LES CAUSES DE L’ ENDOCRINISME ET DU TEMPÉRAMENT
L’esprit humain recherche particulièrement le < pourquoi? > de toutes choses. Le besoin de savoir est naturel à l’homme; or U m’arrive souvent de m’entendre dire : « Mais d’où vient que les troubles des glandes sont si fréquents? » Répondre à cette question, c’est établir les causes du tempérament endocrinien; eUe se résout en de multiples facteurs.
Quand, au lieu de se tenir à l’étude d’un cas isolé, on le replace dans son milieu familial, on met en évidence un p-remier facteur de la fréquence des troubles endocriniens, c’est I’hérédité (1).
La nature réalise des expériences extrêmement probantes et réunit, dans les familles, tous les degrés de l’endocrinisme.
Voici quelques cas qui se rapportent à la thyroïde.
Une enfant était myxœdémateuse, c’est-à-dire atteinte d’insuffisance thyroïdienne maxima.
C’est la même dont je parle page 4 (PI. I et II). Or, sa tante manifestait une insuffisance assez marquée de la thyroïde par du rhumatisme chronique, de l’obésité, de la frilosité, du
(1) D’après des calcuFs d’Eugène Mouton, un homme, considéré à la vingt et unième génération est le descendant direct de 2.097.150 ancêtres. Il ne tient pas compte des ancêtres communs.
gonflement, une diminution des sourcils. Sa mère était affligée de constipation, de varices à la cuisse, symptômes qui, l’un et l’autre, furent transformés par le traitement thyroïdien. La grand’mère était si dénuée de cheveux, que ses enfants ne se souviennent pas l’avoir jamais vue sans honnet. Ainsi, fille, tante, mère, grandmère présentaient toutes, quoique à des degrés différents, des signes d’insuffisance thyroïdienne. J’ajoute que, chez celles qui ont été soumises à la médication thyroïdienne, le résultat a été des plus favorables.
Le myxœdème, forme extrême d’insuffisance thyroïdienne, se rattache par tous ses intermédiaires, à un état presque normal qu’on peut considérer comme le tempérament thyroïdien.
Deuxième exemple : Une mère est rhumatisante chronique; son fils est asthmatique et, déjà à vingt ans, il est chauve. Une fille a été atteinte de myxœdème acquis de l’adulte. Le traitement a produit chez elle une véritable résurrection. Une autre fille, à certaines périodes du mois, sous l’influence des émotions, manifeste les signes d’un goitre à allure aiguë.
Nouvel exemple : Dans une même famille, le père est à la fois obèse, rhumatisant, migraineux, diabétique, porteur d’herpès. La mère a été transformée, par l’emploi du corps thyroïde, d’une mélancolie qui la poussait à ne pas s’alimenter. Une des filles a été atteinte d’un rhumatisme chronique bénin et de migraines ophtalmique. Un fils amaigri, longiligne, se pla^'
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gnant de constipation et d’hémorroïdes bénéficie également du traitement thyroïdien. Chez tous les membres de cette famille, la thyroïdoopothérapie a fourni les plus brillants résultats.
Je pourrais multiplier les cas. Je préfère en tirer une conclusion : c’e^ cpe, dans la même famille, on trouve réunis, entre-mêlés, intriqués, les signes révélant des troubles de la glande thyroïde et . simultanément des si^es du neuro-arthritisme. Tant il est vrai que l’hérédité, qui est, souvent, notée chez les arthritiques, se transmet en définitive par l’infcrmédiaire des glandes, et finalement peut être évitée ou combattue, en traitant préalablement les troubles glandulaires des parents.
L’étude des familles thyroïdiennes montre encore que la gamme descendante, ou ascendante, des troubles thyroïdiens, portés au maximum (dans le myxœdème d’une part, dans la maladie de Basedow d’autre part), vient aboutir au tempérament hypothyroïdien, quasi normal, avec ses diverses manifestations : lenteur, frilosité, développement insuffisant des cheveux, etc., et au tempérament hyperthyroïdien, prevue normal, avec tous les désordres de la nervosité.
Ce qui est vrai pour la thyroïde, l’est également pour d’autres glandes. Filles et garçons manifestent souvent, de onze à quinze ans, un développement si marqué de leur squelette et aussi de leurs extrémités, qu’ils présentent, au moins d’une façon transitoire l’apparence de géants ou d’acromégales. J’ai synthétisé un tel aspect chez « Formidable > (4), Or, quand on étudie l’ihérédité de ce sujet, on trouve dans ce cas, un père très grand, un oncle qui a succombé à l’acromégalie.
Une Jeune fille qui, à onze ans, en paraissait vingt, a une mère à tendances masculines.
Un garçon de onze ans, qui chausse la pointure 45, a une mère Pierre-Marienne, affublée d’une barbe.
I>ans une famille, le père est immense, plusieurs jeunes filles tournent au gigantisme; par contre IW d’entre elles est franchement au-dessous de U moyenne. “
Parfois, c’est la surrénale qui, héréditairement, manifeste de l’insuffisance. Il en est ainsi chez plusieurs sœurs, toutes fatiguées de naissance; leur mère a été sauvée, comme miraculeusement, par l’emploi de l’adrénaline.
Les troubles glandulaires ne sont pas toujours orientés daiis le même sens. Parfois, ce n’est pas la même glande qui est touchée. On assiste au désarroi, dans les familles, de la thyroïde, de l’ovaire, des surrénales, etc... Il n’y a pas lieu d’être surpris de ces diverses combinaisons. Il s’agit en fait de syndromes, à participation de plusieurs glandes, mais à prédominance de l’une d’elles. ^
La notion de l’hérédité des troubles endocriniens est donc établie. L’hérédité s’exerce sur l’appareil glandulaire, y compris dans des formes atténuées qui fixent le tempérament.
Mais le problème ne peut-il être renversé et ne peut-on considérer le rôle des glandes dans le problème si complexe de l’hérédité?
Les endocrines contribuent à établir les tendances héréditaires; elles jouent un rôle important dans le développement de l’être futur. Mais à côté des qualités des géniteurs, il faut tenir compte des causes nocives qui auront frappé ses glandes au moment de la conception ou pendant le développement, pnr une action sur les cellules des glandes sexuelles, et d’où résulteront des conséquences inéluctables pour l’être nouveau. Si l’on enlève, d’autre part, une partie de la thyroïde à une femelle, en état de gestation, on provoque parfois l’excès du fonctionnenient ou du volume de la thyroïde {goitre) chez ses descendants. De ce résultat, on peut rapprocher les expériences d’Uhlenluth. En nourrissant des larves de salamandre avec de la poudre d’hypophyse, u
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a produit des salamandres géantes, tdles qu'il n’en existe pas dans la nature.
Si hérédité et glandes endocrines exercent l’une snr les autres des actions réciproques, ü Convient au point de vue pratique, de maintenir les glandes en parfait équilibre chez les futurs procréateurs, avant l’acte conceptionnêl, et chez les mères, pendant toute la durée du développement de l’embryon. Par une eugénie endocrinienne bien comprise, on influencera favorablement l’individu, on fera la prévention des troubles constitutionnels.
Après la naissance, les modifications favorables du sojet se trouvent limitées du fait des qualités qui lui ont été conférées par l’hérédité. Un chien normal, né pour être petit, ne pourra pas être transformé en un grand chien, même s’il est soumis à un traitement par les glandes de croissance.
Le fait suivant va me permettre de développer ma pensée. J’ai reçu, un jour, une lettre d’un Anglais me demandant « de le faire grandir de quatre centimètres ». Sa lettre, parfaitement écrite en français, contenait pourtant un détail plaisant; il avait traduit sa taille, de pieds en centimètres, et me disait mesurer 17 cm. 4 (simple erreur de virgule). Je lui répondis de bien vouloir faire rechercher par son médecin les différents signes d’insuffisance thyroïdienne, de faire faire une radiographie pour observer si les articulations étaient déjà soudées (indiquant que la croissance est terminée) et de déterminer ses échanges respiratoires (p. 196). J’ajoutais que si l’on découvrait chez lui des signes de troubles thyroïdiens, le traitement pourrait être tenté. Quelques jours après, il me récrivit que * mal-
heureusement » il ne présentait aucun trouble de la thyroïde et cpi’il le regrettait, car, étant acteur, il aurait eu grand avantage à être plus grand de quatre centimètres.
En réalité, le traitement opothérapique ne développe, chez chaque sujet, que le maximum de possibilités fixées par l’hérédité.
Pour conclure par un exemole brutal, je dirai que, malgré tous les bienfaits de l’opothérapie, on n’arrivera pas à transformer un idiot en un homme remarquable. Il existe des limites au traitement glandulaire que je signalerai plus loin.
Des modifications, toutefois, sont possibles qui portent à réflexion.
M. Moussu, en faisant ingérer du corps thyroïde à des chiens, leur confère le type levrette. Pézard, transforme les poules en coqs, les coqs en poules et dans des expériences sur - des poules et des coqs, en fait des volatiles hermaphrodites.
Le sort, qui paraît inexorable, se trouve, dans quelque mesure, modifié par les bienfaits de l’opothérapie. Un héros, dont on évoque le nom, à chaque appel de la compagnie du 46® de ligne, à la suite de celui de La Tour d’Auvergne, ce qui entraîne la réponse : « Mort au Champ d’Honneur » avait été amélioré par le traitement thyroïdien d’une rétraction de l’aponévrose palmaire, qui tenait accolés, sans qu’il put les séparer, deux des doigts de la main. Il me fit part .un jour qu’un orteil en marteau, maladie congénitale, et en apparence au-dessus des ressources de l’art, s’était redressé par le traitement thyroïdien.
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Je n’ai pas retrouvé de cas analogues. Il indique néanmoins que des troubles de développement qui paraissent définitifs, sont parfois influencés par la médication glandulaire. Il y a donc lieu, lorsque l’on trouve chez un sujet des signes d’insuffisance pendulaire, d’essayer le traitement endocrinien, avant de conclure, et parfois un résultat heureux viendra surprendre le médecin, en le remplissant de joie.
La notion de l’hérédité ne doit pas s’imposer d’une façon trop exclusive, car elle n’entraîne parfois que des prédispositions, une débilité glandulaire qu’aggravent ou mettent en évidence d’autres influences. Parmi celles-ci, I’éducation avec I’imitation qui lui sert de base, les habitudes qu’elle crée, est à mettre en relief. C’est ce que je vais essayer de montrer, en exposant deux affections, dans lesquelles l’hérédité et l’imitation arrivent à s’entremêler.
Je choisirai Vobésité et Vangoisse.
Un enfant est obèse comme ses parents. 11 n’est pas discutable que l’obésité est, en quelque mesure, héréditaire. Mais l’excès du poids est souvent la conséquence de mauvaises habitudes alimentaires, auxquelles l’enfant est exposé, en imitant ses parents gros mangeurs. Bien plus, ceux-ci poussent souvent leur enfant à les imiter.
Un père, accompagné de son jeune fils, vieat me consulter un jour pour de l’angoisse, affection qui se transmet des parents aux enfants. Tout d’un coup, le garçonnet se met à s’exclamer : « Est-ce que c’est la peine de vivre? » Evidemment il ne se rendait pas compte de la signification de ses paroles, qu’il avait entendu dire par son père, mais il les répétait par imitation, et ces mots qui, pour lui, n’avaient pas encore de portée, pouvaient devenir ultérieurement le point de départ d’idées anxieuses.
Les accents, les attitudes se prennent si facilement par imitation, et sont — si Ton veut — si conta-
gieuses, qu’on les retrouve chez de vieux éuonT ■ qui Us donnent des airs de ressemblance ^ “
chez maîtres et disciples. L’hérédité n’intement na dans ces faits, qui jettent une lueur sur les antr^ cas, dans lesquels l’hérédité est facüement invoaué!r Le rôle de l’éducation reste donc primordial même chez des petits endocriniens héréditaires, et doit servir à combattre les tendances de leur tempérament. De même l’auto-suggestion, que M. Pauchet invoque avec juste raison, contrebalance certaines tendances natureUes, mais modifiables.
La prédisposition endocrinienne tient parfois à des CAUSES INFECTIEUSES, généralement transmises des parents aux enfants et qui frappent diverses glandes à sécrétion interne.
Certains médecins, poussant la solution à Textrême, sont allés jusqu’à dire et soutenir que, derrière les troubles endocriniens héréditaires ou familiaux, il fallait toujours soupçonner la terrible avarie, la syphilis héréditaire, qui peut faire sentir ses effets à travers plusieurs générations. Il y a là une exagération manifeste. Toutefois une part de vérité reste incluse dans cette affirmation et le devoir du médecin est, dans le cas où le doute est permis, de mettre en œuvre l’examen le plus approfondi, les recherches de laboratoire, l’analyse du sang, et, au besoin, de tenter une médication d’épreuve, qui, jointe à Topothérapie, en particulier chez les nourrissons, en favorisera le résultat.
La tuberculose qu’on croyait, d’après les travaux classiques, presque exclusivement contagieuse, a ete reconnue par les recherches récentes comme susceptible de passer de la mère à l’enfant. Elle doit faire l’objet de recherches précises, suivant toutes les méthodes utilisées actuellement, et, dans les cas où on pourra en admettre l’existence, on recourra aux médications appropriées, y compris certons vaccins spéciaux, en même temps qu’à la médication glandulaire.
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Ces grandes maladies mises à part, les glandes, en état de débilité native, deviennent plus facilement la proie d’infections banales. Le rhumatisme articulaire aigu touche volontiers la thyroïde; il en est de même de la fièvre typhoïde. Les oreillons s’attaquent, chez l’adulte, aux glandes de la procréation. De très nombreuses maladies frappent la surrénale; elle contribue, surtout au cours de la convalescence à une fatigue parfois insurmontable, à un véritable état de neurasthénie. Il en est ainsi de la coqueluche, surtout si la surrénale se trouve déjà avoir été touchée par une atteinte de tuberculose. La grippe a des affinités spéciales pour la surrénale, ce qui doit entraîner à l’emploi, au cours de cette affection, d’adrénaline ou de glande surrénale.
Je pense avoir sauvé une dame ayant dépassé l’âge de quatre-vingts ans, atteinte de grippe sévère, avec lésion cardiaque et albuminurie, en lui faisant pratiquer trois fois par jour des injections de cortico-surrénale.
Dans certaines maladies telles que la fièvre typhoïde, la fièvre scarlatine, il est classique de recourir aux injections d’adrénaline. C’est un remède indispensable dans la diphtérie.
Un chirurgien atteint de diphtérie grave et qui était tombé dans un état syncopal, avec impression de mort imminente, fut si amélioré par le traitement adrénalinique qu’il en arriva à douter que ce mieux fût l’effet de cette médication. L’ayant suspendue, il fut repris de nouveaux phénomènes alarmants, dont il fut encore délivré, en reprenant de l’adrénaline, ce qui le convainquit cette fois, de l’utUité de ce médicament.
La pneamonîe, l'a rougeole, touchent donnant parfois, lieu au diabète insipide, comme î’p ai observé un cas, et à une reprise (Taffection masc& laire grave, combattue d’abord avec succès par l’ouothérapie hypophysaire. ^
Des INTOXICATIONS venues de l’extérieur, telles cnie le saturnisme, comportent, parmi leurs manif esta tions, des troubles endocriniens et contribuent en particulier au syndrome surréno-vaseulaire avec hypertension artérielle.
L’alcoolisme, soit invétéré, soit à titre d’ivresse passagère, soit par l’imprégnation de l’organisme, agit sur les glandes de la génération (Vervaeck) et peut être cause de désordres endocriniens et de délinquance. « Vénus seule doit procéder aux cérémonies de l’hyménée. Il ne faut pas lui associer Bacchus» a dit Debove.
Les INTOXICATIONS ALIMENTAIRES par excès, carence, viciations des divers aliments, les intoxications médicamenteuses (opium, morphine, cocaïne, etc.), provoquent de même, des troubles des cellules germinatives, qui se traduisent parfois, dès la naissance.
Parfois, ce sont les poisons produits dans l’organisme par les troubles du foie, du rein, de l’intestin, qui viennent jeter le trouble dans l’appareil glandulaire. La vieillesse, qui‘reconnaît un mécanisme endocrinien, a été attribué par Metchnikoff, par Lorpd, à une intoxication intestinale. M. Pauchet attribue un rôle essentiel à ce qu’il appelle le « côlon homicide ». Il faut combattre les troubles intestinpx par des moyens hygiéniques, alimentaires, médicaux, opothérapiques, voire chirurgicaux.
Des causes d’apparence plus banale feront apparaître des cas graves, par désordre endocrinien. Au premier rang se place I’émotion. L’émotion se traduit
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par des symptômes thyroïdiens, qui peuvent aller jusqu’à composer des maladies thyroïdiennes. Suivant les fonctions de la glande thyroïde, les réactions émotives sont excessives ou atténuées. Le corps thyroïde, ai-je écrit, agit comme un appareil « renforçateur ou réductexu* des manifestations émotives >.
J’ai appelé d’^ailleurs la glande thyroïde, la glande c de l’émotion ». Elle se trouve interposée entre les causes d’émotion et la traduction de cette émotion. Lorsqu’elle fonctionne d’une façon excessive, elle peut maintenir le sujet dans un état émotif continuel.
Je citerai le cas d’une basedowienne guérie, pour ainsi dire, de sa maladie, qui fît une rechute de quelques mois après avoir appris la mort subite, en couches, de sa fiUe, qui avait suivi au loin son mari américain.
La surrénale est également influencée par l’émotion. Rostan rapporte le cas d’un homme qui, tombé dans un précipice, passa la nuit, accroché à une branche qu’il avait eu la chance de rencontrer dans sa chute. Il vécut ainsi plusieurs heures dans l’inquiétude de lâcher cette branche, son unique chance de salut. Lorsqu’on vint le chercher le lendemain, il était devenu mulâtre, ce qui tient à ce que la glande surrénale, glande préposée aux pigmentations, avait cessé brutalement de fonctionner par l’émotion.
Maranon a étudié expérimentalement l’influence de Vadrénaline sur le phénomène de l’émotion.
Il choisit dans un ser\iee de chirurgie, une femme qui allait subir une opération grave. Il lui fait ressortir que c’est bien triste, quand on a plusieurs enfants à la maison, d’être éloignée de chez soi et de ne pouvoir s’occuper de sa progéniture. La malade lui répond d’une façon tranquille, sans émoi exagéré. A ce mo-
ment, le physiologiste lui injecte sous la peau un milligramme d’adrénaline. Il lui répète alors les paroles qu’il lui a dites quelques instants auparavant. A ce moment, la malade fond en larmes, manifeste l’émotion la plus vive, devient angoissée.
Il a donc suffi de faire pénétrer une petite dose du produit, tiré de la surrénale, dans la circulation, pour que les phénomènes d’émotivité et d’angoissé apparaissent.
La fonction ovarienne, en particulier, est soumise à l’émotion qui en fait varier le fonctionnement.
Le diabète, maladie pancréatique, subit de même rinfluence des émotions. Frerichs a fait un traité du diabète en choisissant, comme champ d’études, les banquiers de Francfort soumis à des émotions perpétuelles.
Vennui est capable d’arrêter la sécrétion lactée Chez lés vaches, séparées de leurs compagnes.
La FATIGUE, et surtout le surmenage, agissent sur les glandes. En entraînant des animaux, on augmente le fonctionnement de leur surrénale. Si l’entraînement est excessif, si l’on soumet ces animaux au sumenage, pn réduit la glande de volume et d’activité.
Une de mes malades atteinte de goitre exophtalmique a éprouvé une rechuté de trois mois pour avoir fait, quand elle était convalescente, une promenade de vingt kilomètres dans la forêt de Fontainebleau.
Une blanchisseuse atteinte de goitre, avait tous les lundis, après le repos du dimanche, sa thy"
roîde moins volumineuse qu’elle ne l’était le samedi, après la fatigue de la semaine.
La suralimentation, cause d’obésité, peut êntraî* nef l’affaiblissement de diverses glandes, thyroïde, hypophysaire, glande sexuelle.
Un de mes jeunes clients, dont !’« infériorité glandulaire » s’était déjà manifestée à diverses reprises, est poussée, par sa mère, à se suralimenter, à propos d’une coqueluche, qui provoquait chez lui des vomissements incessants. L’habitude de manger continua ensuite, en particulier pendant les vacances. Quand je revis cet enfant, vers le 15 septembre, le petit garçon avait pris l’allure d’une petite fille, et il fallut un an de restrictions alimentaires, pour lui permettre de reprendre l’apparence de son sexe.
Les variations normales, qui s’établissent suivant un rythme plus ou moins régulier, dans la vie des femmes (l’éternelle blessée), produisent des réactions glandulaires variables et dont la traduction est le nervosisme, l’angoisse, la fatigue, la migraine, l’asthme, etc... La disparition de la fonction mensuelle provoque des troubles de l’âge critique qui seront étudiés ailleurs.
La chasteté (perverse, suivant le mot de M. de Voivenel) produit l’impureté et le vice. J’en renvoie l’étude au chapitre de Criminologie.
Les TROUBLES COSMIQUES portant sur la tempéra^ tare, les troubles atmosphériques, le vent auquel cer-
tains sujets sont d’une telle sensibilité qu’ils sont comme des « estbésiomètres » ultra-précis, agissent sur des ^^andes déjà prédisposées et font apparaître dans le domaine du sympathique, en particulier dn sympathique cardiaque, des troubles des plus pénibles et qui vont jusqu’à simuler une maladie de cœur. M. Sardou parle d’une sensibilité météorique de quelques prédisposés.
J’ai attiré l’attention sur la sensibilité au froid des hypothyroïdiens, au chaud des hyperthyroïdiens. Les rhumatisants chroniques prévoient les change^ ments de temps. Parfois ils sont incommodés par le simple déplacement de l’air.
L’influence de la mer sur le tempérament, mérite d’être prise en considération; elle varie suivant les sujets, suivant l’exposition et la situation de la station qui est plus ou moihs abritée, plus ou moins éventée, avec un air plus ou moins riche en iode.
Aux enfants lymphatiques réussissent les plages du Nord. Ils y trouvent de l’appétit, de la couleur, grandissent, se développent, voient fondre leurs ganglions, disparaître des tuberculoses locales. Les bains de mer, l’action des rayons ultra-violets du soleil, les coups de soleü même, transforment parfois complètement l’étàt du sujet chétif.
Par contre, les sujets nerveux sont pris d’insomnie, d’inappétence, maigrissent, ont des battements de cœur, font des poussées d’hyperthyroïdie allant parfois jusqu’au petit goître.
Les HAUTES ALTITUDES peuveut avoir sur les hyperthyroïdiens des inconvénients analogues.
Les CURES THERMALES dont l’action se produit, par l’intermédiaire des endocrines, sont parfois, lorsqu’elles sont mal appliquées, (à des doses excessives, et surtout chez des sujets prédisposés), l’occasion de crises «thermales», à caractère endocrino-thyrcüdien. Aussi l’application doit en être surveillée avec soin et le dosage approprié à chaque cas par*
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ticalier, avec autant de minutie fpie l’opothérapie thyTOÎ<6enne.
Des TRAUMATISMES, en particulier donnant lieu à des hémorragies hypophysaires, peuvent entraîner des accidents graves.
J’ai observé un aviateur qui était en parfaite santé. A la suite d’une chute d’avion, se développa chez lui un syndrome hypophysaire adiposo-génital dont il souffrit moridement à tel point qu’il finit par se suicider.
Les TUMEURS, lorsqu’elles se localisent aux glandes, produisent, en général, des phénomènes d’èxcitation qui donnent lieu à la maladie de Basedow, à l’acromégalie, au syndrome du virilisme.
Cet aperçu rapide des causes qui influence les glandes, en présence de la multiplicité des facteurs qui, en dehors même de l’hérédité, troublent l’équilibre glandulaire, explique la rareté d’un tempérament normal.
Dernier mot : Un certain nombre des influences générales que nous avons mentionnées : chaleur, lumière, séjour à la mer, par leur répétition, participent, en mettant en jeu les endocrines, à la constitution des RACES.
De Lanessan avait développé cette idée que la mentalité des races dépend du sol qu’on habite. Ce sol est producteur de plantes, qui nourrissent les animaux. L’homme s’alimente à la fois de ces plantes, et de ces animaux, pourvus de qualités particulières, inhérentes au sol. Finalement il se crée des sujets à mentalité spéciale, correspondant à certains caractères anthropologiques : les dolicocéphales, à tête allongée, blonds, gens du Nord; les brachycéphales, à tête élargie, bruns, gens du Midi. Sous mon inspiration, de Lanessan admettait l’intermédiaire de la
glande thyroïde, pour fixer le typg du çrân§ çt la mentalité. De la même façon. Pende oppose aux Ita-r liens méridionaux, soumis aux influences de la mer de la chaleur, de§ fiafiitudes alimentaires, (nourriture par le poisson riebe en sel et en iode) et qui sont des hyperthyroïdiens, les Italiens du Nord, qui sont des hypothyroïdiens. Maranon fait la même remarque pour les Espagnols qui vivent sur les côtes.
Des influences de même ordre interviennent chez les crétins.
En dehors fie la carence fin soleil et fie l’eau en iofie, il faut faire jouer, dans le créth nisme, un rôle à la misère et à l’insuffisance d’alimentation.
L'influence de la suralimentation en viande, che? les Anglais, de la bière, chez les Allemands, interviendrait dans la nature flegnaatique fies premiers, dans l’esprit un peu lourd des seconds (d’après BériUon).
Quant à la race juive, entachée essentiellement fie nervosité et d’arthritisme, elle tirerait son tempérament de sa nourriture, de sa sédentarité, fie ses mariages entre les membres pratiquant la même religion, et des émotions auxquelles elle a été soumise de vieille date. Or, les Israélites sont, en général, thyro-endocriniens.
La notion endocrinienne dépasse donc le tempérament individuel, et peut s’appliquer à l’étude morpho-psycho-humorale d’un ensemble d’individus.
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