INTRODUCTION. IX
loit mettre quelque chose qui, directement ou indirectement, put faire penser que j'en suis l'auteur, il me désobligeroit beaucoup. Je suis, à l'égard des ouvrages qu'on m'a attribués, comme la Fontaine-Martel étoit pour les ridicules; on me les donne, mais je ne les prends point. Mille excuses, Monsieur, et faites-moi l'honneur de me croire. Monsieur, plus que je ne saurois vous dire, votre très humble et très obéissant serviteur.
On voit que dans ses lettres familières, Montesquieu avouait de bonne grâce être l'auteur du Temple de Gnide; mais comme il ne désirait pas que la chose fût le secret de tous, il ne faisait cette confidence qu'à certains intimes. Peut-être que les mésaventures qui avaient suivi la publication des Lettres persanes,, l'avaient rendu à ce point prudent et modeste. Il se contentait d'un succès anonynie, bien qu'il neùt plus à garder les mêmes ménagenients que par le passé. Conseiller au parlenient de Bordeaux /e 24 février 1714, président à mortier le i3 juillet ijiGjpar suite de la mort d'un oncle, Montesquieu ne fut magistrat que pendant une période de dix années et vendit sa charge en 1726. S'il faut s'en rapporter à ce qu'il dit lui-même au sujet de la carrière qu'il avait d'abord embrassée, mais non pas spontanément, il comprenait fort bien les questions en elles-mêmes, mais n'entendait rien à la procédure. Vainement s'y était-il appliqué, le dégoût était venu bien vite, et ce philosophe sans rival avait senti l'envahir une répulsion profonde pour