LA PARTICIPATION FAMILIALE DANS LE DIAGNOSTIC DU PETIT ENDOCRINISME
Reconnaître le petit endocrinisme, c’est en faire le diagnostic.
Est-il légitime, dans un livre destiné au grand public, de consacrer un chapitre au diagnostic? Car le diagnostic, qui est l’art de reconnaître les maladies par leurs symptômes, est affaire de médecin plutôt que de malades, mais les cas envisagés ici ne sont pas, en réalité, des maladies; ils sont l’expression de tempéraments, à la lisière de la santé. Ce sont des états mineurs pour lesquels d’ailleurs on ne vient pas, en général, consulter. Les sujets ont peur que le médecin ne rie — ce qui leur est déjà arrivé — de leurs malaises; ils hésitent à se plaindre de troubles que l’on traite quelquefois de chimères et de maux imaginaires. Des apparences comme le goitre, des maladies, comme celle de Basedow, lorsqu’elles ne sont pas très accentuées, passent facilement inaperçues d’un observateur non spécialisé. Et, de même de petits états, tels que l’asthme, les migraines, l’urticaire, etc..., ne sont pas toujours rapportés à l’état glandulaire latent, responsable de ces crises endocriniennes.
Aiusi les familles ont-elles le devoir d’attirer l’attention de leur médecin habituel sur tel ou tel symptôme qui, ensuite, bien vérifié, pourra devenir ic point de départ d’une étude un peu poussée, suivie fréquemment d’une thérapeutique heureuse.
Mais la technique — qui est, si l’on veut, la cuisine endocrinienne -^— est particulièrement délicate ici, car c’est souvent sur des nuances, des détails, des faits d’apparence banale (froid anx pieds fatigue, constipation, mal de tête, gonflements, nervosité, etc...) que sera peu à peu établie l’existence d’états endocriniens, à la fois effacés et complexes. Et ce n’est pas trop d’une observation rigoureuse, mise au service d’un savoir déjà établi et contrôlé par le bon sens — qualités indispensables au bon endocrinologue — pour fixer un diagnostic dont la réalité ne sera démontrée que par le succès du traitement.
« A quel moment, demandent les familles, doit-on se préoccuper des petits troubles qui, finalement, dévoilent le tempérament? » Il n’est jamais trop tôt pour le faire.
Déjà, si quelque anomalie se reconnaît, dès la naissance, il ne faut pas manquer d’attirer l’attention médicale sur ce premier trouble. Pour prendre un exemple extrême, depuis que, dans les villes de la Styrie, prêtres et instituteurs ont été chargés d’appliquer le traitement thyroïdien contre le crétinisme héréditaire, on a obtenu des résultats vraiment surprenants, chez tous les sujets soignés, dès la première année, sauf chez les sourds-muets.
La difficulté de téter, l’absence d’appétit, le sommeil trop prolongé ou l’absence de sommeil, l’insuffisance des fonctions intestinales, le développement retardé, sont des indices d’un mauvais fonctionement glandulaire et doivent provoquer l’opoth ^^ pie. ‘
A toutes les étapes du développement, à toutes les transformations de l’organisme, l’attention doit être particulièrement fixée sur les perturbations, qui se produisent dans les divers appareils, et être sui; vie d’un examen endocrinien complet. Je renvoie a ce sujet au chapitre « Les Etapes » <p. 267).
LES ENDOCRINES
n ne faut jamais se contenter d’un diagnostic de douleurs de croissance, de paresse, de mauvais caractère; l’enfant bien étudié, se montrera porteur de signes de déséquilibre de ses glandes, ce qui permettra de porter remède aux phénomènes observés.
De même lorsqu’on se trouvera en présence d’une fièvre à cause mal déterminée, ü ne faudra pas oublier que, derrière le désordre thermique, l’appareil glandulaire, la thyroïde surtout, qui joue un rôle dans la production et la répartition de la chaleur animale, est souvent à incriminer et à redresser.
Des recherches de laboratoire, ce qu’on pieut appeler des tests, sont parfois indispensables pour parfaire un diagnostic. C’est au médecin qu’il est réservé de décider, dans quelle mesure, l’examen des urines, l’examen du sang, l’emploi des rayons X, l’établissement du métabolisme basal, l’injection, dans certains cas, d’adrénaline, permettront de rendre plus précis le diagnostic d’un cas complexe et difficile à définir. A mon avis, un des meilleurs tests qui soit à notre disposition, c’est l’emploi de l’opothérapie elle-même, qui, lorsqu’elle transforme rapidement le sujet, fournit la preuve que le diagnostic était exact.
C’est au médecin, mis en éveil, qu’il convient d’analyser dans tous leurs détails, dans leurs caractères actuels, dans leurs variations, dans leurs réactions, chacun des symptômes jusqu’à la limite du possible. Un mal de tête, un œdème, une acrocyanose, une obésité, peuvent dépendre de divers troubles endocriniens. C’est à lui de constater, mais en les soumettant à une critique impitoyable, les effets de l’opothérapie, aussi bien que ceux qui rétablissent l’équilibre du tempérament, ceux qui se produisent, de temps en temps, lorsque la médication n’a pas été adaptée au sujet qui l’a prise. Ce qui réalise une sorte d’expérimentation thérapeutique, sans importance, de courte durée, mais extrêmement instructive.
Une fois le travail d’analyse achevé, il étaWira u hiérarchie entre les symptômes observés, de faco» à pouvoir établir, par un travaU de synthèse Z’éto pluriglandulaire complexe qui est à la base des étak observés, pour pouvoir fixer la glande ou les dan des qui sont en défaut, le sens de leurs pertmba tions, l’intrication qui se manifeste dans tous les cas entre l’appareil glandulaire, le grand sympathique et les autres appareils.
Les signes endocriniens reconnus, on poussera plus loin encore les investigations. On se préoccupera des causes responsables de l’état endocrinien, responsables du tempérament du sujet, ce qui fait l’objet du chapitre suivant.
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