INTRODUCTION. XV
vais goût du temps. Avec la licence en plus, elle est pareille a ces contes précieux dont le XVII^ siècle avait donne tant d'exemples ^ et elle en offre un modèle d'un mérite inférieur. Montesquieu dut hésiter longtemps avant de livrer à l'impression ces pages indignes de son talent : en les dissimulant à la fin du Temple de Gnide, il trahissait des craintes et des hésitations légitimes.
Pour ce qui est c/'Arsace et Isménie, production supérieure, selon nous, au Temple de Gnide^ cet ouvrage, terniiné dès i-j^^, ne fut pas publié du vivant de Montesquieu mais parut seulement en l'/SS, par les soins du fils de l'auteur K Ce dernier expliquait dans les termes suivants, à Vabbé de Guasco, la raison et les motifs de ses indécisions. « Tout bien pesé , je ne puis encore me déterminer à livrer mon roman c/'Arsace à l'imprimeur. Le triomphe de l'amour conjugal de l'Orient est peut-être trop éloigné de nos mœurs pour croire qu'il serait bien reçu en France. Je vous apporterai ce manuscrit ; nous le lirons ensemble, et je le donnerai à lire, à quelques amis^.»
1. Arsace et hménie , histoire orientale. 1783, Londres et Paris, G. de Bure, in-24.
2. Lettre de Montesquieu à l'abbé de Guasco, l'un de ses amis, en date du i5 décembre 17 54. A cette époque Montesquieu se trouvait au château de la Brède.