‹ Le temple de GnideChapitre 10 sur 25 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

sa charge à la vue du talent ou plutôt de l'habileté que possédaient autour de lui des hommes doués pourtant d'une intelligence des plus médiocres.

Marié en 171 5, l'année niême de la mort de Louis XIVj qu'il devait dans son premier ouvrage attaquer avec une àpreté des plus rigoureuses*, Montesquieu avait été reçu membre de l'Académie de Bordeaux le 3 avril 17 16. Dans les différents discours qu'il prononça au sein de ce cénacle littéraire d'une province qui avait déjà donné à la France Montaigne , une autre de ses gloires, Montesquieu avait à diverses reprises fait preuve de ce goût inné pour l'antiquité qui est le fond et aussi le caractère visible du poème en prose intitulé LE Temple de Gnide. L'allusion et l'image antiques comme les veines d'un marbre précieux, sillonnent les rapports que Montesquieu lisait devant les membres de l'Académie de Bordeaux. Celle-ci, coninie si elle avait deviné d'avance le génie futur de l'auteur de /'Esprit des Lois, lui avait ouvert ses portes dix ans avant l'heure qui devait marquer l'entrée de Montesquieu dans une compagnie plus illustre qui siégeait à Paris de par

I. Lettres persanes. Voyez la XXXVIF lettre, dans laquelle les fautes et les faiblesses de Louis XIV sont jugées avec une extrême sévérité.

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