traitement thyroïdien m’a conduit à descendre le dosage du corps thyroïde Jusqu’à un millionième de gramme par jour. II faudrait, dans ces conditions, environ trois cents ans, pour en absorber un gramme, dose que l’on donne parfois en une journée.

Par contre, le traitement thyroïdien, à doses bien adaptées, devient un remède des troubles nerveux du cœur. Je ranuellerai une seule observation:

Un sujet de seize ans, est atteint de migraines et de rhumatisme chronique, en même temps que d’une affection du cœur congénitale. Il présentait des battements de cœur, de l’oppression, des vertiges, exceptionnellement des syncopes, du bleuissement des mains. Le traitement thyroïdien, sans rien modifier à son cœur, fit disparaître ses divers troubles. Quelques mois après le traitement, il fut capable de faire une promenade de vingt kilomètres, dans la forêt de Saint- Germain.

D'autres glandes, soit directement, soit indirectement par l’intermédiaire de la glande thyroïde, exercent une action sur le cœur. L’on utilise : Vouai-

les endocrines

re qui améliore les crises de cœur accéléré; Vhypophgse, dans les troubles cardiaques des maladies infectieuses; la sanénale, contre les cas graves d’insuffisance cardiaque.

Des états, qu’on rattachait autrefois à des lésions sérieuses du cœur, sont reconnus glandulaires; entre autres, ceux qui surviennent au cours d’infections, telles que la diphtérie, la fièvre typhoïde, la coqueluche, la grippe; et alors qu’ils étaient capables de provoquer la mort subite, ils sont actuellement susceptibles de disparaître sous l’influence du traitement surrénalien, de l’adrénaline et de l’hypophyse.

On connaît l’atrocité et la gravité de l’angine de poitrine. Or, à côté de l’angine réelle, on a décrit toute une série de formes qui la simulent et auxquelles on a donné le nom de fausses angines de poitrine. Le corps thyroïde revendique une de ces formes. Mon ami, Mussio-Fournier, de Montevideo, a publié, en collaboration avec MM. Laubry et Walzer, un cas d’angine de poitrine, au cours d’un mgxœdème, très amélioré par la thyroïdothérapie. Le traitement doit être conduit avec prudence, èn particidier, lorsque la tension artérielle est élevée ou qu’il existe une inflammation de l’aorte. On vient de tirer du pancréas un nouveau remède de l’angine de poitrine.

Mon maître, Huchard, rapportait à l’insuffisance thyroïdienne le rétrécissement mitral congénital, affection du cœur qui s’accompagne de nanisme.

J*ai vu se modifier un cas de fausse péricardite, et s’atténuer favorablement une péricardite, chez l’enfant, par la poudre de thyroïde.

Les VAISSEAUX subissent l’inflnence de l’appareil endocrine, en ce qui concerne leur structure et leur fonctionnement, aussi bien pour les artères que pour les veines, les capillaires, les vaisseaux lymphatiques.

On note Yétroitesse de Vaorte chez les sujets por-

teurs de végétations adénoïdes, les infantiles, et aussi les individus atteints d’hypertrophie du thymus qui, comme on le sait, sont prédisposés à k mort subite.

Quel rôle jouent les endocrines dans le problème si préoccupant de rAKTÉmo-scuÉROSE et de I’hyper-

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