‹ Le temple d'AmadaChapitre 6 sur 122 · PL 69/'. Les six architraves de la salle hypostyle · texte numérisé non relu

PL 69/'. Les six architraves de la salle hypostyle

i(>. PI. Cx)/;. I/iiiscri|)ti()ii verticale (l'uii pilier de la salle li\|»osl\l<>. iiiiiaiil a la lois Tlioiitinosis [\ el Saiiousril III.

1 I . PI. (m, //. La li'-;|-eii(le (le TIk.I sur un lahl.'aii (rrrihe-.dloiiiiciii.'iil de la salir liy|.(.sl\l<".

1 -^ PI. G<)/. Tlioutinosis IV deltout eiilre llarniakliis e! la d('esse Salit (faux [(ilier el eiilre-colomiemt'iil de la salle liyposlvle, cùlé droil ).

Le A' volume du Tcrtc dr !jt'[)sius, ludilir' iv-ceiiiniciil |»ar les soins do M. W. Wreszinski (Leipzig-, 11)13), contient une assez longue description du temple'"' et un plan sur lequel les murs g et li sont indiqués à tort comme des murs pleins alors qu'ils sont, en réalité, percés de portes, el on les petits murs reliant lancien corps de Itàliment à la salle liv|>osl\le de Thoulmosis 1\ on! l'té, an conlraire, omis.

Le Lyonnais J. J. Ampkre s'attarde volontiers à la visite et à la description du petit temple d'Amada, car il est "un de ceux, dit-il, qui offreut le modèle le plus achevé de l'architecture et de la sculpture égyptienne à l'époque oii ces arts ont atteint leur dernière perfection, à l'époque des Thontmôsis, sous la XVIir dynastie. . . . r. Après avoir constaté la finesse exquise et le souci du détail dont ont fait preuve les décorateurs de ce petit temple. Ampère regrette que l'édifice soil ensablé el déclare que le déhlaiemenl serait facile et peu coûteux et que la fouille r rendrait à la lumière des pans de muraille qui sont à la fois des tableaux et des manuscrits-. Dans son enthousiasme il va jus(|u à comparer certains de ces tableaux avec '••les vignettes délicatement enluminées dun missel", et celle comparaison nous paraît aujourd'hui assez déplacée.

Ampère se livre ensuite à une longue digression sur les surcharges qui se rencontrent dans un jjrand nombre de monuments de la vallée du Nil.

" .Au.v j);ijes c)0- 1 n 1 .

cl cil parliciilicr à \iiiii(l;i. - l'arloul , dans co lomplr, le nom du l'oi Aménophis (Aiiit'ii-oH). dont les deux |)reiiii('r('s syllabes sont f()rni<''('s par le nom du dieu Aminon, a remplace un nom plus ancien qui a disparu. Partout aussi le nom et la lignre (rVmmon remplacent le nom et la li^frui-e d'un aiilre dirn. La snhstilulion est manifeste; de pins, on remanpie (pie la li.o-ure nouvelle et les liiérof'lx plies du nom nouveau soni beaucoup plus grossiers que le reste des ligures el des liiéro,'>Iy[)lies. " C<'s nuu'telages et ces surcharges sont, en elTel, très apparents parlout où était écrit le nom (rAmon; mais le nom d'Amou n'a pas, comme le croit Aujpère, remplacé un nom plus ancien; il a été purement et simplement supprimé par les ennemis d'Amon à Tépoque du roi novateur Iakhounaton, puis rétabli partout au début de la XIX' dynastie, probablemeiil sous le règne de Sélliosis I-'".

La planche 187 de l'ouvrage de David Roberts et W. Brockedon'" est consacrée au temple de A'mada à Hassaia, et la notice explicative de celte planche est empruntée au livre de Wilkinson, Modem Egijpl and Tlu'hi's'''-K Les constructions en briques appuyées au temple sont présentées dans cette notice comme les restes d'une ville ancienne qui est probablement enfouie sous le sable tout autour du temple. Mais le déblaiement exécuté en 1909- 1910 par les soins du Service des Anticpiités n'a rien montré de semblable. La vue du temple est prise du lleuve.

C'est en remontant le Nil pour gagner la seconde cataracte que Maxime DU Camp s'arrêta à Amada, le lundi 18 mars i85o''''. L'extérieur du temple lui parait trapu et écrasé, à cause des sables sous lesquels il est enfoui jusqu'à moitié de sa hauteur. Il ne remarque pas les quatre colonnes formant

'" Tlie Holy Laml, Syria , Idiimca, Arabia, Egijpl and Nubia, t. V, ) 856. '■-' Voir plus liaut, p. Xl\.

''' Le Nil, l'Egypte et la Nubie (Paris, i85/i), p. lag-iSo. C'est à la quatrième édition, publiée en iS'y-, que je me réfère.

le fond (le la salle li\[M)styIe. ou. du moins, sa desci-iplion n'esl pas foil claire à cet endcoil : " Des ('coulenienls de sables oui <;Iiss<' dans les salles soulenues |tar des y^/Z/Vr.s' carri's (fni niitjteUeiil ht litnuc (lorif/Kc -. Mais sui'Ioul Maxime du (.amp monire, dans linterprélalion des bas-reliel's é{;ypliens, une tendance lâcheuse au s\ inl»olisme. - Parmi les dillerenles l'eprésenlalions (|ui .Mil Irai! aux nViies de 'rolliin("s III. VuMMioplilli II el Tollunes l\ . jVn remanpie une Tort sinj'ulière el dont le sens uM'cImiipe. Une l'ernine peinle en jaune, jeune, nue, couronnée d'une étoile, lenani de la mani jjaiiclie une l.ince el de la mani droite nue f''|)(''e liraiidie. se terniine à son exln''milé inl'érieure, à peu près comme un Hermès; deux mains appartenant à un cor[ts invisible avancent au-dessous d'elle les jambes (jui lui man([uent. N'est-ce point le symbole d'un*' dé-claralion de g'uerre? 75 .lai cbeicJK' en vain à identifier cette description élranoe avec un des lablcaux du temple; je n'y suis pas parvenu.

\j Atlas du même auteur, publié- en i8r)'< pour la [>remière fois sous le titre Egiipte, Nubie. Palediiie et Sip'ie, etc.. donne à la planche 99 mie vue du temple, prise du fleuve, coté nord-ouest, et où l'on aperçoit encore la coupole de bricpies s'élevanl sur la terrasse. C'est, du reste, à ma connaissance, la dernière en date des vues d" Amada (|ui donne celle coupole.

» * Ciiari.es Didier ne consacre à Amada que quelques lignes'*', au cours desquelles il donne le nom de clocher aux restes de la coupole chrétienne.

Louis Pascal vint à Amada (^n 1*860'""'. Le temple n'ollVe. pour lui, comme architecture, rien de bien curieux. "La seule chose qui mérite une mention est une salle dans laquelle se trouvent des peintures dune conservation si parfaite (ju'on dirail (pie larliste y a travaillé la veille-. Puis lauleur nous avoue avec quehpie honte (piil a cherché à emporter "iin jielit Ixeuf

'" Cil. Didier, Joo lieues sur le j\il (t'aris, i858), p. 12'j.

'*' L. I*ASCAi,. La Gange. Voyage eu Egypte [Pans, 1861). p. 3i28-i>3o.

A[tis" ;iii\ coiih'iirs si vives cl ;iu di'ssiii si pail'iiil ([u'il avail loiité su coiivoilise. A l'aide diiii rouleau el d'un iiiarleau il se mit donc en devoir de faire saulei- le morceau, mais le [)rélendii ho'id" A[)is se vengea en se parlag-eant en deux morceaux, do sorte (jue Pascal en fui pour sa peine. De pareilles lenlati\es l'ureiil, du resl<', plusieurs fois renouvelées contre les belles sculptures d'Amada, jus([u"au jour où le Service des Antiquités fut en mesure, après les travaux de déhlaiement et de restauration, de confier la surveillance de ce tem[)le à un gardien responsable.

Je ne trouve rien qui mérite d'être signalé dans les quelques lignes consacrées à Amada par les voyageurs Heinry Cammas et Akdré Lefèvre''^

Th. Devéria''^ croyant remarquer que les colonnes protodoriques portaient en surcharge le nom d'Amenhotep II, a supposé que ces colonnes pouvaient appartenir à la XIP dynastie, tout comme celles de Beni-Hassan. Mais une si haute ancienneté est fort peu probable, et nous savons aujourd'hui que de semblables colonnes ont été employées par les Égyptiens à toutes les époques.

Le D' Stacquez identifie les villages d'Amac/a et de Hassaïa et décrit le temple avec assez d'exactitude, sans toutefois remarquer les colonnes protodoriques. La coupole de briques existe encore en 1862-1 863, ainsi que les chambres voûtées, également en briques crues qui s'élèvent tout autour du temple et qui paraissent avoir été autrefois habitées par des prêtres chrétiens'■*'. L'auteur a remarqué aussi de chaque côté de la porte d'entrée les débris de l'ancien pylône.

'" [m Vallée du nu. Imprcsxionn cl pliotoffrapliics (^Paris, i86;i),p. i8g. '-' Mémoires eljraffinents , t. I, p. 3/ic) (^ Bibliothêrpie égyplologique , t. IV). I^a visite à Amada est du 7 mars i8Gâ.

''' L'Egypte, la Basse-Ntibieet le Sinaï, aie. ,}^av\e Docteur Stacquez (liège, i865), p. a-jy-aaS.

Le Temple d' Amada. D

l . HorniANT. ;m .* •> 'i de sos Nolei^ de Vni/tii>c'^^\ a |miM1<'' |,i sirir de Mt'iiojililiili ([iii est ;|ra\é(' sur rcmln'asiii'»' iioi'd du poilail dViilifT: il avail même [iiis lin t'stainpaij'c df celle sièlc. mais ce donner ;i r\v df'-lniil accidt'iilelli'ineiil (voir plus lias. |i. i(Sy-i(S()).

I.c 3 mars i 90(1, M. .1. H. IJiieastkd, voya^j-eant pour le <oni|)te de [Oririital E.vjAovdhou Fiuid de l'Universilé do Ciiicafj-o. sarrèlail à Aiiiada. Il y séjourna une (piiii/ainc di' jours et procéda an df-Mairiiirnl de rinli'ricur delà salle liyposlvle. I.a desrriplion du Iciiiplo cl des Iravaux cpiil y oxécnla a élé publiée dans le rouij)te rendu d'eiisemhie de son voyage'''.

M. Hreasied eonslate (Tahord ipie le sancluaire esl d"ii!i lia\ail aussi parfait (pie celui du meilleur moiuimcnl deTlièbes, mais que les iudinènes du voisinao-e auront loi fait de le détruire si l'on n'en confie ])as la surveillance à un jj-ardien. Il dut enlever le salile fjiii eucombrail l'inléiieur de la salle hy[)oslylc pour pouvoir péni'lrer dans les salles du l'oud: pour ces dernières il se contenta de nettoyer la jiarlie inférieure des parois et d'(!iitasser le salile an milieu de chaque salle. Il enleva aussi })arloul où il le trouva l'enduit chrétien et mit ainsi au jour six nouvelles inscriptions; il ny avail, dit-il. aucun inconvénient à faire disparaître cet enduit car il ne portail ni peinlures ni inscriptions.

Le dé!)laiement de la salle hypostyle amena la découverte de plusieurs monuments privés avec inscriptions, et en particulier d'un ])yranùdion au nom du vice-roi dEthiopie Messoui (Mesuy), haut de près d'un mètre mais ayant perdu son sommet '■*. M. lîreasled remanpie (jiie le nom de ce Messoui

'" Recueil de Iravaux relatifs à la phHolo(rie et à l'archéoloffie éfrijpliennes il axxijriennes , t. XVIII (1896), p. 159-160.

(*' Sous le titre The Temples of Ijnver Nubia, Report of the work of the Egtjplian Expédition, Seaton of igob-t(jo6 , dans The American Journal of Semitic Lan^uages and Literaturcs, Oclobcr jQoG (Cliicago). — Voir pages ia-53 et figures 29-8/1.

'*' Voir plus bas, p. 198, la description de ce pyramidion.

;i ('lé mnrtolé sur tous los monuinoiils qu'il ii laissés dans le teinplo (TAmada , cl il en (•oiiclul à (|ucl([iio irouMf j)()liti([uo ([iii sorait survenu à la inorl de Méiiephlah, sons le rèo-ne de qui Messoui exerça sa haute fonction en Nubie. Étudiant alors rinsoriplion en treize lignes gravée par Ménephtali à l'entrée (In tem|)le et déjà signalée par Bonriant, il suppose que la date de cette iiiscriplion est la mènu' (pu' (•"•il*' du connnencenient de la jjrande expédition dirij'éc par Ménephtali contre les Libyens.

Il passe ensuite très rapidement sur la grande stèle (r.Vnienholcp II occupant la |)aroi dn tond du sanctuaire et exprime le regret de n'avoir pu reproduire à Tacpiarelle quelques-unes dos plus belles scènes peintes des salles du fond. Purs il fait Tliistorique de la construction du temple sous les trois pharaons successifs Thoulmosis III, Amenhotep II •'! 'riiouluiosis l\, et je n'ai rien trouvé à modifier ni à ajouter à cet exposé. La salle hyposlyle, («uvre de Thoulmosis IV. fui érigée, ainsi que le disent expressément les inscriptions des six piliers isolés (voir plus bas, p. i33, i36, 189, 1 '1 1 , i 'i3 el i'i5), en l'honneur du second jubilé ( ®f JP^OÛQ]) ^^^ ^^ ™^" ^^ Bi'easled pense que ce deuxième jubilé fui célébn'" liois ans après le premier; mais nous sommes, en réalité, encore assez mal éclairés sur les fêles M ou jubilés royaux, et nous ne savons pas, en particulier, avec certitude à quelle époque de leur règne les pharaons avaient coutume de célébrer leur premier ]i\h\\é.

Enfin M. Breasted n"a pas consacré à Amada moins de six des figures qui illustrent son rapport sur les temples de la Basse-Nubie.

1" La ligure 29 est une vue latérale du temple, prise du nord-ouest.

2" La figure 3o montre l'état de la salle hypostyle aux premiers jours de mars 1906*, avant le déblaiement.

3" La ligure 3i montre les ouvriers procédant à ce déblaiement.

A" La figure 32 est une vue de la salle hypostyle complètement déblayée et des petits moiunnents trouvés dans le sable.

5" La ligure 33 est un plan très exact du temple, donnant une idée exacte do rirré}<-ularilé des parois et des piliers de la salle de Thoulmosis IV

et niniilraiit Ips coiistniclioiis on l)ri(jiios rnios ('Icvt'os par les clirr-lioiis contre les (|ii;ilre colonnes ])rolo(lori(|nt's.

G" j'iiilin la li{>iire 'A'i icproduil une (l<'s six iMS(ri|)li<»iis des piliers isolf'S relali\e à la e(''l<''l)i"iilion du deiixit'int' jnhilt'' de Tlionliiio^is l\ .

Le rapport présenté en 1907 par M. Wefgall snr iélal des teni])les de la Basse-Nul)ie s'étend assez longuemenl snr Ainada'".

L'antenr coninienee par faire justice d luir opinion fausse (pio nous avons rencontrée assez fréquemment exprimée ciiez les voyageurs du \i\' siècle, et d'aprè's laquelle le nom d' 'Vlwu/Wa aurait été celui d'un villajjc : "Tlic nanie ol' 'Amàda. dil-il, is not tliat of any village, but is applied lo the Icuipjf only.

Après un dév(>lo[)|)ement général sur ta silualion du temple en j)lein désert. M. Weigall i-etrace assez complètement lliistorique de la construction, puis celui des tableaux et légendes ajoutés plus tard, sous la \I\' dynastie, [jarllamsès II, Ménejdilali, Siplilali etTaousril. Il diicril ensuite très exactement rédilîce en ses diverses parties et termine [>ar une courte mention du ])elit temple de Séthôsis I''' entre le Nil et Icjj'rand temple.

Sur le loil i\yi t('U)|>le M. Weioall déclare avoir vu ipicKpu's iiiscri|)lions coptes, mais sans intérêt. Ces inscriptions ont probablement disparu au cours des travaux de réparation exécutés en 1909-1(110, car je n'ai ])n relrou\rr la trace (rancune, .l'en dirai autant de la l'anieuse inscription grecque, datant du moyen âge, et relative à une pn-tcndue visite à Amada d'IIérodole (rilalicarnasse'"-', et de rinscri[)lion hi<'roglyplnque de Tan I" . 1 " IMiarnioulbi. du roi llamsès P'", signalée par M. \Vei.<|all : celte dernièi-e se trouvait, parait-il, dans la salle byposlyle'"^^

Les repindiu-lions de M. Weigall i-elatives à .Vmada sont au nombre de

'" A. E. 1^. ^^EI(ULr,, A Report on ihe Anliqu'xlies of I.owcr Nnh'ia, p. 101-107. — Cf. ^"^*' la planclie \A\\ et les n"' 1, 2 el 3 de la planche LV. '■^' Op. cit., p. 1 oG-i 07.

"' Op. cit., p. 107.

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