‹ Le tempérament et ses troubles. Les glandes endocrinesChapitre 41 sur 57 · LES ÉTAPES DE LA VIE · texte numérisé non relu

LES ÉTAPES DE LA VIE

Les glandes endocrines participent à tous les moments de la vie, dès la procréation jusqu’à la mort.

La puériculture préconceptionnelle, la science appliquée au développement régulier de l’être (eugénie) doivent se proposer la mise en état, tant moral que physique, des procréateurs, et, par là même, réquüibre de leur appareil endocrine.

La santé des futurs conjoints doit préoccuper les familles, autant que l’état de la fortune, la situation, la valeur morale qui, dans la plupart des cas, sont seuls pris en considération.

On sait la lutte engagée dans nombre de pays, en faveur du certificat prénuptial. Jeunes hommes et jeunes filles devraient, au moment d’un des actes, les plus importants pour l’avenir de la race, prouver qu’ils sont à l’abri des maladies contagieuses, et aussi que leur constitution n’est pas en état d’infériorité notoire; que leurs réactions neuro-psychiques s’accomplissent, dans les limites de la physiologie, que l’examen des produits, tels que le sang, les humeurs (qui font l’objet d’analyses dans les laboratoires) ne fait reconnaître ni un état morbide actuel, ni une prédisposition sérieuse à des troubles définis.

L’examen des endocrines révèle tant de détails importants, dans le domaine physique et moral, qu’il ne doit pas manquer de figurer parmi les méthodes d’études à appliquer alors. Cette dernière considération n’a pas échappé aux médecins.

LE TEMPÉRAMEiiT

Un de mes confrères brésilien est venu me lire l’observation de sa fiancée, pour savoir si l’état de ses endocrines permettait son mariage

Une dame radiographe m’a demandé, avant de convoler en justes noces, de procéder chez elle à un examen endocrinien complet, car elle craignait sur sa personne les effets fâcheux, produits parfois par les rayons X.

Que de fois, des familles de médecins m’ont consulté pour des jeunes filles, atteintes de petits goitres, et m’ont demandé de résoudre, en toute sincérité, le problème d’un mariage et d’unè maternité possibles. La réponse, dans chaque cas, est nécessairement individuelle et, souvent difficile- à résoudre. On le, comprend, d’après le cas connu de Charcot. Chez le même sujet, du fait de l’attente d’un bébé, il se produisit tout d’abord un goitre avec ses conséquences. Ce goitre se guérit et disparut plus tard par l’attente d’un troisième enfant.

La Graphologie, associée à l’étude endocrinienne, me paraît, dans tous les cas, d’une importance primordiale, lorsqu’elle est pratiquée par un graphol^ gue, doublé d’un médecin et d’un psychologue. Elle fournit des renseignements nombreux et pénétrants, quelquefois même vraiment surprenants. Si elle corrobore les renseignements apportés par d’autres méthodes, elle leur constitue une base indiscutable. S’il y a désaccord entre les divers résultats obtenus, il faut reprendre l’examen du sujetj à la lueur des notions fournies par l’écriture et qui auront interprétées par un maître dans cette science. On s aperçoit alors que la graphologie a permis de pous-

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ser plus loin qu’on ne l’avMt fait auparavant l’étude du sujet, en particulier dans le domaine nerveux et mental.

Les endocrines jouent un rôle dans la qualité du sexe, dans la naissance soit de garçons soit de filles.

Il s’agit là d’une question troublante, posée quelquefois par de jeunes ménages, et à laquelle diverses considérations apportent des éléments de réponse.

La glande surrénale, glande virilogène, donne lieu parfois à des transformations étonnantes tant physiques que psychiques, qu’on observe lors de tumeurs de cette glande.

Par ailleurs, lorsque la surrénale est en défaut, ‘ pendant le dévelopement du petit être, il se produit souvent des vomissements incoercibles, qui cèdent au traitement surrénalien. Souvent, dans ce cas, c’est une fille qui vient au jour. Aussi a-t-on proposé de donner préalablement aux futures mères, désireuses de garçons, un traitement par la glande surrénale. Il n’est pas douteux qu’il faudrait un long recul d’années et des milliers d’observations pour confirmer cette notion, qu’on peut considérer encore comme théorique.

Bien des arrêts de développement qui se produisent avant la naissance, bien des défectuosités ou lésions de l’organisme, sont à mettre sur le compte des glandes incrétoires.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, certains sujets naissent avec une insuffisance, parfois même une absence de cerveau. Bien entendu, ces malheureux êtres ne vivent que quelques jours ou quelques heures, on les appelle les « Anencéphales » . Chez ces sujets, il se produit simultanément un arrêt de développement des capsules surrénales.

Je renvoie aux ouvrages spéciaux pour ce qui concerne certaines questions délicates, telle la gestation. EUle est favorisée par le fonctionnement des endocrines, en particulier de la glande thyroïde. J’ai signalé que certaines femmes atteintes de mi-

graines, et j’ajoute d’asthme, de psoriasis, de rhamn. tisme chronique, sont momentanément mises à l’abri de leurs crises; certaines femmes, toujours fatiguées et souffrantes, ne se portent jamais aussi bien qu’i ce moment de leur vie. Il s’établit, du fait des transformations intimes de cette période, une véritable médication personnelle, une véritable auto-opothérapie tout à fait bienfaisante, et qui se prolonge souvent au cours de la lactation.

Par contre, l’excitation glandulaire est quelquefois poussée trop loin. Un état byperthyroïdien, pouvant aller jusqu’à la maladie de Basedow, peut être constaté. De même, un petit goitre peut avoir tous ses phénomènes exagérés, alors que, comme je l’ai indiqué plus haut, quelquefois c’est le résultat complètement opposé qui se trouve réalisé.

D’autre part, à la période thérapeutique heureuse, peut succéder une période défavorable. Aussi doiton surveiller spécialement les fem.mes dont les glandes ont subi un relèvement exagéré et qui peuvent être soumises à une chute désagréable.

La date à laquelle l’organisme se débarrassera de son précieux fardeau, est peut-être fixée par la glande hgpophgse, qu’on utilise, par ailleurs, pour hâter la venue au monde du bébé.

Quand l’enfant naît, on s’aperçoit, dans des circonstances exceptionnelles, de l’insuffisance marquée de ses glandes. Parfois, il est gros, ne peut ouvrir les yeux, tant ses paupières sont gonflées, c’est un mgxœdémateux.

On lui trouve l’air d’un Chinois, c’est un mongolien.

Dans les pays de vallées où le goitre est étendu à la population, le crétinisme apparaît parfois des la naissance. Or, — et cette constatation est d’un grand intérêt —, si le traitement de ces crétins est appliqué avant l’âge d’un an, on arrive souvent, sauf chez les sourds-muets, à d’excellents résultats.

En dehors de ces états de grande morbidité, on reconnaît que l’enfant est surtout long ou surtout

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gros. On s’aperçoit rapidement qu’ü est endormi ou m’il a peu besoin de sommeU; on remarque • qu’il est affamé, vorace ou qu’ü manque d’appétit et a parfois même de la peine à téter; qu’ü est nerveux ou apathique; dépourvu de cheveux ou porteur de poüs, même le long de la colonne vertébrale et des membres inférieurs. Déjà on peut soupçonner, chez les nonveau-nés, un fonctionnement particulier des endocrines et les soumettre à une opothérapie, qui sera favorable à l’avenir de leur développement.

Si l’on constate une insuffisance, dans le poids et le volume du corps, ce qui tient souvent à un défaut de fonctionnement du thymus, glande qui joue un rôle important dans le développement prénatal (et qui correspond au ris, chez le veau), il y a avantage à utiliser, dès cette période, l’opothérapie correspondante.

L’allaitement maternel est, de tous les modes d’alimentation du nouveau-né, le plus salutaire pour la mère et pour l’enfant. En particulier, le lait renferme certaines hormones, indispensables au développement du petit être. Pour que la lactation se poursuive avec succès, il est nécessaire de réserver à la mère du repos physique, du calme, une bonne nourriture, une hygiène générale bien ordonnée.

En cas d’insuffisance de lait, on aura recours à l’ingestion de glandes mammaires et, avec plus de succès encore, de glande thyroïde. On a utilisé aussi le placenta ou délivre, que les animaux, par une sorte d’instinct, mangent en général à la naissance de leurs petits.

Il existe parfois de la gêne à l’allaitement, par suite d’une mauvaise disposition de la langue du nouveau-né. C’est ce que M. Pierre Robin appeUe la GLOSSOPTOSE.

La glossoptose n’est que l’effet de l’insuffisance du développement du maxillair e inférieur, dévelc^

pement qui est sous la dépendance de la glande hypophyse, agissant, comme on le sait, sur les extré' mités et sur le maxillaire inférieur. Le retrait dû maxillaire inférieur refoule la lan^e contre la colonne vertébrale et obstrue les voies respiratoires. Le sujet ne peut respirer que s’il a la bouche ouverte. C’est ce qui force le nourrisson à s’introduire les doigts dans la houche. Cette habitude peut persister. On en fait le reproche aux enfants, alors que c’est souvent, pour eux, une nécessité qu’il faut supprimer par un traitement approprié.

M. Pierre Robin combat cette disposition chez les nourrissons, en les faisant téter dans la position droite, le buste droit, procédé employé d’ailleurs par les veaux, les poulains, les petits chiens, les petits chats. Plus tard, dès l’âge de deux ans, le même auteur a des résultats fort appréciables, en appareillant les sujets qui en ont besoin, en employant ce qu’il appelle le «monobloc».

Le traitement d’ordre général, si une maladie constitutionnelle est reconnue, l’opothérapie^ en particulier hypophysaire qui, dans une certaine mesure, édifie chez l’enfant le maxillaire inférieur, sont, bien entendu, de mise dans le cas de ce genre.

L’enfant se dévelorme et dans la première étape de ses progrès, il faut surveiller la dentition, la parole, la marche. Ces développements sont soit normaux, soit précoces, soit retardés. Les retards se trouvent quelquefois modifiés par Vopothérapie thyroïdienne, ce qui établit une relation entre la glande thj^oïde et la sortie des dents, la marche et l’évolution de la parole.

Pour ce qui est des dents, des résultats sont surtout observés dans des cas de grande insuffisance thyroïde.

Une enfant de trois ans n’avait encore qu^ sept dents, alors que normalement elle aurait dû en avoir vingt. Après trois mois de thyroïdothérapie, il en était sorti neuf nouvelles.

les endocrines

Un enfant de vingt-deux mois n’avait aucune dent; après six mois de traitement thyroïdien, seize dents avaient percé.

Un antre enfant de vingt-trois mois avait quatre dents : après cinq mois de traitement, il possède onze dents; après un an, dix-sept dents.

Parfois il y a lieu de faire jouer un rôle également, dans le développement des dents, à la glande parathyroïde.

En ce qui concerne Varriération musculaire, j’ai rapporté l’exemple d’un enfant de vingtsept mois, qui ne marchpit pas encore. Après une étude approfondie, je me trouvais autorisé à donner à cet enfant, de fortes doses de poudre de thyroïde, à la condition de la suivre quotidiennement. Je le soumis à des cachets de poudre de glande thyroïde de 0 gr. 10, un par jour; aucun résultat n’ayant été observé après trois cachets, je lui en fit prendre deux par jour. A peine avait-il pris sept cachets de 0 gr. 10, en cinq jours; que cet enfant pouvait marcher.

A propos de la parole, je rappelerai une observation curieuse de ma pratique. Elle concerne un enfant de cinq ans, qui ne disait pas encore « Papa > ni « Maman ». Je lui pratiquai des injections de la glande, située dans l’intérieur du crâne, appliquée contre le cerveau, qu’on appelle « épiphyse ou glande pinéale ». Or, à chaque injection, l’enfant était capable de dire des mots nouveaux; les progrès étaient quotidiens et l’ensemble de l’organisme se trouvait en même temps modifié favorablement. L’injection de deux doses rendait l’enfant nerveux.

Remarque amusante: le jour où je présentai ce cas à la Société de biologie, un de mes confrères vint vers moi et me dit: « Si vous continuez à traiter oet enfant, vous le ferez entrer à l’Académie. »

La glande pinéale que j’ai utilisée, dans ce cas, est parfois le siège de tumeurs. Il se produit alors un développement, qu’on peut dire exubérant, dans tout l’organisme. C’est ce que les médecins appellent la macrogénitosomie.

Un enfant de quatre ans peut prendre l’apparence d’un adolescent; il se développe parfois cfiez lui une barbe, on est frappé de la précocité étonnante de la parole, de la sensibilité, de l’intelligence. Ces sujets atteints de tumeurs meurent d’une façon précoce. Les cas de ce genre sont-ils le point de départ du dicton populaire:

« Quand ils ont tant d’esprit, les enfants vivent pe u » ?

On sait, d’autre part, qu’au xvii® siècle, la dissection était à la mode. On invitait des dames de la Cour à assister à des séances de dissection. Le grand philosophe Descartes se livrait beaucoup à des recherches sur le cadavre. Est-ce pour avoir observé des tumeurs de la pinéale, avec développement inusité du sujet, que Descartes a placé dans cette glande le siège de l’âme?

Chez les enfants, d’autres retards peuvent être constatés. II n’est pas rare, au cours du myxœdème, et aussi de l’insuffisance hypophysaire, de noter des hernies, en particulier des hernies ombilicales, qui cèdent au traitement thyroïdien. D’autre part, des phénomènes d^yperthyroïdie se manifestent quelquefois, chez ces sujets, par des peurs nocturnes, des cris. On en voit qui se réveülent en sursaut, ^ se pâment dès qu’on leur fait le moindre reproche. Tous ces phénomènes, à allure nerveuse, sont jusüciables du traitement thyroïdien à doses régulatrices.

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Retard et précocité se trouvent assez souvent associés et réalisent l’instahilité thyroïdienne. On peut citer comme exemple un sujet qui naît avec des dents et parle, ou marche tardivement.

Vhypertrophie du thymus se traduit chez les nourrissons par une gêne considérable de la respiration; elle peut entraîner un incident d’une ^avité exceptionnelle, et malheureusement héréditaire et familiale. Je veux dire la mort subite, par hypertrophie du thymus, qui s’est produite sept fois sur huit enfants, dans une même famille. Elle peut être heureusement combattue par l’ablation chirurgicale du thymus ou l’application des rayons X sur cette glande.

Un autre désordre qui, lorsqu’il se prolonge, demande l’intervention médicale, est l’incontinence d’urine, qui survient parfois le jour, mais est surtout marquée la nuit. De nombreux traitements ont été appliqués contre cette infirmité. L’on essaie de guérir les enfants, en les privant de boisson à leur repas du soir, en utilisant la suggestion, les punitions, en les réveillant la nuit, pour leur faire vider la vessie. L’électricité fournit parfois des résultats excellents. Il est fréquent de voir la médication par la glande surrénale et par l’hypophyse, améliorer et faire disparaître ces troubles et parfois d’une façon très rapide.

J’ajoute que dans un cas, chez un enfant un peu plus âgé, j’ai vu une incontinence diurne de matières fécales, céder, de même, rapidement, à la médication thyro-surrénalo-hypophysaire.

On a rattaché les végétations adénoïdes à une insuffisance de la glande thyroïde, ce (pii ne me paraît pas exact, mais il ne serait pas impossible (fixe l’hypertrophie des adénoïdes fût, en partie, sous la dépendance de la glande hypophyse.

Quoiqu’il en soit, les végétations adénoïdes, hyper-

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trophie d’un tissu qui a peut-être lui-même une sécrétion interne, entravante du développement, manifestent leur présence — en dehors de l’obstruetion qu’eUes déterminent au niveau des fosses nasales — par une série de troubles, qui disparaissent après l’ablation de ces végétations.

La voie nasale une fois ouverte, il faut apprendre à l’enfant à l’utiliser. Pour ce faire, il convient de lui faire exécuter, la bouche fermée, des exercices respiratoires.

L’enfant est devenu écolier. A l’âge de la scolarité, on s’aperçoit que certains sujets ont de la peine à apprendre, à retenir, à fixer leur attention. Sans qu’il s’agisse d’idiots, d’imbéciles, d’arriérés à proprement parler, certains enfants sont dès retardataires.

On les traite souvent de paresseux. La paresse à proprement parler, existe-t-elle? Je crois plutôt que le défaut d’attention, qui se manifeste chez un grand nombre d’écoliers, est pathologique. Dans certains cas, il tient à un trouble de la vue, de l’ouïe, qui nécessite un examen tout particulier de ces soi-disants paresseux, à une obstruction nasale, à des désordres intestinaux (Pauchet), mais il trouve aussi fréquemment sa cause dans la défectuosité des glandes endocrines; et ce qui le prouve, ce sont les bons effets qu’on obtient, dans des cas de ce genre, par des traitements opothérapiques.

Grâce au bienveillant appui de M. Bédorez, directeur de l’enseignement primaire, j’ai soigné un certain nombre d’enfants en état d’insuffisance glandulaire, dans les écoles maternelles de la ville de Paris, et j’ai rapporté certaines de leurs observations.

Je citerai ici un seul cas dans lequel fut appliqué le traitement thyroïdien; il concerne une enfant de cinq ans. Elle avait commencé ses premiers pas à vingt-huit mois, mais elle ne

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marchait pas seule encore, quand elle vint à l’école maternelle à trois ans. Elle tombait facilement. Chez cette enfant, une seule réaction se produit à toutes les excitations : elle pleure. On ne peut prononcer complètement son prénom : Marie-Louise, sans qu’elle fonde en larmes. Jamais on n’a pu lui apprendre, comme aux autres enfants, à faire des constructions. Elle parle peu, ne fait que de rares mouvements, n’a aucune initiative et fort peu de mémoire. Soumise à des cachets de 0 gr. 10 de poudre de thyroïde, on est étonné qu’après quatre cachets, elle ne pleure plus une seule fois, à l’école; bien mieux, elle a chanté à la maison. Elle a retenu une fable qu’elle a récitée à ses parents. Elle sort de son indolence, lance parfois une jambe en l’air. Un matin, elle s’est démenée pour arriver première à son banc et a raconté ce trait à sa mère. Contrairement aux semaines précédentes, elle demande à venir à l’école, le samedi, pour recevoir le billet de satisfaction ; on s’aperçoit qu’elle a la notion des jours — ce qu’on ignorait; elle a plus de vie, de mouvement, pousse des exclamations. En voyant tomber un livre de la table, elle s’est écriée : « Oï, aïe, aïe ! » L’évolution continue avec le traitement. La directrice de l’école et la mère de l’enfant la trouvent toute changée. Elle est gaie, gentille, travaille, répète toutes les fables et les chansons qu’on lui enseigne. EJle arrive à écrire spontanément des chiffres difficiles, tels que le 3 et le 2. Ellle recopie des mots écrits sur le tableau, alors qu’auparavant, elle faisait sur son ardoise des jambages informes. En récréation, elle s’amuse avec ses camarades, prend part aux jeux intelligents, en

organise même. Elle est devenue moins timide, malicieuse, fait des réflexions drôles, amusantesmieux, elle a tenu tête à son père à propos d’un mot d’une fable. « La maîtresse a dit cela » soutient-elle à ce propos.

Comme résultat global, elle est passée — des cinq dernières élèves de la classe dont elle faisait partie — dans une bonne moyenne.

L’opothérapie hypophysaire m’a fourni de même des résultats dignes d’être notés.

Je rapporte un cas typique, bien qu’ici le traitement ait été appliqué avant la période de scolarité.

Une fillette de quatre ans environ avait une intelligence rudimentaire. Sa faucille la considérait comme une idiote. En même temps, elle ne pouvait se tenir sur ses jambes, s’affaissait quand on essayait de la mettre debout. Bien pis, elle ne peut même pas rester assise; elle présentait d’autre part de l’incontinence d’urine. Sous l’influence du traitement hypophysaire, déjà après trois jours de médication, l’enfant resta assise sur son séant à la satisfaction de ses parents; trois jours après, ayant ingéré douze cachets d’hypophyse, elle se tenait arc-boutée contre les barreaux de son lit; elle commença à marcher entre le cinquantième et le soixantième cachet de 0 gr. 10 de poudre hypophysaire. Simultanément, son intelligence, sa compréhension, sa mémoire, sa curiosité se sont développées étonnamment. Elle fait attention à tout, rien ne lui échappe, elle garde le souvenir àe ce qu’elle a vu ou entendu. Les couleurs, les toilettes l’intéressent. Elle sait, au point de vue

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de la nourriture, différencier la blanquette du ragoût. Elle chante de petites chansons, elle parle couramment, dit beaucoup de mots, mais n’est encore en réalité comprise que de ses proches.

En ce qui concerne l’usage de la surrénale, je résumerai l’observation d’un enfant de neuf ans, venu à ma consultation de l’hôpital Beaujon.

71. — Amorphe, — comme le caractérise sa mère, — ne s’intéresse à rien, pas même aux jeux. A l’école, il est le dernier de sa classe, trentedeuxième sur 32. Je le soumets au traitement surrénalien, 0 gr. 20 par jour. Quinze jours après, je le revois : de sérieux progrès avaient été réalisés. Durant cette période, l’enfant, de trente-deuxième était passé dix-huitième. Je continue la médication : trois semaines après, il avait été classé cinquième, mais on ne pouvait plus le tenir, en particulier, à table : il jonglait avec sa fourchette et sa cuiller. Je dus suspendre momentanément le traitement; l’enfant redescendit vers la vingtième place, mais il obtint néanmoins le tableau d’honneur. Je me rappelle lui avoir demandé de me l’apporter car, lui dis-je, « c’est moi qui l’ai gagné >. Je le maintins ultérieurement dans une bonne moyenne, en adaptant les doses à ce qu’il était capable de supporter.

Bien que le cas soit d’une interprétation plus complexe, je citerai encore un jeune garçon de

six ans, atteint de ce qu’on appelle la maladie des tics. L’enfant paraissait très en retard; sou tremblement était tel qu’il ne pouvait faire des bâtons sur un papier; il ne parlait, comme le fait se retrouve dans cette triste maladie, que pour dire des grossièretés. A lui j’administrai des cachets de parathyroïde. Au bout de quinze jours, il s’était produit une véritable transformation. A la surprise générale, l’enfant, beaucoup plus calme, manifestait quelques connaissances qu’on ne lui soupçonnait pas, il distinguait les jours, les heures; il était beaucoup plus calme dans ses mouvements, beaucoup plus gentil pour ses proches, il s’était établi dans son écriture des transformations dont je parlerai plus loin.

En soinme, les divers traitements opothérapiques, appropriés aux cas des enfants arriérés, fournissent des résultats concernant leur mémoire, leur curiosité, leur compréhension, leur application, leur mise en train, leur caractère.

Résultat que j’ai cité incideïnment et sur le(piel j’ai insisté par ailleurs, certains enfants qui n’avaient jamais chanté de leur vie, se mettent à le faire, au grand étonnement de leur entourage, et traduisent ainsi leur besoin d’activité, qui est en rapport avec l’élévation du tonus de leur sympathique.

Chez ces sujets arriérés, j’ai étudié avec mon distingué confrère, le Docteur Streletski, la graphologie, en particulier chez les deux enfants que je viens de citer, traités l’un par la glande surrénale, l’autre par la parathyroïde.

Chez Amorphe, la transformation de l’écriture fut surprenante en quinze jours. Alors qu®

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quinze jours auparavant, il écrivait en arc de cercle, en montant et en descendant, que chaque mot était émaillé de fautes, après quatorze cachets de surrénale, l’enfant écrivait, pour ainsi dire, en ligne droite, sur un papier non réglé, et faisait beaucoup moins de fautes.

Quant au petit tiqueur, qui était incapable de tracer des bâtons, il put, quinze jours après le début du traitement, écrire d’une façon nerveuse, tremblée, en montant pour son nom, en descendant pour son prénom, mais écrire cependant l’un et l’autre. Bien entendu, le traitement ne lui avait pas appris à écrire, pas plus qu’à connaître les jours de la semaine ou les heures, mais il avait rétabli assez de calme dans ses mouvements musculaires, pour qu’il pût se ser- \1r des notions antérieurement acquises.

Pour en revenir à des manifestations d’ordre surtout physique, les écoliers manifestent parfois, travail scolaire mis à part, une apparence spéciale : ils ont du gonflement du nez et des lèvres, des croûtes aux yeux, de nombreux ganglions, des rhumes faciles. On se trouve en présence d’une disposition constitutionnelle, qui se rattache à des troubles du thymus et des ganglions lymphatiques, et qui peut être combattue, avec succès, par l’emploi des glandes correspondantes, mais aussi de la rate, de la moelle des os et j’ajouterai de la thyroïde et de la surrénale.

Chez les enfants arriérés, en ce qui concerne l’apparition des troubles, une distinction est importante à faire. Le sujet « thyroïdien » est souvent un arrié- ^ dès la naissance. S’il est vrai que les troubles peu-

vent apparaître plus accentués à l’âge de la scolarité, ils ne débutent pas à ce moment. Le retard de développement s’est manifesté d’une façon précoce comme je l’ai indiqué chez Petiot (1).*

Tout au contraire, chez les hypophysaires, c’est souvent vers sept, neuf et onze ans que, tout d’un coup, un enfant qui, jusque là paraissait normal, se trouve arrêté daiîs son développement. J’ai donné justement le nom d’« Arrêté » à un enfant de cette catégorie (2).

Parfois certains sujets manifestent entre dix et douze ans un déséquilibre qui résidte de la mise en œuvre de plusieurs glandes comme dans un cas, qui figure dans mon travail sur I’instàbilité hypophysaire.

72. — Instable est âgé de 12 ans. C’est un arriéré cérébral, mais qui présente déjà quelques cheveux blancs. Il a des pieds très développés; il chausse 42, mais ses mains, d’après l’expression même de sa mère, sont inachevées. Il présente une projection de la mâchoire supérieure par rapport à la mâchoire inférieure, qui est au contraire insuffisamment développée. Ce n’est pas tout; il a tous les signes de l’instahilité thyroïdienne et encore un tic de la station debout : il ne peut rester en place, ce qui dépend de la parathyroïde.

Si l’on traite des écoliers plus grands, on observe des résTiltats analogues.

Ronchonnot, c’est le nom que lui donne sa mère, car il bougonne et est constamment de mauvaise humeur, est un garçon de quatorze ans. Il présente un retard des glandes sexuelles.

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conserve encore des dents de lait, fait le désespoir de ses parents par son travail défectueux, présente une pigmentation de l’abdomen, souffre de maux de tête, manifeste un pouls accéléré. C’est un sujet de petite taille, avec petites extrémités. Je l’ai dénommé aussi Retardé ( 28 ).

Sous l’influence du traitement thyroïdien exclusif, commencé, à cause de la rapidité du pouls, à la dose d’un milligramme de poudre, l’ensemble des troubles est transformé très rapidement. Le développement génital retardé s’accomplit en trois mois, et, dans le même temps, les dents de lait ont été remplacées. Le travail scolaire est devenu plus facile à tel point que, l’année suivante, il a même pu sauter une classe. Le caractère s’est lui aussi amélioré, il ne ronchonne plus. La pigmentation du ventre a disparu, l’enfant a grandi, les extrémités se sont allongées.

C’est à propos de la mise en train des diverses glandes par la thyroïde que j’ai appelé cette glande, « le chef d’orchestre du concert endocrinien ».

Le traitement a été supprimé lorsque le sujet a atteint l’âge de dix-sept ans, car il était en parfait équilibre. Toutefois il restait petit; il est vrai que son père était petit également.

Or, il se produisit chez lui un fait du plus haut intérêt; malgré la suspension du traitement, Ronchonnot grandit de six centimètres en six mois, ee qui indiquait que ses propres glandes de croissance fonctionnaient normalement, par elles-mêmes. Ce résultat s’observe parfois chez des enfants retardés, surtout lorsqu’ils sont soumis à l’opothérapie. La croissance continue souvent plus longtemps chez eux, que chez les enfants normaux.

Un peu plus tard survient la transformation qui d’un garçonnet, fait un jeune homme, et d’une fillette une jeune fille. C’est la puberté. Elle accomplit parfois, sans trouble, le développement des formes du corps; les nouvelles fonctions s’établissent sans dif. ficultés et sans souffrances; ü s’agit des sujets dont l’hérédité des glandes endocrines est parfaite.

Mais il n’en est malheureusement pas toujours ainsi. Cette période s’accompagne parfois de malaises, de fatigue, de troubles nerveux, de modifications du caractère. On voit s’installer chez la fillette, la chlorose ou pâles couleurs.

L’enfant anémique, fatiguée, nerveuse, est condamnée au lit pendant plusieurs mois; la fonction ovarienne qui s’était installée régresse, est irrégulière, parfois trop abondante. Un petit goitre apparaît. Des réactions, des gonflements, des refroidissements, un myxœdème passager se crée; ou inversement, les yeux ont une tendance à proéminer; le cœur bat trop fort et trop vite. Un « Basedow » apparaît alors. En dehors du fer et de l’arsenic, du repos indispensable à ces chlorotiques, l’opothérapie par l’ovaire, la thyroïde, le foie, rendent grand service à ces malades.

Parfois la puberté n’arrive pas à se constituer, le sujet reste infantile (voir page 96). Le développement du sujet (développement mammaire, pilaire, laryngé et général) est retardé. Dans ce cas, les membres inférieurs sont disproportionnés, par rapport au reste du corps, le phénomène des règles tant attendu des mères, n’arrive pas.

C’est en agissant par les produits ovariens, en utilisant en particulier le dernier venu des médications de cette série, «la folliculine», c’est en faisant ingérer de la glande thyroïde, de l’hypophyse, c’est en s’aidant parfois de manœuvres masso-thérapiques, des rayons ultra-violets, qu’on arrive à parer à ce retard de la nature.

Des troubles analogues se produisent chez les garçons.

les endocrines

Souvent le médecin a remarqué, dès la naissance, que les attributs du sexe, ne sont pas visibles ou ne se trouvent pas à leur place, qu’Us sont oscUlants ou insuffisamment développés. Pendant toute la prime jeunesse, ils n’ont pas occupé leur position, ni acquis leur volume.

L’attention de la mère est surtout frappée lorsqu’à l’âge où les frères, les cousins, les petits amis se transforment, au point de vue physique et psychique, leur enfant reste petit, présente une longueur anormale des membres inférieurs ou devient obèse. En même temps, les parents remarquent que leur garçon ne manifeste aucun goût pour les jeux habituels, se montre à la fois bébé dans ses goûts, et dans son caractère, un peu fillette.

Dans ces divers cas, la glande de différenciation n’a pas accompli son développement habituel. Si elle n’est pas à sa place, le chirurgien intervient, lorsqu’il existe un obstacle à la descente du testicule (petite bride, hernie); mais le plus souvent le traitement opothérapique suffit pour rétablir une situation retardée. C’est la glande thyroïde qui, dans un temps plus ou moins long, produit parfois cette sorte de miracle, que j’ai signalé à diverses reprises.

J’en citerai un nouvel exemple :

Un confrère, chirurgien des plus distingués, hésitait à redresser, par une intervention, un défaut de position de ces glandes chez son fils. Celui-ci était le plus petit de sa classe. Je promis à mon confrère le succès qui, dans le cas particulier, fut dong à se produire; toutefois à chaque occasion je le rassurais. Or, quand l’enfant fut en deuxième année de droit, sa transformation en jeune homme se fit rapidement; en même temps il se mit à grandir, atteint la taille de 1 m. 74 et dépasse ses frères, et aussi son père qui est de taille élevée.

Le même résultat est réalisé chez d’autres «grands garçons, petits arriérés » au point de vue physique psychique et testiculaire. ^ ’

Dans la Petite insuffisance thyroïdienne et son traitement, je rapporte le cas d’un sujet de quinze ans, toujours chétif, sans appétit, fatigué, souffrant de la tête, ayant encore des dents de lait, et un retard testiculaire.

Par le traitement thyroïdien, je l’ai fait passer de 1 m. 50 environ de taille et de 35 kilogs de poids à la taille de 1 m. 70 et au poids de 53 kilogs; lui qui, avant le traitement, portait, dans une maison de banque, des livres d’une pièce à une autre et succombait sous la charge, une fois devenu grand jeune homme, arriva à être le premier employé d’une petite maison de coulisse; il m’inondait alors de papiers financiers, voulant me témoigner sa reconnaissance, en m’intéressant à des affaires plus ou moins alléchantes.

Autre point de vue : la puberté, à la période d’éveil et de développement de l’ensemble de l’appareil glandulaire, provoque parfois un fonctionnement excessif, de certaines glandes (petit basedow, dans la chlorose).

Certains sujets chez qui, du fait de l’hérédité, la glande hypophyse fonctionne fort, sont susceptibles de présenter momentanément une sorte de gigantisme ou d’acromégalie. J’en ai fourni un exemple chez Formidable (4). On ralentira cet excès de fonction hypophysaire, en mettant à profit l’opothérapie par les glandes opposées à celles qui sont en surfonction, et en employant les doses régulatrices des glandes à fonctionnement excessif.

LES ENDOCRINES

D’une façon générale, à l’âge de l’adolescence, à côté des types moyens, à côté du canon normal, s’inscrivent toutes les variations produites par des mécanismes différents :

a) Certains sujets sont restés petits, tout en étant harmonieux, comme si on les regardait par le gros bout de la lorgnette, parfois ils sont simultanément chétifs. Cet état a été provoqué, en particulier, par la tuberculose héréditaire, qui a infériorisé tous les tissus, y coiqpris les glandes de développement. Ou bien, une maladie grave de l’enfance a arrêté les endocrines dans leur essor. D’autres adolescents appartiennent à des familles ou à des races qui restent petites; chez quelques-uns la poussée de transformation se produit tardivement, à 16 ou 17 ans.

b) Aux trop. petits s’opposent les trop grands, faisant partie de familles, dans lesquelles les glandes de croissance fonctionnent à plein. Ils ont toujours eu une taille relativement plus élevée que n’indiquait leur âge, et ceci, dès leur naissance; ils sont harmonieux, tout en ayant un développement cette fois accéléré; en général ce sont des hyperthyroïdiens.

L’expérimentation a montré qu’en faisant ingérer à des chiens du corps thyroïde, en moyenne quantité, on faisait apparaître chez eux le type « levrette ».

c) Chez d’autres sujets, les membres sont tout en longueur, ils ont poussé en asperge. A l’âge ingrat, ils sont dégingandés, leurs membres inférieurs se sont allongés du fait du retard testiculaire, ils ont un thorax et un abdomen insuffisamment développés, offrent, en même temps, le type de « fatigués > par insuffisance surrénale.

Des irrégularités de développement, des disproportions ont été rapportées au thymus; l’instabilité de l’hypophyse donne parfois lieu à un développement insuffisant de la tête, à un développement moyen des mains et excessif des pieds-

d) On observe parfois des adolescents, à tyne eunuchoïde, par iPsufflsance du développement^ de la glande masculine; ils ont l’apparence féminine, une esquisse de taille, des glandes mammaires développées, une obésité à type hypophysaire et les signes habituels du retard portant sur le thorax, la tête, le développement pUaire et laryngé.

Je n’envisage pas spécialement ici Page adulte auquel est consacré somme toute ce petit volume, ni I’automne de la vie qui est traité dans un chapitre spécial et j’en arrive à la dernière étape de l’existence : la vieillesse.

A la vieillesse s’oppose tout d’abord le syndrome, que j’ai décrit sous le nom de juvénilité persistante et que j’ai rattaché essentiellement à l’hyperthyroïdie, tout en tenant compte du hon fonctionnement des autres glandes, en particulier des Mandes sexuelles. En voici la description :

Juvénilité persistante. — Chez les « juvéniles » même âgés, le teint du visage est rosé et conserve sa fraîcheur et son éclat. Les rides sont absentes et peu accentuées. Leur œil est brillant. Il est :

« Limpide et clcdv ainsi qu’une eau courante > (Beaudelaire.)

Les cheveux sont conservés et parfois n’ont pas blanchi. Souvent les sourcils sont accusés, ils peuvent même être exubérants. L’absence d’embonpoint, la sveltesse de la taille, l’aisance de la démarche contribuent à donner l’illusion d’une jeunesse durable, comme Anatole France en a marqué les traits dans son marquis de Ké

les endocrines

(da Lys rouge) : « Sa grâce virile, son éloquence sobre, et l’habitude de plaire prolongent sa jeunesse bien au-delà du terme ordinaire. »

Par ailleurs, l’allure juvénile persiste chez les sujets adonnés aux sports.

La juvénilité n’est pas limitée à l’apparence extérieure. Les juvéniles produisent fréquemment beaucoup de chaleur, aussi ne craignentils pas le froid, et voit-on ces sujets éviter, en hiver, le port du pardessus. Leur voix reste souvent jeune, même parfois d’une fraîcheur exquise et bien des acteurs et des actrices ont continué à jouer presque indéfiniment les rôles de jeunes premiers. L’élocution persiste rapide.

De même, au point de vue psychique, les « restés jeunes » conservent souvent un grand besoin d’activité et de mouvement. Ce sont des accélérés; ils ont une hâte fébrile à tout accomplir; en particulier, ils mangent très rapidement. Ils sont \ifs, ardents, restent épris de nouveautés, toujours à la recherche d’un plaisir, sont curieux de tout, enthousiastes, optimistes. Leur enthousiasme se traduit par la réponse d’une femme de soixante-quinze ans, pensionnaire d’un asile de vieillards, à qui, il y a plus de dix ans, je demandais si elle monterait volontiers en avion. «Oh! Monsieur, je donnerai, pour le faire, tout ce qui me reste d’argent >

Leur optimisme provoque l’exclamation ironique des trois jeunes hommes de la fable de La Fontaine à l’octogénaire :

Passe encore de bâtir mais planter à cet âge.

A un degré de plus, ils sont nerveux, manifestent une vive émotivité, gardent beaucoup de fraîcheur dans les sentiments.

D’un point de vue spécial, certaines juvéniles demeurent, suivant le mot de l’une d’elles, « d’éternelles jeunes femines ». Les hommes conservent souvent le « cœur jeune ». Les uns et les autres se remarient souvent à un âge tardif.

Lorsque la juvénilité dépasse le stade physiologique, une tendance à l’excitation se produit sous forme de battements de cœur, de diarrhée, de démangeaisons et d’urticaire, d’une vive sensibilité de la peau à l’application de topiques, de spasmes musculaires, de fièvre facile et parfois élevée. Ces sujets, qui se confondent avec les arthritiques congestifs, présentent, comme ces derniers, des migraines, des vertiges, de l’asthme, des affections de la peau, de l’entérite muco-membraneuse, des attaques de rhumatisme ou des sortes de crises d’anxiété, des poussées d’hyperthyroïdie, allant jusqu’à la maladie de Basedow et comportant la production d’un petit goitre endogène. Le sucre n’est pas rare dans leurs urines.

Quelques variantes complètent le tableau habituel. Le blanchiment précoce des cheveux ne s’oppose pas à la juvénilité, il fait au contraire ressortir la fraîcheur du visage; cette canitie obtenue, au XVII® siècle, en poudrant les cheveux ou les perruques, se retrouve dans les portraits de Largillière. Ses marquises ont en même temps un coloris brillant du visage et sont souvent porteuses d’un léger goitre. Elles répondent au type de la juvénilité persistante.

Chez une Don Juane, Marcel Prévost a noté, d’une touche fine, l’effet du blanchiment de la chevelure :

< cette atténuation de glacis ambré, loin de la

< vieillir, la rajeunit, comme un imperceptible

< nuage de poudre... le visage vivement coloré

< prend alors, par contraste, un éclat plus vif ».

La juvénilité au lieu d’être totale est parfois partielle. Elle se manifeste par un ou quelques caractères isolés qui détonnent par rapport à l’ensemble. C’est la conservation des cheveux noirs, le bon état de l’appareil dentaire, la fraîcheur de la voix, l’éclat de l’œil qui tranche avec l’usure générale du sujet.

La juvénilité se manifeste encore chez des individus restés infantiles : c’est Vinfantilo-javénilisme.

Une jeune fille de 21 ans qui avait droit à une pension à sa majorité, au Ministère de la Marine, a eu la plus grande peine à la toucher; malgré son acte de naissance, on lui a fait mille diffieidtés, même après avoir vérifié l’authenticité de cet acte, tant elle paraissait au-dessous de son âge.

Cet infantilo-juvénilisme se retrouve dans le cas suivant où s’entremêlent dans une même famille le goitre et la maladie de Badesow. On m’amène une jeune fiUe pour un petit goitre de l’adolescence qui céda au traitement thyroïdien. Sa mère est une infantilo-juvéhile, a la voix grêle et l’air d’un enfant; la grand’mère a eu une maladie de Basedow dont eUe est guérie, elle conserve une voix tout à fait infantile. Quelque temps après cette visite, on m’annonce le prochain remariage de la grand’mère, qui a dépassé 50 ans.

Juvénilité et Sénilité associent parfois les caractères opposés : l’esprit reste jeune chez un sujet au

corps usé et inversement le corps, le visage restent jeunes et le psychisme se montre sénile.

En thèse plus générale, les arriérés feront plus rapidement de la sénilité que les sujets normaux, par suite du mauvais fonctionnement de leur thyroïde; au contraire les sujets «avancés» ont une tendance à rester jeunes.

J’ai déjà cité divers cas d’enfants arriérés qui présentaient, dès l’enfance, des cheveux hlancs. Je signale encore celui d’un retardé que le coiffeur appeiait, à cause de sa canitie précoce « grand-père >. Les cheveux hlancs disparurent à la suite du traitement thyroïdien.

Quelques faits particuliers vont illustrer ma thèse. Déjà La Bruyère avait esquissé, en traits rapides, le caractère d’un juvénile : « Ruffih « commence à grisonner mais il est sain, a un

« visage frais et un œil vif qui lui promettent

« encore vingt années de vie... il est gai, jovial,

« il rit tout seul et sans sujet, il est content de

« soi, des siens, de sa petite fortune, il dit qu’il « est heureux ».

Choulette, d’Anatole France, malgré ses cinquante-cinq ans, « avait l’air jeune, tant ses yeux hleus étaient clairs et luisants, tant son visage jauni et creusé avait gardé d’audace ingénue, tant jaillissait de ce vieil homme ruineux l’éternelle adolescence du poète et de l’artiste ».

Parmi mes clients, une damé paraît si jeune qu’on ne veut jamais voir en elle que la sœur de son fils.

LES ENDOCRINES

Un père est pris le soir du mariage de sa fille pour le conjoint de la mariée.

Un médecin de quatre-vingt-treize ans, qui avait conservé un visage rose, toutes ses dents et ses cheveux (blancs à la vérité), qui était porteur de sourcils énormes, a trouvé moyen de se faire écraser par un autobus, en traversant seul la Place de la Trinité, tant il avait à cet âge confiance en lui-même.

L’auteur d’un livre sur la « Verte Vieillesse » dans lequel il se représente lui-même, a trouvé la même mort, renversé par une voiture.

Un médecin de ville d’eaux, type d’arthritique maigre, congestif, affecté de fausses maladies, est mort à un âge très avancé, en conservant, jusqu’à la fin de sa vie, une juvénilité de corps et d’esprit tout à fait remarquable. Il préparait un li\Te sur « la Vieillesse ».

Un homme d’Etat, qui a conservé, toute sa vie, les attributs de la jeunesse, avec son enthousiasme, son impulsh-ité, qui a g^dé après quatre-vingts ans un état combatif, une fraîcheur de mémoire et de sentiments exceptionnelle, trouve encore le moyen de suivre les cours les plus ardus, d’entreprendre les voyages les plus lointains. C’est un vrai prototype de juvénilité persistante. L’exubérance de ses sourcils s’accorde bien avec l’origine, en grande partie thyroïdienne, de cette juvénilité.

LE TÉMPÉEAMENT

A l’opposé de la juvénilité persistante se place la sénilité précoce.

73 . — SÉNILE PRÉCOCE n’a que cinquante ans. Il paraît de beaucoup plus âgé qu’il ne l’est en réalité. Ce qui frappe, à première vue, ce sont des cheveux peu abondants, ayant grisonné de bonne heure et devenus blancs progressivement: son visage est pâle, sec, son teint jaunâtre; des poches sont visibles aux paupières inférieures; des rides nombreuses traversent son front de plis horizontaux; l’artère temporale dessine, sous la peau, des sinuosités apparentes; sa cornée est entourée d’un liséré jaunâtre qu’on appelle l’arc sénile; un processus de gingivite expulsive a peu à peu provoqué la chute des dents, qui sont tombées, sans être malades; l’ensemble du revêtement cutané est en général sec, ridé, squameux, un peu brunâtre, couvert surtout aux mains, de taches pigmentaires.

Sénile n’a pas d’appétit; son intestin ne fonctionne qu’à force de laxatifs, dont il est obligé de varier la composition; il a de la somnolence diurne et souvent de l’insomnie la nuit; ses articulations sont le siège de craquements; luimême se plaint de douleurs fréquentes; s’il reste assis trop longtemps, il éprouve de la peine à se lever; il accuse une fatigue continuelle, marche d’un pas lent, est facilement essouflé, ressent des battements de cœur; sa température est au-dessous de la normale; sa mémoire diminue peu à peu; la volonté lui échappe, il ne peut plus utilement s’occuper de ses affaires; les fonctions, indispensables à la procréation, ont peu à peu fléchi, puis ont disparu, et c’est une de ses préoccupations; par ailleurs il est de-

LES ENDOCRINES

Tenu indifférent, égoïste. Sa tension artérielle est élevée, l’artériosclérose l’a touché.

A quoi se rattache ce caractère de sénilité précoce ? Une distinction doit être établie entre la* vieillesse et la sénescence prématurée.

La vieillesse est la conséquence de l’évolution naturelle de toutes les cellules des tissus normaux; cette nécessité obéit à la loi d’irréversibüité, inhérente à la matière vivante, qui suit une trajectoire, essentiellement fixée par l’hérédité, mais dont les chocs infectieux, toxiques, psychiques, qui surviennent au cours de l’existence, peuvent accentuer le point d’arrivée, jusqu’à la mort. Il s’agit là de vieillesse inéluctable et qu’on peut dire naturelle; c’est un processus général, qui fait intervenir, en même temps que les autres tissus, les altérations séniles des glandes endocrines.

La SÉNILITÉ PRÉCOCE, qui survient avant l’heure, se trouve, au contraire, sous la dépendance d’une ou plusieurs de ces glandes qui, par l’action qu’elles exercent sur la régulation circulatoire et la nutrition des tissus, entretiennent une vitalité plus ou moins développée de l’organisme.

Diverses glandes revendiquent leur part dans la production de la sénilité précoce et, parfois, plusieurs glandes sont associées à ce processus de vieillesse anticipée. Envisageons successivement ces glandes une à une.

La thyroïde doit être mise au premier rang, car l’ablation de cet organe, chez l’homme où ranimai, fait du sujet un vieillard, dont Sénile précoce reproduit un grand nombre de traits, qui sont symétriquement opposés à ceux de la maladie de Basedow et de la juvénilité persistante. Dans ces derniers cas, la peau est humide, avec transpirations abondantes, la température est élevée et peut aller jusqu’à la fièvre thyroïdienne. Le basedowien a souvent les

mains roses, même rouges; il a une pousse excessive des cheveux, de l’exubérance de sourcils; 1 appétit est très accentué, avec crises de boulimie- ^ diarrhée n’est pas rare. ’

Ce qui est intéressant surtout, en ce qui concerne la thyroïde, c’est de voir le traitement thyroïdien dans la sénescence précoce, modifier l’état de la peau, élever la température du corps, combattre les phénomènes vaso-moteurs, contribuer à la repousse des cheveux et des sourcils, exciter l’appétit, régler l’intestin, éveiller l’activité sexuelle, influencer le rhumatisme, faire disparaître les douleurs et les craquements, agir contre la somnolence, raffermir les dents branlantes, activer la nutrition, produire un mieux-être général, influencer certains états de sclérose, comme la rétraction de l’aponévrose palmaire, la sclérodermie, prévenir l’artériosclérose. Sous l’influence du traitement thyroïdien, nombre de sujets se déclarent rajeunis; parfois une sénile hypotiiyroïdienne a l’air, après le traitement, d’être sa propre fille.

Il est donc permis de conclure que le traitement thyroïdien joue un rôle important, dans le problème de la sénilité et que, bien adapté, il sert à la combattre et surtout à la prévenir.

Mais cette glande n’est pas seule à revendiquer une place dans le vieillissement des tissus.

La surrénale, par son insuffisance, est responsable presque exclusivement des taches pigmentaires, du sentiment de fatigue, de la somnolence. L’hypertension, l’artériosclérose sont, par contre, à mettre sur le compte d’une altération de la glande, avec les lésions qui provoquent l’hypersurrénalisme; aussi, si l’on utilise la surrénale contre la vieillesse, doit-on l’appUquer à doses minimes et sous surveillance, chez les sujets à tension élevée.

^ On a décrit une maladie du lobé antérieur de Thypophyse qui s’accompagne de sénilité précoce.

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Là encore, c’est l’emploi de ce lobe antérieur, qui, appüqné rationnellement en injections et ingestions, a fourni des résxdtats rapides et remarquables.

C’est finalement à la glande de l’espèce : testicule et ovaire qu’a été essentiellement attribuée la vieillesse.

Pour ce qui est de la femme, la ménopause n’entraîne la sénilité, que chez celles, dont les glandes endocrines sont préalablement insuffisantes, en particulier la thyroïde, l’hypophyse et la surrénale; aussi lorsqu’on applique à ces cas la greffe, convient-il de la faire pluriglandulaire, tout en ptilisant en particulier l’ovaire et la thyroïde.

De ce point de vue, je signalerai le cas de Nicola Pende, d’une femme de 65 ans, ayant perdu la voix, et devenue sourde, chez qui une greffe thyro-hypophyso-ovarienne fait revenir des règles, disparues depuis 22 années, et qui continuèrent à se produire régulièrement, pendant 15 mois.

Dans un cas récent, Lorand, de Carlsbad, dit avoir maintenu, par l’opothérapie, les règles, chez une allemande de cinquante-quatre ans, qu’il soignait depuis l’âge de quarante-huit ans; il a vu de même l’administration des préparations ovariennes, combinées à des extraits thyroïdiens, ramener, chez une anglaise de quaranteneuf ans, des règles supprimées depuis une année.

En ce qui concerne l’homme il s’agit d’une question passionnante. Tout d’abord, testicules mis à

part, certaines glandes, telles gue la surrénale et Hiv pophyse, ont un rôle virilogène. •

On se souvient du cas, cité par de Quaranta, d’on sujet qui dut subir pour de la tuberculose une castration double à l’âge de 25 ans. La fonction de l’espèce persista jusqpi’à 55 ans, époque à laquelle se produisit une sorte de ménopause masculine, avec obésité hypophysaire.

Pour en revenir au testicule, U est inutüe de rap peler que les castrats ont une peau sèche et ridée comme les vieUlards, qu’üs manquent souvent d’activité, ont une tendance à l’obésité et ont de l’impotence sexuelle.

La participation de cette glande au problème de la sénilité, s’appuie sur le résultat ; des injections sous-cutanées appliqpiées à des vieillards, que Brown- Séquard a réalisées en 1889; de la ligature des canaux déférents qu’ont pratiquée sur l’homme Steinach et Knud Sand; et enfin des greffes de Voronoff, que cet auteur a eu le mérite d’emprunter à des animaux voisins de l’homme, tels que le chimpanzé et dont M. Dartigues a bien fixé la technique.

Les résultats de ces diverses interventions ont été parfois remarquables. Je ne rappellerai que le major anglais de Voronoff qui, greffé à 74 ans, est transformé d’une façon étonnante, comme le montrent les photographies des années suivantes, jusqu’à ce que, reprenant ses habitudes alcooliques, U meure de délirium tremens dans un asüe d’aliépés.

M. Voronoff a consacré tout un volume à l’étude de faits nouveaux, qui doivent fixer l’attention sur l’opération de la greffe. Son bélier, qu’il a greffe deux fois, montre, au moins par un exemple, que les greffes peuvent augmenter la durée de la vie, car ce bélier a dépassé depuis longtemps l’age le plus avancé qu’on connaisse chez ces animaux.

Un fait particulier doit être mis ici en relief : on dit quelquefois que les vieillards retournent en en-

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fan ce; ü existe des cas, surtout chez l’homme, dans lesquels fl se produit non plus un retard de développement, mais un infantilisme spécial, qu’on a appelé nn « INFANTILISME DE RETOUR 5>, un infantilisme tardif. Comme le dit M. Gandy, chez ces sujets tout disparait de ce qui contribue à donner à l’enfant le caractère de Fhomme. Cet infantilisme tardif se rencontre dans des cas où la thyroïde, dans d’autres cas où l’hypophyse, et dans d’autres cas où la glande sexuelle elle-même, ont été mises à mal; alors le sujet est dans un état intermédiaire entre la vieillesse et l’absence de puberté.

L’emploi de la ^ande qui paraît en défaut, l’emploi simultané de plusieurs glandes intéressées, peut contribuer à améliorer l’ensemble des symptômes présentés par le rétro-pubère.

Ce ne sont pas seulement les grandes glandes endocrines, habituellement citées, qui jouent un rôle dans la sénilité. Uintestîn avait été depuis longtemps incriminé par MetchnikofF. Récemment Lorand, de Carlsbad, est revenu sur le rôle de l’auto-intoxication de l’intestin dans la production de la vieillesse. On sait que M. Pauchet a appelé « colon homicide >, le gros intestin, qui facilite le développement des intoxications et des troubles consécutifs, agissant souvent par l’intermédiaire des glandes, pour provoquer la sénescence.

Le rôle réciproque de l’intestin sur les glandes et des glandes sur l’intestin montre combien ce problème est complexe et comment des moyens variés doivent être utilisés, y compris l’hygiène intestinale et le régime, pour retarder le plus possible l’apparition d’un processus qui, pour être inévitable, n’en fait pas moins l’objet incessant des préoccupations médicales.

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