INTRODUCTION. XI
la munificence et la protection du cardinal de Richelieu^.
Dans sa préface qu'il intitule : Préface du traducteur, Montesquieu suppose que le Temple de Gnide n'est pas autre chose qu'un ouvrage tiré d'un manuscrit grec, et translaté en français ainsi que l'on disait au XVI^ siècle. Dans ces mêmes pages il y a un trait mordant qui est chez l'auteur la marque d'un caractère satirique, déjà remarquable dans les deux volumes des Lettres persanes. En parlant du Temple de Gnide il s'exprime en ces termes : « On a trouvé des ouvrages jusque dans les tombeaux de leurs auteurs; et, ce qui est à peu près la même chose, on a trouvé celui-ci parmi les livres d'un Evêque Grec. » Malgré ces deux derniers mots, qui tentent d'affaiblir une pointe plus spirituelle que malveillante, les évêques français soucieux de transmettre à la postérité des mandements auxquels beaucoup d'entre eux donnaient alors des soins infinis, ne durent pas être très-flattés. Aucun écrivain ne trouve des charmes dans l'oubli de ses œuvres , et Montesquieu qui ne dédaignait pas un anonyme facile-
I . A propos de l'entrée de l'auteur du Temple de Gnide à l'Académie française, on lira avec curiosité un petit fascicule intitulé : « Montesquieu, sa réception à l'Académie française , et la deuxième édition des Lettres persanes n Paris, 1869, in-i8.