CHAPITRE XVI
ENDOCRINO-GRAPHOLOGIE
La Graphologie est une science de l’avenir.
J’ai eu l’idée de l’appliquer à l’étude des états endocriniens, qui sont éminemment variables, et de fixer, sous une forme objective, les améliorations, produites par l’opothérapie, chez les enfants arriérés.
J’ai associé à mes recherches l’éminent graphologue qu’est le D' Camille Streletski. Et le résultat de nos premiers travaux peut se résumer dans les quelques observations suivantes :
1. — Enfant de neuf ans, arriéré, amorphe, ne s’intéressant à rien, même pas au jeu; trente-deuxième sur trente-deux à l’école. — 14 cachets de 0 gr. 20 de capsule surrénale, absorbés en quinze jours, modifient son écriture. Au lieu d’être arquée, montante et descendante, elle devient rectiligne, avec beaucoup moins de fautes et de ratures. En même temps. Amorphe est placé dix-huitième dans sa classe.
2. — Garçon de quatorze ans, avec retard testiculaire. Le traitement thyroïdien obtient la fixation et le développement des organes. A ce moment, apparaissent dans l’écriture des signes d’indépendance.
Dans un graphisme du sujet, la lettre d, qui
sert à étudier ce signe, au lieu d’être un d cal- i ligraphique classique, comme on l’apprend à l’école, se présente neuf fois sur dix comme un I d personnel, à hampe rejetée en arrière. Or, le sujet était né pour être indépendant car, de temps en temps, on rencontre, dans ses graphismes antérieurs, le d d’indépendance.
3. — Un enfant qu’on m’a amené, pour le faire grandir, gagne un centimètre, en un mois, par le traitement thyroïdien; en même temps il devient plus gai, plus ouvert. Simultanément son écriture se modifie; de serrée qu’elle était le mois auparavant, elle se dilate. Les lignes sont plus espacées. Les grandes lettres (1, b, p, d) qui n’étaient guère plus hautes que les petites, prennent leur forme élevée.
4. ^— Un petit sujet est atteint de maladie des tics, affection qui se traduit par des mouvements involontaires incessants, des impulsions à dire des méchancetés. Il ne peut tenir un crayon dans la main et dessiner des bâtons.
Un traitement de quinze jours par la parathyroïde, en même temps qu’il le calme, qu’il révèle une certaine connaissance — qu’on ne soupçonnait pas chez lui, — des heures, des jours, etc., qu’il bonifie son caractère, lui permet de tracer sous une forme nerveuse, tremblée, en montant d’une part, en descendant de l’autre, son nom et son prénom.
Ultérieurement, j’ai vu avec M. Streletski, se transformer en une semaine par vingt-trois cachets de capsule surrénale, l’écriture d’un ap-
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prenti serrurier, qui ne pouvait travailler depuis six mois. L’écriture, de légère (ce qui peut se vérifier à la balance) devint plus nourrie, les tremblements disparurent. On nota des signes d’assurance et d’application dans le graphisme. Le malade déclara en même temps qu’il serait capable de reprendre son travail.
Nous avons essayé de résoudre divers problèmes touchant le fonctionnement de chaque glande endocrine et nous avons relevé quelques caractères graphiques, en rapport avec 1 insuffisance et la surfonction de certaines glandes.
Je me contente d’en donner ici quelques premiers aperçus : l’écriture est lente, hésitante, sinueuse, ronde inhibée dans Vhgpothyroîdie; elle est rapide, inégale, lancée (signe d’impulsivité), souvent tremblée, dans Vhyoerthyroîdie. Si dans l’insuffisance surrénale, elle est lente, comme dans l’insuffisance thyroïdienne, elle est en même temps légère, par insuffisance de pression et d’énergie, descêndante par fatigue. Dans Vhypersurrénalisme, elle est nourrie et rectiligne. Le tremblement que nous avons rencontré, est imputable, dans un cas, à l’excès de surrénale ingérée, car l’écriture n’est pas lancée comme chez les hyperthyroïdiens.
Je rappelle les signes d’indépendance qui se manifestent au moment de la puberté.
Une simple émotion, si elle est vive, peut enlever brusquement toute sa personnalité à l’écriture d’un individu supérieur.
Certains caractères graphologiques sont communs aux troubles des fonctions des diverses glandes. La torsion de certaines hampes de lettres, telles que les 1, b, t, qui n’est pas rare chez les fillettes de 13 ans (Caiantrier), se retrouve dans l’insuffisance ovarien- D6 de la puberté et de la jrénopause (D’ Houzel), se
rattache parfois à Vinmffiscmce parathuroî/iù^. J’ai vu, avec le Streletski. se modifler ticidarité, indice de spasmes, par le traitement na^ thyroïdien. ^ ^
De même que notre caractère est complexe de même que notre équilibre glandulaire est 'instable, et fait souvent de contrastes, de même l’écriture traduit parfois l’opposition entre certaines tendances endocrines.
Une insuffisante surrénalienne avec hyperthyroïdie, qui lutte, par un désir d’action, contre ses possibilités réduites — elle a néanmoins une très belle situation au Palais —manifeste dans son écriture cette lutte continue, par un redressement des lettres de chacun de ses mots.
Jusqu’à présent, tout graphologue avisé demande, avant une expertise, si l’écriture qu’on lui soumet provient d’un homme ou d’une femme. En voici la raison :
Dans le bisexualisme, si répandu, la femme a souvent l’écriture d’un homme, en même temps que d’autres signes masculins, en particulier de grandes mains surhypophysaires. Les hommes, souvent très émotifs, hyperthyroïdiens, ont des écritures de femmes. Parfois, l’écriture est intermédiaire entre les types masculins et féminins.
Chez Génial (30), l’écriture manifeste des discordances qui marchent de pair avec l’extrême mobilité de son caractère. Elle tient à l’écriture d’homme, de femme et d’enfant.
On voit comment une étude consciencieuse de graphologie peut permettre de percevoir la du tempérament, en fonction des endocrines.
rappelle l’intérêt d’un examen graphologique app^ fondi du futur conjoint, en cas de projet de mariage.
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